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M. Mathieu GALLET

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Correspondance de la Presse Le Conseil supérieur de l'audiovisuel retire à M. Mathieu GALLET son mandat de président-directeur général de Radio France

Correspondance de la Presse - Date de parution : 01/02/2018

Deux jours après l'avoir auditionné, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait part, hier, de sa décision de retirer son mandat au président de Radio France, M. Mathieu GALLET (cf. BQ du 23/01/2018). Cette révocation inédite prend effet au 1er mars, précise le CSA, date à laquelle sera engagée la procédure de nomination du prochain président de Radio France.

"Au terme d'un débat collégial", le CSA assure avoir "pris en compte l'intérêt général et le bon fonctionnement du service public audiovisuel à l'exclusion de toute autre considération". Dans sa "décision motivée" diffusée en début de soirée, le Conseil "souligne que, pour assurer dans de bonnes conditions la gestion et la tutelle d'une société possédée à cent pour cent par l'Etat actionnaire, il importe, dans le respect strict de la liberté de communication, que les relations d'échange et de dialogue entre les représentants de l'Etat et le président-directeur général de la société soient denses, confiantes et permanentes ; que l'ensemble de ces conditions sont

nécessaires au bon fonctionnement du service public audiovisuel".

En outre, le Conseil relève que le jugement rendu en 1ère instance à l'encontre de M. GALLET l'a été "dans un contexte où les questions de déontologie, de prévention des conflits d'intérêts et de moralisation de la vie publique sont des préoccupations particulièrement fortes des citoyens et des pouvoirs publics".

Le CSA fait également référence à la réforme de l'audiovisuel, annoncée par l'exécutif, "donnant lieu à un débat préalable avec tous les acteurs du secteur et à une loi votée au terme d'un travail

préparatoire intensif avec l'ensemble des parlementaires. La conduite de cette réforme, qui pourrait significativement transformer le fonctionnement et les missions des sociétés nationales de

programme, exige d'autant plus une concertation permanente, dans le respect des responsabilités de chacun, entre les pouvoirs publics et les dirigeants de ces sociétés, ainsi qu'une capacité de la part de ces derniers à la mettre en œuvre sereinement et efficacement."

S'il reconnaît que l'appel interjeté par M. GALLET le fait bénéficier de la présomption d'innocence, le CSA constate cependant que le jugement du Tribunal de Créteil "tend à réprimer une méconnaissance des dispositions de la section du Code pénal relative aux manquements au devoir de probité".

"Eu égard à la gravité et à l'importance des enjeux qui sont en cause et afin de maintenir, d'une part, une relation de confiance entre les pouvoirs publics et l'entreprise publique qu'est Radio France et

d'autre part, la sérénité et la disponibilité nécessaires au bon fonctionnement et à la poursuite des missions du service public de l'audiovisuel, dont l'indépendance doit à tous égards être assurée, tout particulièrement dans le contexte de réforme ci-dessus rappelé, il y a lieu, dans l'intérêt général du service public audiovisuel, de mettre fin aux fonctions de M. GALLET", conclut le CSA.

Dans sa décision, le CSA précise que l'entrée en vigueur de sa décision est différée au 1er mars afin, notamment, de tenir compte des règles "à mettre en œuvre en matière de suppléance pour assurer l'intérim nécessaire ainsi que des contraintes inhérentes au lancement d'une nouvelle procédure de nomination".

Le coup d'arrêt à une trajectoire rapide

Alors que M. GALLET réunissait hier après-midi les directeurs des différentes antennes de la Maison Ronde, ses avocats regrettaient que "la pression de l'Etat" ait été "plus forte que la présomption

d'innocence". "C'est inquiétant de voir l'Etat promouvoir le principe d'exemplarité parce que c'est le règne de l'arbitraire", ont ajouté Maîtres Christophe INGRAIN et Rémi LORRAIN. Ils attendaient

hier de prendre connaissance des motifs de la décision avant de se décider sur un éventuel recours devant le Conseil d'Etat.

Le départ de M. Mathieu GALLET étant fixé au 1er mars, un recours peut théoriquement être examiné avant cette date.

M. GALLET était sur la sellette depuis sa condamnation le 15 janvier à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende, pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel entre 2010 et 2014. Le dirigeant de Radio France, qui n'a cessé de protester de son innocence, avait fait appel et refusé de démissionner, mais Mme NYSSEN avait jugé "inacceptable" son maintien et appelé l'intéressé et le CSA à "tirer les conséquences" du jugement.

Cette décision est un coup d'arrêt pour celui qui avait jusqu'ici connu une trajectoire météoritique dans l'univers des médias. Il était parvenu à surmonter plusieurs épreuves au début de son mandat à

Radio France, notamment une polémique sur le coût de rénovation de son bureau et sur ses dépenses en communication, ainsi qu'une grève historique d'un mois contre des suppressions de postes.

Mais il pouvait se prévaloir d'un bilan solide, avec des finances qui devraient revenir à l'équilibre cette année et des audiences record, comme il a eu l'occasion de l'expliquer lors de sa longue audition lundi au siège du CSA.

Cette révocation intervient alors même que l'exécutif prépare une réforme en profondeur de l'audiovisuel public.

M. Jean-Luc VERGNE devrait assurer la présidence par intérim de Radio France à partir du 1er mars

Comme s'y est récemment engagé son président Olivier SCHRAMECK, c'est le CSA qui désignera le successeur de Mathieu GALLET, un processus qui prendra plusieurs mois.

En attendant, en vertu des statuts de Radio France, la présidence par intérim de la société devrait revenir à M. Jean-Luc VERGNE, doyen d'âge des administrateurs nommés par le CSA (cf. BQ du 19/01/2018).

Correspondance de la Presse Radio France : M. Mathieu GALLET, s'est imposé comme "une évidence" à l'unanimité des membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA)

Correspondance de la Presse - Date de parution : 28/02/2014

M. Mathieu GALLET, actuel président-directeur général de l'Institut national de l'audiovisuel, qui a été nommé président-directeur de Radio France et prendra ses fonctions à compter du 12 mai prochain, est apparu comme celui "qui de tous les candidats appréhendait le mieux l'enjeu", notamment dans le domaine du numérique et de la musique, avec une "vive attention portée aux ressources humaines", a dit hier lors d'un point presse, le président du CSA Olivier SCHRAMECK. Il s'est imposé "comme une évidence à l'unanimité des neuf membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA)", a commenté Mme Christine KELLY, membre du CSA, en marge du point presse. "Il a formulé des propositions hors du commun" et faisait preuve d'une "vraie vision", a poursuivi Mme KELLY, avant de conclure "nous sommes tous persuadés que c'était le meilleur". "Il nous a redonné espoir", a commenté Mme Memona HINTERMANN, elle aussi membre du CSA. Les membres ont expliqué hier qu'ils étaient tous d'accord, avant même de voter, à bulletin secret. "C'est la première fois au CSA qu'il y a une telle unanimité", selon Mme HINTERMANN, "c'est bien la preuve qu'il s'est passé quelque chose", a abondé Mme Sylvie PIERRE-BROSSOLETTE. "Le choix du CSA m'honore et m'oblige. Ma reconnaissance aux collaborateurs de l'INA et toute ma confiance à ceux de Radiofrance", a sobrement réagi M. GALLET dans un tweet hier.

"Le choix du conseil a été inspiré exclusivement par les critères définies par le législateur : la compétence, l'expérience et la qualité du projet stratégique tel qu'il a été éclairé par sa présentation orale et l'échange approfondi qui l'a suivie", à savoir 1h15 d'audition au total, a dit M. SCHRAMECK. "Notre choix s'est porté sur une personnalité jeune et même la plus jeune de l'histoire de Radio France", a affirmé M. SCHRAMECK. "Nous avons la conviction que ce choix fondé sur la prise en compte d'une expérience et celui de l'audace et du dynamisme", a-t-il poursuivi. "Nous voyons dans le tempérament volontaire de M. GALLET et dans la vocation qu'il a personnellement exprimée lors de son audition les qualités indispensables à l'affirmation d'une grande ambition pour Radio France", selon le président du CSA. "Le collège a procédé de ce choix, dans l'exercice d'une totale indépendance, au terme d'une procédure qu'il a établi, en s'attachant à concilier le respect du aux personnes et aux responsabilités, le principe d'égalité de traitement et l'exigence de transparence", a-t-il poursuivi.

Un projet plébiscité

Ce choix exprime "notre confiance profonde dans l'avenir renouvelé du média radio en général et du service public de la radio en particulier", selon M. SCHRAMECK. Il s'est détaché "nettement au dessus des autres sur le fond", et avec une vision "différente", pour analyser les problèmes actuels, a dit Mme KELLY. "Le numérique est insuffisant, la diversité, insuffisante, la musique, France Info et Le Mouv' suscitent des interrogations", a poursuivi Mme KELLY. Sa "conscience aiguë des enjeux numériques sera précieuse", a poursuivi M. SCHRAMECK. "Sa capacité à prendre en compte les exigences du renouvellement et de l'élargissement de l'audience ainsi que les impératifs induits par la convergence numérique ont particulièrement retenu l'attention du Conseil", a expliqué M. SCHRAMECK dans la décision motivée du Conseil.

Dans son projet présenté lors de son audition, Mathieu GALLET, s'est attaché à souligner l'importance du "déploiement d'une offre numérique riche et diverse", "indispensable pour assurer le renouvellement générationnel de l'audience". L'enrichissement des antennes (programmes, vidéos, textes, interactivité, création, etc.) "sera toutefois différencié en fonction de l'identité de chaque antenne et s'attachera en priorité aux grandes émissions emblématiques". La formation des collaborateurs de Radio France privilégiera l'adaptation à l'environnement numérique avec une culture numérique verticale (dans chaque antenne) mais aussi à partir d'une direction transversale.

Du côté des stations, il souhaite renforcer les marques des chaînes et des émissions, à travers notamment une autopromotion des programmes "accentuée" sur les antennes, plus de rappels de la signature de la radio publique et de ses différents modes de diffusions.

Le rôle de France Info, qui a vu son audience reculer de 0,6 point à 8 % d'audience cumulée, sur la dernière vague Médiamétrie, "doit être rénové", a expliqué M. GALLET. "L'antenne doit revenir à ses caractéristiques fondamentales de 'média chaud'", avec le direct pour seule règle, "le préenregistré l'exception". France Info "doit se consacrer pleinement au journalisme d'investigation", a-t-il dit, tout en renforçant et en diversifiant la place de l'information sportive (rendez-vous d'analyse et commentaires, équipe de consultants professionnels).

Le Mouv', qui cible un public jeune de 20-35 ans, et qui vient de mettre en place une nouvelle offre éditoriale et numérique "sera profondément renouvelée pour en faire véritablement la chaîne des jeunes et des cultures urbaines", a-t-il indiqué. Le Mouv' qui cristallise l'attention, "doit savoir parler à toute la jeunesse, notamment les publics oubliés des médias nationaux", a-t-il poursuivi. "Ce repositionnement éditorial sera accompagné d'un changement de marque et d'une campagne marketing". M. GALLET préconise notamment d'associer la radio à une offre musicale en ligne par abonnement à partir de l'expérience antérieure de RF8.

En outre M. GALLET a développé un chapitre sur la création radiophonique et musicale, dont il souhaite voire le genre renouvelé, à l'aide de jeunes écrivains et dramaturges, et de technologies permettant de mettre en relation les créateurs du monde entier. Le nouvel auditorium sera utilisé comme plateforme multimédia de concerts numériques.

Nous publions dans notre étude documentaire la synthèse du projet de M. GALLET, ainsi que la décision motivée du CSA.

Gouvernance : vers une organisation intégrée et transversale

Sur le plan organisationnel, M. GALLET s'est attaqué à la question de la gouvernance et le management du groupe qui devrait reposer "sur une direction resserrée et un encadrement responsabilisé", selon lui. Il préférera une organisation intégrée et transversale, et un management de proximité, à l'actuelle structuration verticale de Radio France, considérée comme cloisonnée. Du côté des ressources humaines, il souhaite mettre en œuvre une politique favorisant la diversité, le mélange des cultures, des origines et des compétences, tandis que la parité entre les femmes et les hommes "sera un objectif partagé dans l'entreprise, à tous les niveaux de la hiérarchie et dans l'ensemble des métiers", a-t-il expliqué. "La diversité des origines des collaborateurs contribuera à rendre le service public de la radio davantage représentatif de la population française", a fait valoir M. GALLET.

Sur le plan social, le dialogue "sera rénové, grâce à un nouvel accord d'entreprise qui garantira l'équité tout en permettant de récompenser l'effort et le mérite", selon M. GALLET. Le processus de négociations du nouvel accord collectif pour les personnels techniques et administratifs avait été arrêté en raison de l'annulation des élections à Paris, suite à un recours partiel de la CFTC. De nouvelles élections partielles ont été organisées qui permettront aux instances sociales et à la direction de reprendre les négociations. Ce nouvel accord collectif se substituera à la Convention collective de la communication et de la production audiovisuelle (CCCPA), des personnels techniques, administratifs et des musiciens.

M. GALLET a en outre fait des propositions concernant la gouvernance des formations musicales, qui devrait évoluer selon lui "en s'inspirant de l'exemple outre-Rhin : les musiciens seront plus impliqués dans la vie de l'orchestre et du chœur et davantage consultés sur les choix de répertoires, de chefs invités, de compositeurs en résidence". Rappelons que les musiciens des trois formations musicales permanentes de Radio France (Orchestre nationale, Orchestre philharmonique et du Chœur de Radio France) se sont mis en grève le 20 février dernier pour protester contre le nombre de postes laissés vacants et alerter le CSA sur cette question, dans le cadre du processus de nomination à la présidence (cf. "CP" du 19 février 2014).

Sur le plan économique, il préconise d'encourager le développement des ressources propres et la dynamisation des revenus commerciaux, considérant notamment que les contenus enrichis et les nouveaux usages "pourront faire l'objet d'une valorisation". "L'écoute différée implique un coût d'archivage, d'éditorialisation et de distribution pouvant justifier l'acquittement d'une contrepartie, même modeste", juge-t-il.

Un bilan à l'INA "favorable" selon M. SCHRAMECK

"Les capacités gestionnaires et la vision stratégique dont il a fait preuve en tant que président-directeur général de l'INA ainsi que le bilan favorable", témoignent de l'aptitude de M. GALLET, selon M. SCHRAMECK. Et pour ceux qui s'inquiéteraient quant à son jeune âge, ou manque d'expérience, le Conseil entend "assurer pleinement sa fonction d'accompagnateur", a dit M. SCHRAMECK. Son bilan sur la progression du numérique à l'INA a aussi beaucoup compté : "la compétence numérique à l'INA est un élément d'appréciation", a dit M. SCHRAMECK. "Le Conseil a en effet constaté, à l'occasion du bilan de l'INA pour l'exercice 2012, que l'essentiel des objectifs chiffrés définis dans le Contrat d'objectifs et de moyens 2010-2014 de l'INA avaient été atteints", peut-on lire dans la décision motivée du Conseil.

Côté gestion, le futur président-directeur général de Radio France peut se prévaloir d'avoir vu l'INA présenter des résultats bénéficiaires (2,6 millions d'euros en 2011 ainsi qu'en 2012) récemment, pour une croissance du chiffre d'affaires de 4 % en 2012 et 3 % un an plus tôt. Sur le plan social, l'INA a aussi été la première entreprise de l'audiovisuel public (et la seule dans les délais initialement imposés) à conclure son nouvel accord d'entreprise, en octobre 2012, pour succéder à la Convention collective de la communication et de la production audiovisuelle de 1984. France Télévisions a fait de même en mai 2013, tandis que la question est toujours en suspens à Radio France.

Alors que le CSA a cité parmi les "priorités" du futur dirigeant de Radio France le développement du numérique pour le groupe radiophonique public, M. GALLET avait axé en partie son mandat à l'INA sur l'ouverture du fonds de l'Institut à tous les publics, en allouant plus de moyens au numérique. Dans ce contexte, des accords ont été conclus entre l'INA et Dailymotion (2010) ou YouTube (2012), et une nouvelle version du site grand public ina.fr a été lancée en mars 2013. Ce dernier revendique quelque 100 millions de vidéos vues l'année dernière. Dans une ambition collaborative, l'INA a aussi lancé en 2012 l'opération "Mémoires Partagées", destinée à collecter et diffuser les images de particuliers à intérêt patrimonial, et a entamé la décentralisation de la consultation de ses collections en régions. Enfin, sous la présidence de M. GALLET, l'INA a aussi mis en place une nouvelle grille tarifaire pour la cession de droits aux professionnels, en 2012.

Les nombreux chantiers qui attendent M. GALLET

Les négociations qui s'ouvrent sur le Contrat d'objectifs et de moyens qui lie l'Etat à Radio France, pour la période 2015-2019 seront donc laissées aux manettes de M. GALLET. Le SNJ Radio France a réagi hier, saluant la nomination de M. GALLET et dressant une liste des chantiers sociaux qui l'attendent. "Le dialogue social à Radio France est paralysé depuis cinq et, faute de convention collective adaptée, les journalistes sont toujours soumis à un texte conventionnel unilatéralement appliqué par la direction", a expliqué le syndicat. Outre la négociation d'un nouvel accord, Radio France "devra remettre l'information et les journalistes "au centre de ses préoccupations ; elle les avait délaissés", souligne le syndicat. Radio France compte plus de 4600 salariés, dont 750 journalistes.

En outre, "le prochain PDG devra permettre à chacune des sept chaînes de trouver -- ou retrouver - son public, ses spécificités", a dit le SNJ. Outre France Info et Le Mouv', les stations France Inter (-0,5 point à 10,3 %) et France Bleu (-0,4 point à 7,2 %), ont montré des signes de faiblesses sur la dernière vague (Médiamétrie). Seule France Culture progresse (+0,1 point) à 2 %.

Sur le bâtiment, M. GALLET héritera d'une Maison de la Radio en fin de réhabilitation, et devra préparer sa réouverture au public pour novembre 2014, ainsi que le projet d'espace culturel annoncé par M. Jean-Luc HEES (cf. "CP" du 29 janvier 2014).

Enfin, interrogé sur une éventuelle menace juridique qui pèserait sur M. GALLET dans le cadre de sa nomination à la tête de l'INA en 2010, M. SCHRAMECK a indiqué que le CSA avait "examiné tous les aspects". Le Conseil aurait commandé une note pour éclaircir le risque pénal lié à sa nomination à l'INA, selon BFM Business, qui rapporte que cette menace juridique ne serait vraiment écartée qu'en 2016.

Correspondance de la Presse Synthèse du projet stratégique de M. Mathieu GALLET pour la présidence de Radio France et décision motivée du Conseil supérieur de l'audiovisuel sur sa nomination

Correspondance de la Presse - Date de parution : 28/02/2014

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a nommé hier M. Mathieu GALLET, président-directeur général de l'Institut national de l'audiovisuel, à la présidence de Radio France (cf. supra). Le CSA appliquait ainsi pour la première fois son nouveau pouvoir de nomination des présidents des sociétés de programme de l'audiovisuel public, qui lui avait été conféré par la loi relative à l'indépendance de l'audiovisuel public du 15 novembre 2013. Dans ce contexte, nous avons jugé pertinent de publier ci-après l'intégralité de la synthèse du projet stratégique de M. Mathieu GALLET pour Radio France, telle qu'établie par le CSA, ainsi que la décision motivée de l'autorité de régulation.

Synthèse du projet stratégique de M. Mathieu GALLET pour Radio France

"La radio, média de large diffusion et de référence, est confrontée à la concurrence de la télévision, devenue elle aussi un média mobile, et d'internet qui fait converger l'ensemble des médias d'information. La démultiplication des écrans et le développement des réseaux sociaux font émerger une "société de l'image" : on doit donc pouvoir aussi "regarder la radio". Cependant, il faut, en parallèle, consolider les traits fondamentaux de la radio et renforcer ses nombreux atouts, parmi lesquels figurent la mobilité, la multi-activité et la fidélité.

Dans ce contexte, il convient d'adapter l'entreprise aux exigences d'une audience renouvelée et aux impératifs induits par les nouvelles technologies. Fidèle à ses missions fondamentales (informer, éduquer, divertir) mais enrichi d'une nécessaire transformation de ses méthodes et de ses moyens, ce projet se donne pour ambition de préparer l'entreprise aux défis de la prochaine décennie et de promouvoir sa place de média de référence.

Un enjeu de gouvernance : la responsabilisation

Décloisonner

Le management de groupe reposera sur une direction resserrée et un encadrement responsabilisé. La structuration verticale laissera place à une organisation intégrée et transversale. La direction de l'entreprise s'appuiera sur les managers de proximité. Afin de développer la culture de la responsabilisation, les processus de décision seront clairs et connus de tous, les outils de pilotage de la performance seront développés et la coopération sur des projets collectifs sera la règle. Un cursus de formation sera mis en place afin de faire naître une communauté des encadrants.

Diversifier

La politique de ressources humaines favorisera la diversité, le mélange des cultures, des origines et des compétences. La parité entre les femmes et les hommes sera un objectif partagé dans l'entreprise, à tous les niveaux de la hiérarchie et dans l'ensemble des métiers. La diversité des origines des collaborateurs contribuera à rendre le service public de la radio davantage représentatif de la population française. Le renouvellement des générations sera préparé en assurant la transmission des savoirs entre les plus anciens et les plus jeunes.

Dialoguer

Le dialogue social sera rénové, grâce à un nouvel accord d'entreprise qui garantira l'équité tout en permettant de récompenser l'effort et le mérite. Les managers de proximité auront les moyens de piloter les activités et d'encourager les équipes dont ils ont la charge. La gouvernance des formations musicales évoluera, en s'inspirant de l'exemple outre-Rhin : les musiciens seront plus impliqués dans la vie de l'orchestre et du chœur et davantage consultés sur les choix de répertoires, de chefs invités, de compositeurs en résidence.

Développer

Le développement des ressources propres et la dynamisation des revenus commerciaux seront encouragés. Tout en préservant l'universalité du service public à travers la diffusion en FM, la culture du "tout gratuit" sera examinée à l'aune de la révolution numérique : les contenus enrichis et les nouveaux usages pourront faire l'objet d'une valorisation. L'écoute différée implique un coût d'archivage, d'éditorialisation et de distribution pouvant justifier l'acquittement d'une contrepartie, même modeste.

Un enjeu de concurrence : nouveaux usages, nouvelles ambitions, nouvelle culture

Digitaliser

Le déploiement d'une offre numérique riche et diverse est indispensable pour assurer le renouvellement générationnel de l'audience. Les antennes doivent assurer un service global projetant l'image d'une diversité de marques : programmes, vidéos, textes, interactivité, création d'une communauté des auditeurs, services associés. Cet enrichissement sera toutefois différencié en fonction de l'identité de chaque antenne et s'attachera en priorité aux grandes émissions emblématiques. Il faudra veiller à ne pas perdre la dimension intime de la radio, le mystère transmis par le son, l'imaginaire porté par la voix.

Refonder

Le rôle de France Info dans le nouveau paysage médiatique global de l'information en temps réel doit être rénové. L'antenne doit revenir à ses caractéristiques fondamentales de "média chaud" : le direct sera la règle, le préenregistré l'exception. Elle doit se consacrer pleinement au journalisme d'investigation. La place de l'information sportive sera renforcée et diversifiée, notamment par la création de rendez-vous d'analyse et de commentaire et la constitution d'une équipe de consultants professionnels. La diffusion intégrera pleinement l'image, grâce à la mise en place d'une fédération numérique entre les différents médias publics permettant la mise en commun des technologies de captation, d'indexation, de stockage et de livraison.

Créer

L'offre culturelle de Radio France, unique dans le paysage radiophonique, doit être confortée. Les commandes à de jeunes écrivains et dramaturges seront encouragées, afin de renouveler le genre des créations radiophoniques, et la création musicale sera développée, en utilisant les nouvelles technologies qui permettent de mettre en relation les créateurs du monde entier. Il est indispensable de rénover l'offre musicale du groupe, en clarifiant les missions respectives des deux orchestres et en réformant l'organisation de la direction de la musique. La politique de captation et de diffusion audiovisuelle s'appuiera sur les sites de Radio France mais aussi les carrefours d'audience que sont les plateformes de partage de vidéos. Le nouvel auditorium sera utilisé comme plateforme multimédia de concerts numériques (captation des répétitions, diffusion d'extraits, organisation de concerts-rencontres à des horaires décalés, diffusion en direct sur un multi-canal HD).

Déployer

Le plan de formation des collaborateurs de Radio France privilégiera l'adaptation à l'environnement numérique. La dissémination d'une culture numérique se fera à la fois dans chacune des antennes, qui produiront des contenus destinés à prolonger et enrichir l'expérience des auditeurs, et à partir d'une direction transversale, chargée de l'innovation et responsable d'une plateforme rassemblant les contenus numériques de l'entreprise. La conquête des nouveaux publics se fait autant par les contenus que par les supports où ils sont mis à disposition (réseaux sociaux, sites de partage).

Un enjeu de cohérence : la marque du service public

Fédérer

Consolider et développer la fidélité des auditeurs implique de renforcer les marques que sont les chaînes mais aussi les émissions. A cette fin, la place de l'autopromotion des programmes sur les antennes sera accentuée ; les rappels de la signature de la radio publique et de ses différents modes de diffusion seront plus réguliers. Pour fédérer l'audience la plus large, il faudra renforcer l'identité des radios, clarifier leurs lignes éditoriales et proposer une offre globale cohérente. Parce qu'il n'est pas soumis aux impératifs de rentabilité, le service public est une référence en matière d'innovation, d'imagination, d'audace.

Enrichir

Le Mouv' sera profondément renouvelé pour en faire véritablement la chaîne des jeunes et des cultures urbaines. Il convient de promouvoir la diversité musicale et de retrouver pleinement une place de découvreur de talents. Le Mouv', bi-média, doit savoir parler à toute la jeunesse, notamment les publics oubliés des médias nationaux. Ce repositionnement éditorial sera accompagné d'un changement de marque et d'une campagne marketing. La radio sera associée à une offre musicale en ligne par abonnement à partir de l'expérience antérieure de RF8. Un partenariat avec des scènes de musiques actuelles sera mis en place. Il s'agit de donner aux jeunes générations le goût et l'habitude du "son service public" et d'éviter qu'elles soient accoutumées très tôt à la présence invasive de la publicité.

Ouvrir

La Maison de Radio France doit devenir un lieu de référence pour la création et la diffusion de la culture. L'ouverture du nouvel auditorium imposera de définir une stratégie de l'offre ainsi qu'une politique marketing et commerciale, afin d'élargir et de renouveler les publics des orchestres. La coordination avec les antennes constituera un enjeu crucial. La politique d'abonnement devra être inventive, en termes de thématiques musicales, de genres et de tarification.

Informer

A l'heure où la "mal-information" et la rumeur envahissent l'espace médiatique, le service public est un repère, un référent, un label de qualité ; il doit assurer l'analyse et le décryptage des fait bruts, avec le souci permanent de la déontologie, de l'indépendance et du pluralisme. La place respective accordée aux différents domaines de l'information devra tenir compte de la spécificité éditoriale de chaque antenne : une information généraliste sur France Inter, davantage d'informations de proximité sur France Bleu, une place prépondérante pour l'actualité culturelle sur France Culture, un éclairage adapté aux codes d'une audience jeune et urbaine sur Le Mouv'. La place accordée à l'information européenne et internationale dans les journaux et magazines de France Inter devra être renforcée.

Tout à la fois centre d'information journalistique pluriel, producteur de contenus et de programmes originaux, interprète des répertoires musicaux classiques et actuels, Radio France bénéficie de rares atouts pour occuper une place centrale dans le paysage médiatique et culturel français. Il importe de renforcer le service public de la radio dans le nouveau contexte concurrentiel inter-média, d'accélérer la transformation de l'entreprise Radio France, de la préparer à la décennie 2020 et de garantir les missions du service public de la radio en épousant les modes de gestion et les technologies de diffusion les mieux adaptés à la modernité."

Décision motivée du CSA portant nomination du président de Radio France

"Sur le fondement de l'article 47-4 de la loi du 30 septembre 1986, le Conseil supérieur de l'audiovisuel, réuni en séance plénière le 27 février 2014, a nommé M. Mathieu GALLET en qualité de président de Radio France, pour une durée de cinq ans à compter du 12 mai 2014.

Le Conseil tient à saluer la qualité des candidatures reçues et celle des échanges avec les candidats auditionnés. II y voit une preuve de l'attrait que Radio France, média de référence, exerce sur des personnalités expérimentées et compétentes.

Les candidates et candidats présélectionnés ont proposé, dans leurs projets stratégiques, des visions du service public de la radio approfondies, personnelles et attractives, toutes porteuses d'une ambition pour Radio France.

Le Conseil a été particulièrement sensible à la grande motivation, au sens élevé du service public et à l'attachement à ses valeurs et à ses missions dont ils ont témoigné, dans leurs projets stratégiques comme lors de leurs auditions.

Les auditions ont permis d'expliciter les orientations et les motivations des candidats, tant par le contenu de leurs présentations orales que grâce à l'échange approfondi mené par le Collège.

Le Conseil a porté son choix sur M. GALLET, dont le projet stratégique ainsi éclairé lui est apparu comme le mieux à même de préparer Radio France à résoudre les questions auxquelles elle sera confrontée au cours des cinq années à venir. Sa capacité à prendre en compte les exigences du renouvellement et de l'élargissement de l'audience ainsi que les impératifs induits par la convergence numérique ont particulièrement retenu l'attention du Conseil.

Le projet de M. GALLET s'attache à apporter des réponses aux enjeux qui découlent de la transformation des usages et des mutations de l'environnement de la radio. Le Conseil a été particulièrement sensible à sa conception d'un service global combinant, autour d'antennes dotées d'identités fortes, des programmes, des contenus enrichis et des services associés, et à sa volonté d'aller au-devant de nouveaux publics en déployant l'offre de Radio France sur tous les supports disponibles et en développant une politique volontariste de partenariat.

II a vivement apprécié ses engagements en faveur d'une forte exigence pluraliste, tant en matière d'information indépendante, dynamisée et rigoureuse, que d'offre culturelle riche et diversifiée, particulièrement dans le domaine musical.

Ce projet est porté par une vision claire de la gouvernance de l'entreprise, de la politique de ressources humaines et du dialogue social. Le choix d'une organisation mieux coordonnée, d'une direction resserrée et de dirigeants de proximité responsabilisés est apparu au Conseil comme la garantie d'une cohérence des orientations stratégiques. Le Conseil a retenu comme autant d'engagements l'attention portée à la diversité des origines et des compétences, à la parité entre les femmes et les hommes, fondée sur la reconnaissance de l'effort et du mérite.

Le choix du Conseil s'est également appuyé sur l'expérience acquise par M. GALLET dans I'exercice de ses fonctions antérieures dans le secteur de la culture et des médias audiovisuels.

II tient compte, en particulier, de la compétence managériale dont il a fait preuve en tant que président-directeur général de l'Institut national de I'audiovisuel (INA) et des résultats de son action à la tête de cet établissement public, depuis mai 2010.

Le Conseil a en effet constaté, à l'occasion du bilan de I'INA pour I'exercice 2012, que l'essentiel des objectifs chiffrés définis dans le contrat d'objectifs et de moyens 2010-2014 de I'INA avaient été atteints. II a observé que I'INA avait renforcé sa position en tant qu'entreprise culturelle audiovisuelle auprès des professionnels, des chercheurs et du grand public, notamment grâce à un enrichissement considérable de son offre numérique et un développement de ses partenariats. II a enfin relevé la conclusion d'un nouvel accord d'entreprise, reposant sur une classification rénovée des métiers, et la progression des recettes commerciales, qui ont atteint leur plus haut niveau depuis 2008.

Le Conseil considère que cette expérience et cette compétence sont de nature à être utilement mises au service du développement du service public de la radio. (…)".


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