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M. Gilles GATEAU

M. Gilles GATEAU

(Article de presse associé à la biographie)

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Correspondance économique Les 21 recommandations du rapport Simonpoli-Gateau sur le renforcement du dialogue social

Correspondance économique - Date de parution : 19/02/2018

MM. Jean-Dominique SIMONPOLI, directeur général de l'association Dialogues, et Gilles GATEAU, directeur général adjoint ressources humaines et politique sociale, membre du comité exécutif et du comité de direction générale d'Air France, ont remis vendredi au gouvernement un rapport sur le renforcement du dialogue social contenant 21 recommandations. Nous vous proposons de les découvrir ci-après.

"Enjeu n°1 : Préparer et accompagner la mise en place des CSE et gérer les effets potentiels du prochain renouvellement électoral

Recommandation n°1 : Afin de réussir le renouvellement des IRP de la période 2018-2019 et d'en gérer tous les effets, encourager le management et tous les acteurs de l'entreprise à :

- préparer au plus tôt, dès la phase amont de l'élection, la transition des anciennes IRP aux futurs comités sociaux et économiques (CSE) : mise en place d'une organisation appropriée (en mode projet) de conduite de la réforme ; déploiement d'actions de communication ; préparation des dispositifs à mettre en place pour accompagner et repositionner sur un poste de travail les élus qui quitteront leur(s) mandat(s) dans les prochains mois (identification et prémobilisation des dispositifs appropriés...) ; gestion des situations individuelles qui peuvent être anticipées en amont de l'élection... ;

- prévoir les mesures à mettre en euvre au lendemain de l'élection pour accompagner les salariés qui auront effectivement perdu leur mandat et nécessiteront un accompagnement spécifique : mise en place dans les entreprises d'une certaine taille d'une cellule d'"orientation et d'accompagnement" ; réalisation d'un bilan de situation individuelle pour chacun des salariés concernés ; activation des différents dispositifs disponibles pour proposer une réponse appropriée à chaque situation... ;

- associer, selon des modalités propres à chaque entreprise (y compris des accords-cadres) les organisations syndicales tout au long de ce processus.

Recommandation n°2 : Pour les très grandes entreprises de plus de 5000 salariés, prévoir par la loi une obligation de négocier, dans le cadre de la préparation de la mise en place des CSE en 2018 ou 2019, sur les mesures d'accompagnement spécifiques des salariés actuellement titulaires de "mandats lourds" (plus de 50 % de leur temps de travail) qui ne seraient pas candidats ou ne seraient pas réélus à l'issue du prochain renouvellement électoral. Nous proposons qu'en l'absence d'accord à l'issue de cette négociation, l'employeur soit tenu de définir un plan d'action, transmis à la DIRECCTE, dont le contenu sera précisé par décret. A défaut, un mécanisme d'abondement du CPF de chaque salarié concerné, à hauteur de 100 heures, serait mis en place à la charge de l'entreprise.

Recommandation n°3 : Proposer au Comité d'évaluation des ordonnances de prêter une attention particulière dans ses travaux aux pratiques qui accompagneront la mise en place des CSE, en identifiant les pratiques réussies et les plus innovantes et en alertant les pouvoirs publics et l'ensemble des acteurs patronaux et syndicaux sur les risques observés (prise en compte insuffisante de l'accompagnement des ex-élus, proximité des nouveaux élus avec le terrain, questions sur le rôle des représentants de proximité...)

Enjeu n°2 : Engager un effort accru de formation pour accompagner le développement du dialogue social et permettre à ses acteurs d'exercer pleinement leurs nouvelles responsabilités

Recommandation n°4 : Encourager les organisations syndicales à former, à outiller et à accompagner au mieux leurs représentants dans la perspective des nouvelles missions qui leur seront confiées (qu'il s'agisse des délégués syndicaux ou bien des élus du personnel dans les futurs CSE). Pour y contribuer, garantir, notamment, que le montant de la subvention accordée par l'Etat pour la formation économique, sociale et syndicale ne sera pas réduite dans les trois années à venir, au prétexte de la réduction du nombre des salariés mandatés, car les mandats seront plus larges et plus complexes et le rôle des élus comme des militants syndicaux plus exigeants.

Recommandation n°5 : Inciter les acteurs de l'enseignement supérieur à se mobiliser davantage et à développer leur offre de formation à destination des représentants du personnel et des managers, en proposant de nouvelles formations et en augmentant le nombre de places ouvertes. Pour cela, prévoir l'organisation au premier semestre 2018, par les ministres du travail, de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, d'une réunion des dirigeants des établissements de l'enseignement supérieur pour partager avec eux ces enjeux. Celle-ci pourrait utilement déboucher sur la signature d'une "charte d'engagement" et l'installation d'un groupe de travail pour suivre les progrès réalisés.

Prévoir en parallèle la mise en place d'un outil de recensement, exhaustif et actualisé en continu, de l'offre existante en matière de formations principalement destinées aux représentants du personnel et aux managers. Au-delà des formations à l'attention des représentants du personnel et des managers, toutes les formations initiales et continues en management et en RH devraient traiter davantage de la question du dialogue social, de la connaissance des relations sociales et la pratique de la négociation collective.

Recommandation n°6 : Permettre que les "formations communes au dialogue social" mises en place par la loi du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels soient opérationnelles dès 2018. Pour cela, l'important travail préparatoire réalisé sous l'égide de l'INTEFP doit être finalisé et le cadre de mise en euvre complet de ces formations, précisé très rapidement (modalités de financement, démarche de communication sur le dispositif...).

Enjeu n°3 : Améliorer dans la durée les conditions d'exercice des mandats et mieux préparer la poursuite du parcours professionnel à l'issue d'un mandat

Recommandation n°7 : Encourager l'instauration de dispositifs de reconnaissance et de valorisation des parcours de représentants du personnel ainsi que des compétences liées à l'exercice d'un mandat, en donnant une impulsion forte sur le sujet, à travers des initiatives concrètes qui devraient mobiliser tant les partenaires sociaux que les pouvoirs publics comme, notamment : - l'organisation, courant 2018, d'une journée d'étude rassemblant les participants autour d'expériences concrètes innovantes et de pratiques mises en euvre, pour inspirer les acteurs des branches et des entreprises ; - la mise en place d'un groupe interbranche sur le sujet.

Recommandation n°8 : Ne pas modifier la loi, encore récente, et non encore pleinement appliquée, concernant l'entretien de début et de fin de mandat. En revanche, organiser un entretien de mi-mandat chaque fois que possible et, dans tous les cas de figure, organiser l'entretien de fin de mandat au moins six mois à un an avant le terme du mandat, afin d'en faire un outil véritablement utile dans la perspective d'une fin de mandat et dans la construction éventuelle d'un parcours de repositionnement du salarié sur un poste de travail.

Recommandation n°9 : Prévoir que les salariés mis à disposition ou en détachement en dehors de leur entreprise (auprès d'organisations syndicales notamment, aux niveaux fédéral ou confédéral) conservent un lien régulier avec leur entreprise et/ou leur emploi d'origine. Pour cela, formaliser systématiquement les conditions de mises à disposition ou de détachements dans des conventions qui fixent explicitement les modalités concrètes permettant de garantir l'entretien d'un lien entre le salarié et son entreprise d'origine.

Recommandation n°10 : Permettre aux travaux en cours, menés sous l'égide de la DGEFP, concernant la certification des compétences acquises par les représentants du personnel durant leur mandat, d'aboutir au cours du premier trimestre de l'année 2018. Inviter les organisations patronales représentatives à être associées à la finalisation du référentiel envisagé, et à ce que le déploiement effectif de cet outil ait lieu au premier semestre 2018, notamment via les branches, apportant ainsi un appui indispensable aux acteurs de terrain dans la définition des compétences acquises.

Recommandation n°11 : Outiller les conseillers en évolution professionnelle afin de faciliter leur intervention auprès des représentants du personnel exerçant des mandats "lourds" (mi-temps ou plus), prioritairement ceux qui se trouvent en-dehors de l'entreprise, qui arrivent en fin de mandat ou préparent cette fin de mandat. La réalisation des outils et des formations nécessaires des conseillers en évolution professionnelle pourrait être confiée par le ministère du travail à l'AFPA, qui dispose du savoir-faire et de la légitimité pour cela au titre de ses activités de service public. Les branches pourraient en outre être encouragées à mettre en place des référents en évolution professionnelle chargés notamment de prendre en charge les situations des représentants du personnel.

Recommandation n°12 : Elargir les possibilités d'accès des anciens représentants du personnel au troisième concours d'inspecteur du travail en : proposant un accompagnement spécifique à la préparation au troisième concours (confié à l'INTEFP) ; augmentant le nombre de places ouvertes au troisième concours (entre 20 % et 30 % du total des places) ; préservant, voire renforçant, dans les épreuves du concours, la prise en compte de l'expérience et des compétences opérationnelles acquises par rapport aux savoirs exclusivement académiques. En parallèle, prévoir que le ministère du travail mette en euvre des dispositifs de communication et d'information appropriés à destination des élus et des responsables syndicaux sur les possibilités de se présenter au troisième concours d'inspecteur du travail et de préparer les épreuves.

Recommandation n°13 : Explorer, via un travail complémentaire spécifique sur le sujet, les possibilités et les aménagements à prévoir afin que des concours de la fonction publique ou l'accès à certaines écoles de la fonction publique puissent également, à l'instar de ce qui existe pour le troisième concours de l'inspection du travail, offrir des débouchés permettant aux anciens représentants du personnel de valoriser leurs compétences.

Enjeu n°4 : Soutenir le développement effectif du dialogue social dans les TPE et les PME

Recommandation n°14 : Expérimenter avec les premières branches volontaires que nous avons identifiées (deux organisations professionnelles - la FNTP et le CNEA -- sont prêtes à s'engager) la mise en place de "binômes employeur-salarié" en veillant dans la mise en euvre de ces binômes à bien définir les conditions indispensables (dont certaines ont été recensées au cours de la mission) pour le succès de l'opération.

Recommandation n°15 : Afin d'accompagner le développement effectif de la négociation et du dialogue social dans les TPE et dans les PME, encourager les branches à mettre à disposition de ces entreprises des exemples d'accords ou des accords-types sur les principaux sujets de négociation.

Recommandation n°16 : Renforcer les moyens du dispositif "AReSo" (en augmentant la subvention versée par l'Etat) afin de lui permettre d'intervenir dans un plus grand nombre de PME.

Recommandation n°17 : Modifier le décret fixant les modalités de prise en charge financière par l'AGFPN des délégués issus de TPE et des PME participant aux négociations de branche afin de rendre le dispositif véritablement incitatif. Pour cela, concevoir un mécanisme de mutualisation consistant à faire supporter cette prise en charge par la deuxième sous-enveloppe de la mission 1 de l'AGFPN via un prélèvement sur les fonds destinés aux branches avant affectation de ceux-ci aux organisations. En complément, confier à la DGT un suivi permettant d'apprécier la présence effective de salariés issus des TPE/PME dans les négociations de branche (par exemple suivi du nombre d'accords de branche auxquels participent des délégués issus de TPE/ PME et/ou du nombre de délégués issus de TPE/PME parmi les négociateurs).

Enjeu n°5 : Se doter des outils d'observation, d'analyse et d'impulsion nécessaires au développement du dialogue social et de la négociation collective

Recommandation n°18 : Mettre en place un "réseau d'observation du dialogue social et de la négociation collective" - qui peut être le cas échéant dénommé "observatoire du dialogue social" mais qui n'est pas un nouvel organisme - associant l'ensemble des administrations, organismes et chercheurs produisant des données, études et connaissances des pratiques en matière de dialogue social et de négociation. Sa production permettrait au ministère du travail de réaliser chaque année un "bilan annuel du dialogue social et de la négociation collective", quantitatif et qualitatif.

Recommandation n°19 : Donner au "réseau d'observation du dialogue social et de la négociation collective" (l'observatoire) les moyens de suivre les pratiques en matière de négociation collective et de dialogue social en mettant en place un dispositif approprié d'enregistrement, de remontée et d'exploitation des données relatives à l'état de la négociation collective et du dialogue social (encadrement méthodologique des remontées voire déploiement d'un SI approprié...)

Recommandation n°20 : Réunir une fois par an une composition aménagée de la CNNC. Siégeant sous la forme d'une "Commission supérieure nationale de la négociation collective" (CSNNC), elle réunirait, sous la présidence du ministre du travail, les "numéros un" des organisations syndicales et patronales représentatives. Eclairée par le bilan annuel du dialogue social et de la négociation collective, cette CSNNC permettra aux acteurs qui la composent d'échanger sur l'état du dialogue social dans le pays ainsi que sur les perspectives souhaitables de développement et, si les partenaires en conviennent, de définir un agenda social

Recommandation n°21 : Créer des "Journées du dialogue social" réunissant chaque année, sur une journée ou deux, au ministère du travail, rue de Grenelle, des acteurs de terrain (management et délégués syndicaux) venant témoigner des innovations apportées par le dialogue social d'entreprise et de branche, montrant la vitalité du dialogue social en France, ses progrès et ses difficultés à surmonter parfois. Ces journées permettraient de valoriser les pratiques innovantes et leurs acteurs et contribueraient à diffuser la culture du dialogue social dans notre pays."


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