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M. François BAYROU

M. François BAYROU

(Article de presse associé à la biographie)

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Bulletin Quotidien M. François BAYROU renonce à se présenter à l'élection présidentielle et propose une "alliance" à M. Emmanuel MACRON, qui l'a acceptée

Bulletin Quotidien - Date de parution : 23/02/2017

Candidat à l'élection présidentielle en 2002, 2007 et 2012 (cf. BQ du 21/02/2017), l'ancien ministre François BAYROU, président du MoDem, maire de Pau, ne se présentera pas une quatrième fois : il a annoncé hier soir qu'il renonçait à sa candidature, et proposait une alliance à M. Emmanuel MACRON, qui l'a aussitôt acceptée.

L'ancien ministre de l'Education nationale a mis fin aux interrogations après avoir savamment entretenu le flou sur ses intentions depuis le résultat de la primaire de la droite et du centre : il avait apporté son soutien à M. Alain JUPPE, et n'avait pas caché les réserves que lui inspiraient le projet de M. François FILLON, même si des discussions ont eu lieu depuis décembre dernier. De fait, le maire de Pau a regretté que "l'aveuglement où s'est enfermée la droite française (l)'empêche de réaliser l'accord dont (il) avait rêvé avec Alain JUPPE et nombre de Républicains".

M. François BAYROU a expliqué sa décision par la situation politique actuelle. "Jamais, dans les cinquante dernières années, la démocratie en France n'a connu une situation aussi décomposée. Le bilan du gouvernement sortant est tel aux yeux des Français que les primaires de la gauche ont choisi comme candidat un opposant déterminé à la politique suivie depuis le début du quinquennat. Cela veut tout dire : le parti du président et du gouvernement sera représenté par un opposant" a-t-il déclaré, avant d'évoquer les accusations portées à M. François FILLON sur l'emploi d'assistante parlementaire de son épouse. "A droite, le dévoilement des affaires révèle non seulement l'existence de privilèges et de dérives, mais ce qui est plus choquant encore l'acceptation tacite et presque unanime de ces abus" a-t-il déclaré, avant de poursuivre : " Toujours davantage de privilèges pour ceux qui sont en haut, toujours davantage d'efforts exigés de ceux qui sont en bas : cette situation pose d'immenses problèmes moraux, d'immenses problèmes pour l'unité du pays, mais aussi d'immenses problèmes électoraux. Un argument utilisé me choque particulièrement : ils disent tout le monde fait ça ! Je veux dire ici que ce n'est pas vrai, et c'est une accusation infamante pour l'immense majorité des élus français".

Il a ensuite longuement évoqué la possibilité d'une élection de Mme Marine LE PEN. "Cette situation nourrit le pire des risques : une flambée de l'extrême droite, qui fait planer la menace d'un danger majeur et immédiat pour notre pays et pour l'Europe. Car en un seul scrutin, nous pouvons choisir l'échec de notre pays et la déchirure peut être définitive de l'Union européenne ! C'est-à-dire une double condamnation à l'effacement et des épreuves lourdes pour chacune des familles, pour chacune et chacun d'entre nous".

Ainsi, "mesurant (sa) responsabilité personnelle et celle du courant politique dont (il a la charge", rappelant que "deux voies" s'offraient à lui, notamment celle d'une candidature à l'élection présidentielle, "l'attrait de cette bataille correspond à la fois à (sa) pente et à (son) goût", insistant sur la "situation d'extrême risque", considérant que " la dispersion des propositions et des suffrages ne peut qu'aggraver ces périls (...), que le risque est immense, parce que les Français sont désorientés et souvent désespérés", M. BAYROU a "décidé de faire à Emmanuel MACRON une offre d'alliance". "Je lui dis : le danger est trop grand, il faut changer les choses, et le faire d'urgence, unissons nos forces pour y parvenir ! C'est peut-être un geste d'abnégation, mais ce sera aussi je le crois un geste d'espoir pour notre pays".

"Emmanuel MACRON est brillant : ses intuitions et son approche lui ont permis de réaliser une importante percée dans les sondages. Peut-être enfin le projet de dépassement des clivages que j'ai porté depuis quinze ans est-il à portée de la main. Je n'ai pas l'habitude de renier mes rêves et mes objectifs. Je crois que cette alliance peut aider de manière décisive à faire entrer dans la réalité ce qui apparaissait à beaucoup impossible. Si nous y parvenons, nous pouvons faire de grandes choses ensemble, pour un pays qui a besoin de croire à nouveau à quelque chose, à une voie nouvelle que la force des habitudes avait empêché depuis cinquante ans, pour son plus grand malheur. L'enjeu de cette alliance, si elle se crée, c'est de rendre l'espoir aux Français déboussolés" a poursuivi M. François BAYROU, avant d'ajouter : "Nous avons des approches différentes, des expériences politiques différentes, des enracinements différents. La confrontation de ces visions et de ces idées, l'influence de l'une sur l'autre, la conviction des uns partagée avec la conviction des autres, apportera à la campagne électorale et beaucoup aussi à l'aventure humaine qu'une telle campagne suppose et représente. Une majorité, cela se construit à partir d'histoires différentes, de familles politiques différentes, à condition qu'elles soient respectées en elles-mêmes et pour elles-mêmes, avec toute leur identité, toutes leurs armes et tout leur bagage. Voilà le parti que j'ai pris. J'ai toujours été du côté des rassemblements quand le pays est en difficulté ou en danger. J'ai la conviction qu'il sera impossible après l'élection présidentielle et les élections législatives de gouverner la France sans d'importants efforts de coopération et de travail en commun des grandes forces démocratiques, de la droite républicaine jusqu'à la gauche réformiste".

Une loi de moralisation de la vie publique

Le président du MoDem a cependant conditionné son offre d'alliance à "des exigences, qui sont toutes d'intérêt général".

Ainsi, M. BAYROU, souhaitant marquer une rupture politique, veut que M. MACRON "sache que ce qui est attendu de cette majorité nouvelle, par les Français et par nous-mêmes, le grand courant du centre français, c'est une véritable alternance, un vrai changement des pratiques et des orientations et non pas un recyclage des pratiques antérieures".

Il lui a ensuite demandé "expressément" que son programme "comporte en priorité une loi de moralisation de la vie publique, en particulier de lutte contre les conflits d'intérêts". "Je refuse, comme je l'ai refusé toute ma vie que des intérêts privés, de grands intérêts industriels ou financiers, prennent la vie publique en otage. Je ne cèderai rien sur la séparation nécessaire de la politique et de l'argent. C'est l'occasion ou jamais de l'imposer" a ajouté M. BAYROU, visant implicitement M. François FILLON.

Troisième exigence, qu'il "soit clair que la France résistera à la pente universelle qui cherche à réduire sans cesse la rémunération du travail, indépendant ou salarié". En effet, pour M. BAYROU, " la France, c'est une vision du monde : une vision de résistance à la loi du plus fort. La politique d'unité qu'il faut conduire fait toute sa place à ceux qui réussissent, mais elle doit protéger et entraîner, et rassurer ceux qui sont maintenus au bas de l'échelle et leur offrir des chances de s'en sortir".

Enfin, "il faut un changement pour notre démocratie pour que le pluralisme qui est la véritable expression du pays soit enfin respecté au sein de notre vie publique, et au sein du Parlement. Je n'accepte pas, et des millions de Français avec moi que les deux tiers des citoyens n'aient aucune représentation alors que le tiers restant, les deux partis qui gouvernent la France sans interruption depuis des décennies trustent la totalité de cette représentation" a déclaré M. BAYROU, référence implicite à la proportionnelle.

Notons que les députés élus en juin prochain devraient, quoi qu'il arrive, l'être dans le cadre actuel du système majoritaire à deux tours. Un changement de mode de scrutin ne doit en principe pas intervenir dans l'année qui précède le scrutin. Il est en tout état de cause impossible d'instaurer une dose de proportionnelle, avec des députés élus dans des circonscriptions et d'autres à la proportionnelle. L'article 25 de la Constitution stipule : "Une loi organique fixe la durée des pouvoirs de chaque assemblée, le nombre de ses membres, leur indemnité, leurs conditions d'éligibilité (...). Une commission indépendante, dont la loi fixe la composition et les règles d'organisation et de fonctionnement, se prononce par un avis public sur les projets de texte et propositions de loi délimitant les circonscriptions pour l'élection des députés et modifiant la répartition des sièges de députés et de sénateurs". Cette commission n'a actuellement plus de président (cf. BQ du 22/02/2017). Si le FN, le PCF, les écologistes et de nombreux centristes souhaitent l'introduction d'une dose de proportionnelle, cette idée est rejetée par Les Républicains, et par de nombreux socialistes. L'instauration d'une "dose de proportionnelle" évoquée en 2014, a été abandonnée (cf. BQ du 06/11/2014).

Dans son récent livre "Résolution française", qui rappelle, à une lettre près, la "Révolution" de M. MACRON, le maire de Pau tient un discours qui fait écho au credo transpartisan de l'ancien ministre de l'Economie : "Gauche et droite sont des ensembles sinon vides, du moins largement épuisés"" dit-il en plaidant pour l'avènement d'"un homme libéré de la dépendance des appareils".

Sans surprise, M. Emmanuel MACRON a fait savoir moins d'une heure après la déclaration du président du MoDem qu'il acceptait son offre d'alliance, qualifiée de "tournant de la campagne présidentielle". L'ancien ministre de l'Economie accède à la principale exigence formulée par M. François BAYROU : la promesse d'une loi de "moralisation de la vie publique", notamment s'agissant des "conflits d'intérêts". Les deux hommes se verront aujourd'hui.

Son annonce a suscité une cascade de commentaires rappelant les critiques acerbes qu'il avait coutume d'adresser à M. MACRON, tour à tour qualifié d'"hologramme" et "candidat des forces de l'argent" qui serait peut-être "prêt dans quinze ans". Le président du MoDem a toutefois récusé toute idée de "ralliement" ou de "ticket" avec M. MACRON.

M. BAYROU a cependant fait part de son "incompréhension" après les déclarations de M. MACRON, qualifiant à Alger la colonisation française de "crime contre l'Humanité".

La décision du président du MoDem a suscité de nombreux commentaires. M. François BAYROU "n'a pas d'électeurs, pas de soutien, pas de projet. C'est un aveu, un constat d'échec", a déclaré l'ancien ministre (LR) Luc CHATEL., tandis que le président du groupe LR AU Sénat, M. Bruno RETAILLEAU, a vu dans ce soutien une "mauvaise nouvelle" pour M. MACRON.

La décision de M. François BAYROU intervient alors que de nombreux élus centristes ont déjà apporté leur soutien à M. Emmanuel MACRON, notamment l'ancien ministre Jean ARTHUIS, député au Parlement européen.

Plusieurs interrogations apparaissent cependant : le MoDem a présenté des listes communes aux dernières élections municipales et régionales avec les Républicains, obtenant ainsi des élus, dont le positionnement va susciter des débats. En outre, M. Alain JUPPE a demandé à M. François FILLON de prendre "davantage en compte" les électeurs de la droite et du centre (cf. BQ du 22/02/2017). Selon certains observateurs, des partisans du maire de Bordeaux pourraient être tentés de soutenir M. MACRON, ce qui pourrait affaiblir M. FILLON, alors que deux sondages ont montré une progression des intentions de vote en sa faveur (cf. BQ du 22/02/2017). Par ailleurs, si le socle de l'électorat centriste qui a soutenu M. BAYROU depuis 2002 le suit, et choisit M. MACRON, la possibilité pour le candidat socialiste, M. Benoît HAMON, de se qualifier pour le second tour, diminue.

M. François de RUGY rejoint également M. MACRON

Le candidat d'En Marche ! a également enregistré hier le ralliement de M. François de RUGY, député (SER) de la Loire-Atlantique, vice-président de l'Assemblée nationale.

"Je m'engage dans cette élection présidentielle au côté d'Emmanuel MACRON", a déclaré sur France info le président du parti Ecologistes! qui, comme tous les candidats à la primaire organisée par le PS au mois de janvier, s'était engagé à soutenir le vainqueur du scrutin, en l'occurrence M. Benoît HAMON. "Je préfère la cohérence à l'obéissance", s'est justifié M. de RUGY, qui a toutefois reconnu que M. HAMON était "légitime pour être le candidat du Parti socialiste", grâce à sa large victoire à la primaire lors de laquelle lui-même avait recueilli 3,82 % des voix.

"François de RUGY a signé un engagement sur l'honneur de soutenir le vainqueur de la primaire. Ne pas respecter sa parole est une faute morale", a aussitôt dénoncé sur Twitter le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe CAMBADELIS. "Le choix de François de RUGY est cohérent et responsable. Heureux de défendre à ses côtés une écologie positive et progressiste", a en revanche salué M. Gérard COLLOMB, maire (PS) de Lyon et principal soutien de M. MACRON.

"Je ne vais pas mentir aux Français. Je ne me vois pas leur dire qu'après tout ce que j'ai dit dans la primaire, (...) ça y est je suis convaincu par le projet de Benoît HAMON alors que ce n'est pas vrai", a plaidé M. de RUGY, citant le revenu universel et le 49.3 citoyen comme deux points de profond désaccord. Autre grief de l'élu écologiste contre le candidat socialiste : la main tendue au candidat vainqueur de la primaire d'EELV Yannick JADOT et surtout à celui de La France insoumise Jean-Luc MELENCHON, laissant de côté M. MACRON. "Ce n'est pas du tout le rassemblement tel que je le concevais", a-t-il expliqué. "Face à la poussée de Marine LE PEN (...) il y a une recomposition politique sur des vrais clivages structurants (...) ouverture-fermeture, progrès-régression", a-t-il fait valoir, fustigeant le "vieux clivage gauche-droite". "Les idées que j'ai défendues dans la primaire, elles sont plus proches des idées défendues par Emmanuel MACRON que des idées défendues par Benoît HAMON", a-t-il ajouté. Le 17 janvier dernier, M. de RUGY avait pourtant critiqué M. MACRON qui selon lui "n'allait pas dans le sens de l'écologie mais (...) plutôt dans le sens de l'ancien monde". "Il a été auditionné (...) par le WWF. Il a fait évoluer ses positions", s'est-il défendu hier. Pour ce qui est du programme économique, "j'ai défendu dans la primaire l'augmentation du salaire net et la baisse du coût du travail par le transfert des cotisations vers la CSG", deux propositions que fait aujourd'hui M. MACRON. L'élu de Loire-Atlantique a assuré qu'il n'avait "rien négocié" pour accorder son soutien à M. MACRON. Interrogé sur le fait de savoir s'il se présenterait sous l'étiquette d'En Marche ! aux élections législatives de juin, il a répondu : "nous verrons, mais logiquement oui".

"Pour un écologiste, je ne vois pas bien la cohérence de rallier Emmanuel MACRON sur le fond, notamment sur le fond du projet écologiste", a réagi M. HAMON lors de l'émission "Questions d'info" LCP-Le Monde-franceinfo-AFP. "Je pense qu'il a partie liée avec beaucoup d'intérêts industriels", a-t-il poursuivi en s'interrogeant sur "les choix politiques qu'il fera demain sur la question de la transition énergétique, la capacité qu'il aura ou pas à entraîner l'industrie automobile à faire le choix de la motorisation électrique plutôt que le diesel, la capacité qu'il aura à résister à un certain nombre de grands lobbies chimiques, pétroliers, pharmaceutiques". "Je considère qu'Emmanuel MACRON n'a pas la colonne vertébrale ni la volonté d'avancer sur ces questions", a estimé le député des Yvelines. "Si François de RUGY le rallie, je pense que ce n'est pas en raison du projet écologique mais en raison des choix économiques libéraux", a-t-il ajouté. M. HAMON a précisé qu'il ne s'attendait "pas spécialement au soutien" de M. de RUGY, qui avait pourtant participé comme lui à la primaire organisée par le PS et s'était donc engagé à soutenir le vainqueur du scrutin. "C'est à lui de s'arranger avec la parole qu'il avait donnée devant des millions de téléspectateurs", a lancé le candidat socialiste.


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