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M. Nicolas HULOT

M. Nicolas HULOT

(Article de presse associé à la biographie)

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Correspondance économique M. Nicolas HULOT, démissionnaire de ses fonctions de ministre de la Transition écologique et solidaire, laisse un bilan contrasté marqué par quelques mesures fortes

Correspondance économique - Date de parution : 29/08/2018

Au lendemain de l'annonce de sa démission, M. Nicolas HULOT laisse un bilan en demi-teintes, avec de nombreux dossiers brûlants restant à trancher. Avec ses secrétaires d'Etat, M. Sébastien LECORNU et Mme Brune POIRSON, le ministre s'était vu confier l'application des objectifs de la loi de transition énergétique votée en 2015 durant le mandat de Mme Ségolène ROYAL. Perpétuellement suspecté de servir de caution écologiste au gouvernement, contraint à de nombreuses concessions, M. HULOT a toutefois eu le temps d'imposer quelques avancées concrètes.

Fer de lance de son action : le Plan Climat présenté en juillet 2017. A l'époque, l'objectif affiché était de rendre irréversible la mise en euvre de l'Accord de Paris (qui vise à contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C), tout en positionnant la France comme chef de file de l'économie verte. Mais à la déception des ONG, le plan s'était limité à une "colonne vertébrale" exposant les grandes lignes de la stratégie ministérielle, lesquelles devaient être précisées durant tout le quinquennat à travers des schémas d'action plus spécifiques.

Fin des hydrocarbures en France

Dans le viseur du ministère : les énergies fossiles. L'objectif revendiqué était d'arriver à la neutralité carbone - véritable leitmotiv de M. HULOT - qui entendait atteindre l'équilibre entre les émissions et la capacité d'absorption des puits de carbone à l'horizon 2050. Sur ce front, la mesure la plus radicale aura été le projet de loi interdisant tout nouveau permis d'exploration ou d'exploitation d'hydrocarbures sur le territoire français d'ici 2040. Adopté par le Parlement fin 2017, le texte inclue également les hydrocarbures non-conventionnels, enterrant du même coup le débat récurrent sur le gaz de schiste. Pour autant, nombre d'observateurs n'y ont vu qu'une loi symbolique, puisque la France importe déjà l'écrasante majorité de ses besoins en la matière.

Alors qu'une autre résolution visait la fin de la vente de véhicules neufs à essence ou diesel à l'horizon 2040 en France, M. HULOT a récemment fait part de sa volonté de multiplier par 5 celles de véhicules électriques, et par 15 celle de poids lourds à faibles émissions d'ici 2025. Il aura aussi poussé la convergence effective des fiscalités de l'essence et du diesel, serpent de mer de ces dernières années, qui doit maintenant intervenir progressivement jusqu'à la fin du quinquennat. Autre mesure fiscale forte : une augmentation, inscrite dans loi de finances pour 2018, de la taxe carbone, avec une trajectoire revue à la hausse par rapport ce que prévoyait la loi de transition énergétique.

Le Plan Climat a par ailleurs réaffirmé la fermeture d'ici 2022 des dernières centrales à charbon produisant de l'électricité sur le territoire. Là encore, une décision perçue comme essentiellement symbolique, puisque lesdites centrales ne comptent d'ores et déjà que pour une infime part du mix électrique national. Tout au long de son mandat, M. HULOT aura aussi eu à ceur d'intégrer une dimension sociale à son action, conscient que le déploiement des énergies vertes s'accompagnerait de hausses tarifaires pour le contribuable. Désireux de ne pas faire des ménages modestes les "victimes" de la transition écologique, il a ainsi augmenté et généralisé le chèque énergie auprès des 4 millions de foyers aux plus faibles revenus, et rendu son versement automatique.

Dans le même ordre d'idée, le ministre a posé les bases d'une fiscalité incitative, comme la "prime à la conversion des véhicules" pour ceux qui souhaitent passer d'un vieux véhicule polluant à une voiture thermique à faible émission de C02. Ou encore la transformation dès l'an prochain du "crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE)", qui permet actuellement de financer des travaux d'isolation, en prime versée dès l'achèvement des travaux. Cette dernière mesure s'inscrit dans le plan quinquennal de rénovation énergétique des bâtiments présenté au printemps par M. HULOT, et qui vise à atteindre 500 000 rénovations annuelles.

La "bataille" de Notre-Dame-des-Landes

C'est surement l'une de ses plus grandes victoires. Opposé au chantier de Notre-Dame des Landes, M. HULOT aura été entendu avec l'abandon à la mi-janvier du projet d'aéroport. Il a aussi joué le rôle de médiateur de la dernière chance dans le bras de fer qui a ensuite opposé l'Etat aux zadistes, enjoignant ces derniers à "ne pas confondre écologie et anarchie", tout en affirmant que la zone ne pouvait être "un nouveau Larzac".

L'opposition du ministre au projet d'aéroport était d'abord motivée par la sauvegarde des terres humides et la biodiversité. Sur ce front, il a présenté en juillet dernier un plan de sauvetage de la biodiversité en France face à une situation qu'il qualifiait alors de "catastrophique". A la clé : 90 mesures plus incitatives que contraignantes portant sur la gestion des plastiques (suppression progressive de produits à usage unique retrouvés le plus fréquemment sur les plages), la réduction de l'artificialisation des sols (en désartificialisant des surfaces équivalentes) et le rôle des agriculteurs. Au total, le gouvernement chiffre à 600 millions d'euros sur quatre ans les crédits "supplémentaires" pour financer ce plan. Ledit plan ne constitue néanmoins pas une première, notamment après la loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016. M. HULOT n'a par ailleurs rien pu faire pour peser contre l'adoption du CETA, traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, auquel il était notoirement opposé en raison de risques supposés pour l'environnement.

Concession sur les pesticides

L'un des revers les plus médiatisés du ministre démissionnaire reste le rejet en mai dernier de l'amendement visant à inscrire dans la loi l'interdiction du glyphosate. Rappelons que Bruxelles a prolongé de cinq ans la licence de cet herbicide controversé en novembre 2017. Le président Emmanuel MACRON avait alors assuré que la France restait déterminée à respecter son engagement d'en sortir d'ici 2021, ce que M. HULOT appelait de ses veux contre l'avis de son homologue de l'Agriculture Stéphane TRAVERT. Même si l'objectif des trois ans est officiellement maintenu, le ministre sortant a échoué à sécuriser la fin du glyphosate en France, lors de l'examen en première lecture de la loi agriculture et alimentation à l'Assemblée nationale. Entachant encore son image auprès des milieux écologistes, il a même appuyé un amendement visant à accorder des dérogations pour les agriculteurs ou certaines zones géographiques qui ne seraient pas "prêts en trois ans".

M. HULOT n'a pourtant jamais cessé d'appeler à une mutation de l'agriculture française. C'est d'ailleurs ce qui l'a poussé à ne pas prendre part aux conclusions des "Etats généraux de l'alimentation" en fin d'année dernière. "Le compte n'y est pas", avait-il alors expliqué pour justifier son absence. "Les conclusions ne sont pas à la hauteur de la qualité du travail et des propositions qui ont été faites dans les ateliers". Mais dans le camp écologiste, on ne lui pardonne pas non plus son silence, ou manque de combativité, sur l'autorisation faite à Total d'importer 300 000 tonnes d'huile de palme par an dans sa bio-raffinerie de La Mède, ni sur le mégaprojet russo-canadien de mine d'or industrielle en Guyane.

L'épineuse question du nucléaire

Reste que la démission de M. Nicolas HULOT intervient à un moment charnière, alors que se profile la révision de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Rappelons que cette feuille de route doit détailler la trajectoire énergétique du pays, filière par filière, jusqu'en 2028. Après un grand débat public au printemps dernier, et le report des arbitrages initialement attendus en juillet, l'adoption du texte reste prévue pour la fin de l'année. Et avec elle des réponses attendues de longue date, à commencer par le nombre de réacteurs à fermer pour respecter l'objectif de ramener la part de nucléaire à 50 % du mix électrique national (contre 75 % aujourd'hui).

Cet objectif des 50 % a d'ailleurs été à l'origine de ce que beaucoup considèrent comme le premier désaveu de M. HULOT. En novembre dernier, il avait été chargé d'annoncer publiquement le report de l'atteinte d'un tel seuil à une date non précisée, là où la loi de transition énergétique visait auparavant l'année 2025. On parle désormais de l'horizon 2030 ou 2035. Il faut dire que la question de la place de l'atome civil, déjà absente ou presque du Plan Climat, a été l'une des plus délicates à gérer pendant les quinze mois d'exercice du ministre sortant. Elle fut notamment la cause de tensions entre lui et EDF, l'énergéticien public se montrant beaucoup moins pressé quant au calendrier de mise à l'arrêt de certaines tranches.

"Je souhaite qu'à la fin de l'année on ait un échéancier précis, et qu'on sache quels réacteurs et le nombre de réacteurs à arrêter", déclarait encore M. HULOT en juin dernier. Peu après sa prise de fonction en mai 2017, ce dernier avait même évoqué "jusqu'à 17 réacteurs" voués à la fermeture, sur les 58 que compte la France. Mais EDF, qui défend la prolongation de la durée de vie de son parc, a depuis fait savoir à plusieurs reprises qu'il ne prévoyait pas d'arrêter de nouveaux réacteurs avant 2029. Pour rétablir le rapport de force, M. HULOT avait rappelé en avril que "ce n'est pas EDF qui doit faire la politique énergétique de l'Etat, de nous dire que nous n'allons pas fermer d'autres réacteurs pendant le quinquennat". Rappelons qu'à ce stade, seule la fermeture des deux tranches de Fessenheim a été actée, une décision antérieure à l'arrivée de M. HULOT puisque datant de 2015. Le dossier est d'ailleurs plus directement piloté par le secrétaire d'Etat Sébastien LECORNU.

Libérer les énergies vertes

Parallèlement, le mandat de M. HULOT a vu se poursuivre la percée des énergies renouvelables sur le territoire. Selon les chiffres du Syndicat des énergies renouvelables (SER) et gestionnaire du réseau électrique RTE, près d'un tiers de la consommation électrique du pays a été couverte par les énergies vertes au cours du deuxième trimestre, un niveau record. Depuis son arrivée, le ministre sortant a multiplié les initiatives pour favoriser l'essor des énergies décarbonées. Son ministère a ainsi mis en place, dans le cadre d'un "Plan de libération des énergies renouvelables", des groupes de travail pour chaque filière chargés de réfléchir à la levée des obstacles administratifs, fiscaux et sociétaux qui freinent encore le développement de l'éolien, du photovoltaïque mais aussi de la méthanisation sur le territoire. "Pour ceux qui veulent que rien ne change, Nicolas HULOT qui disparaît, c'est un obstacle qui disparaît", estimait d'ailleurs hier le président du SER Jean-Louis BAL.

Dernière victoire en date : après des mois de remise en cause, le gouvernement a finalement confirmé en juillet l'attribution des six premiers projets de parcs éoliens offshore au large des côtes françaises. Mais là encore, seule la future PPE donnera une vraie vue d'ensemble des ambitions nationales en matière de renouvelables.

Par ailleurs, M. HULOT est à l'origine de la feuille de route "pour une économie 100 % circulaire" remise fin avril au Premier ministre Edouard PHILIPPE. Le document, promis dès le Plan Climat de 2017, recense toute une batterie d'actions à destination des citoyens, entreprises, collectivités et administrations pour réduire les déchets et généraliser le recyclage. Enfin, alors que la France a été renvoyée par Bruxelles devant la justice européenne pour la piètre qualité de son air, M. HULOT a dévoilé en juillet - avec la ministre chargée des Transports, Mme Elisabeth BORNE - divers engagements en faveur de la mobilité propre et de la qualité de l'air dans l'attente de la loi d'orientation sur les mobilités. Ainsi la quinzaine de territoires les plus pollués devront mettre en place d'ici 2020 des zones à faibles émissions (ZFE) pour y restreindre la circulation des véhicules les plus polluants. A cela s'ajoutent un quatrième appel à projets pour financer les transports en commun en site propre, l'annonce d'un plan vélo ambitieux visant à tripler sa part dans nos déplacements, et diverses mesures pour favoriser le covoiturage.


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