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M. Emmanuel MACRON

M. Emmanuel MACRON (Articles de presse associés à la biographie)

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Bulletin Quotidien M. Emmanuel MACRON sera le 25ème président de la République

Bulletin Quotidien - Date de parution : 08/05/2017

M. Emmanuel MACRON a été élu hier président de la République.

Il sera le 25ème président de la République française depuis 1848, et le 8ème président de la Vème République.

Elu à 39 ans, il est le plus jeune chef de l'Etat que la France ait jamais connu : Louis-Napoléon BONAPARTE fut élu en 1848, à 40 ans et 8 mois. M. Valéry GISCARD d'ESTAING, qui était le plus jeune président de la Vème République, avait 48 ans, lorsqu'il fut élu en 1974.

Né en décembre 1977, fils d'un couple de médecins amiénois M. Emmanuel MACRON effectua sa scolarité chez les Jésuites de la Providence d'Amiens, puis rejoignit le lycée Henri-IV où il passa son bac avant de s'inscrire en classe préparatoire littéraire. Admis à l'Institut d'études politiques de Paris, il suivit également un cursus à Nanterre où il

obtint un DEA de philosophie politique. Parallèlement à son parcours universitaire, il fut assistant éditorial du philosophe Paul RICOEUR (1999-2000).

En 2004, à sa sortie de l'ENA (promotion "Léopold Sédar Senghor"), il rejoint L'Inspection générale des finances.

Notons que M. MACRON sera le quatrième chef de l'Etat ancien élève l'ENA depuis 1958, et le deuxième issu de l'Inspection générale des finances, après M. Valéry GISCARD d'ESTAING. MM. Jacques CHIRAC et François HOLLANDE, également anciens élève de l'ENA, étaient magistrats à la Cour des comptes.

Chargé de mission auprès de M. Jean-Pierre JOUYET alors chef du service de l'Inspection générale des finances, de 2005 à 2008., il participa notamment à des missions sur la "valorisation de la recherche dans les Universités et les Etablissement public à caractère scientifique et technologique" ou encore sur la fraude aux prélèvements obligatoires et sur la question de la répartition de ces mêmes prélèvements entre générations. Assurant parallèlement les fonctions de secrétaire de l'Association des membres et anciens membres de l'Inspection générale des finances (2007-2008) il fut en outre co-rapporteur de la commission sur les professions du droit.

Rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par M. Jacques ATTALI (2007-2010), il fut membre de cette même commission de mars à octobre 2010 à l'instar de M. Serge WEINBERG, actuel président de Sanofi, qui le recommande alors à M. François HENROT, ancien maître des requêtes au Conseil d'Etat, associé gérant de Rothschild & Cie, président de la banque d'affaires du groupe Rothschild.

Recruté en septembre 2008, par Rothschild et Cie Banque, il y exerce les fonctions de directeur (2008-2009), puis de gérant (2009-2010), et enfin d'associé-gérant de décembre 2010 à mai 2012. Plusieurs dossiers lui sont alors confiés dont le rachat des activités de nutrition infantile de Pfizer par Nestlé, la reprise de Siemens IT par Atos, dirigée par l'ancien ministre de l'Economie Thierry BRETON, ainsi que la vente des magazines internationaux du groupe Lagardère.

Derrière le brillant étudiant, le haut-fonctionnaire, puis le banquier d'affaire, M. Emmanuel MACRON se veut être également un militant politique. S'il soutient la candidature de M. Jean-Pierre CHEVENEMENT en 2002, à l'âge de 24 ans, il adhère au Parti Socialiste, rejoint le comité de rédaction de la revue "Esprit" proche de la deuxième gauche et de Michel ROCARD et collabore à la fondation Jean-Jaurès à partir de 2006. Lors de l'élection présidentielle de 2007, il semble se rapprocher du collectif des Gracques, composé d'anciens patrons et de hauts fonctionnaires, favorables à une alliance entre Mme Ségolène ROYAL et M. François BAYROU.

C'est en 2008 que M. Jacques ATTALI présente M. MACRON à M. François HOLLANDE, qui vient de quitter le Premier secrétariat du PS. L'éventualité d'une candidature aux élections dans le Pas-de-Calais, évoque à plusieurs reprises par M. MACRON est évoquée, mais les élus locaux marquent leur fortes réserves face à la candidature d'un haut fonctionnaire qui n'est pas issu du Mouvement des Jeunes socialistes ou du syndicalisme.

Le rapprochement avec M. HOLLANDE se poursuit cependant par l'intermédiaire d'une proche du député de la Corrèze, M. Jean-Pierre JOUYET. De fait, M. MACRON participe à l'équipe de campagne de M. HOLLANDE lors des primaires de la gauche, en 2011, participant aux réunions du groupe de la Rotonde, cénacle d'experts et d'économistes qui alimentera le programme du futur président de la République.

Très proche de M. HOLLANDE tout au long de la campagne, il devient, en mai 2012, secrétaire général adjoint de l'Elysée en binôme avec M. Nicolas REVEL sous l'autorité du nouveau secrétaire général, M. Pierre-René LEMAS. Il est alors chargé des dossiers macroéconomiques. S'appuyant sur les conclusions du rapport GALLOIS, il défend l'idée d'un pacte de compétitivité en faveur des entreprises et s'attache à sensibiliser le président sur la "surtaxation" des entreprises françaises. Il se fait alors le chantre du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité lancé en janvier 2014. Lors de la constitution du gouvernement Valls en avril 2014, il avait espéré devenir ministre du Budget. Cependant M. HOLLANDE se méfie des hauts fonctionnaires qui ne sont pas passés par le suffrage universel.

Alors qu'il espérait remplacer M. Pierre-René LEMAS dans les fonctions de secrétaire général de la présidence de la République, c'est finalement M. Jean-Pierre JOUYET qui est nommé.

M MACRON décide alors de quitter l'Elysée pour enseigner et créer une société de conseil, ce qui lui vaut, lors de son pot de départ, le 15 juillet 2014, un réel et affectueux hommage du chef de l'Etat, dont M. MACRON s'est peu à peu éloigné, critiquant sévèrement sa volonté de ne pas vouloir accélérer les réformes ou ce qu'il considère comme de l'indécision.

Deux mois après son départ, en août 2014, M. Arnaud MONTEBOURG défie le Chef de l'Etat à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse et M. HOLLANDE décide de remanier le gouvernement. MM. VALLS et JOUYET plaident en faveur de l'entrée au gouvernement de M. MACRON. Il est nommé ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique dans le second gouvernement de M. Manuel VALLS, qui a appuyé cette candidature. Il devient le plus jeune ministre de l'Economie depuis M. Valéry GISCARD d'ESTAING…

Si dans un premier temps, le président de la République et le Premier ministre sont en accord avec le ministre de l'Economie, ce dernier va sans doute trop loin dans ses déclarations, critiquant les 35 heures, ou la déchéance de nationalité. "Jugez-moi sur les actes. Il n'y a que ça qui compte", déclare-t-il alors. Le bilan de M. MACRON à Bercy tient surtout dans la loi du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économique, texte unique mais vaste, très vaste. Inspiré des travaux de la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par M. Jacques ATTALI et dont il fut rapporteur général adjoint de 2007 à 2010, ce texte avait été annoncé dès le mois d'octobre 2014, déclenchant immédiatement de fortes réticences, avant même sa présentation en Conseil des ministres. Le texte a notamment accentué les divisions au sein du Parti socialiste, renforçant le mouvement des "frondeurs" né quelques mois plus tôt à l'Assemblée nationale lors de l'examen du Programme de stabilité. Au terme de huit mois de débats parlementaires tournant au bras de fer politique, le texte fut adopté après que le gouvernement a eu recours à trois reprises à l'article 49.3 de la Constitution : en première lecture (la motion de censure avait alors recueilli 234 voix, soit 55 voix de moins que nécessaire pour être adoptée), en nouvelle lecture (198 députés avaient alors soutenu la motion de censure) et en lecture définitive (en l'absence de dépôt d'une troisième motion de censure). Mais les relations avec M. VALLS se sont rapidement dégradées, le Premier ministre ayant imposé à son ministre le 49-3 alors que celui-ci avait passé des heures à convaincre les députés de voter chaque article.

Parmi les effets les plus visibles de ce texte fleuve devenu le symbole du tournant libéral du quinquennat de M. HOLLANDE, figurent la libéralisation du transport par autocars, qui a permis de créer 1 500 emplois et généré 21,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon l'Arafer ; l'extension du travail dominical ; la réforme de la carte des notaires qui devrait entraîner, selon l'Autorité de la concurrence, l'installation de 1 650 notaires libéraux d'ici 2018 ; la réforme du permis de conduire qui doit se traduire par l'ouverture de 2 000 centres d'examen et une baisse de coût pour les usagers. Au-delà de ces quelques chiffres, l'impact de la loi est cependant difficile à évaluer. L'OCDE l'avait chiffré à 0,3 point de PIB supplémentaire sur cinq ans.

Conséquence de la dégradation de ses relations avec M. VALLS, l'éphémère projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques (Noé), aussi appelé "Macron 2", n'a finalement pas été présenté, une partie des mesures étant intégrée au projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dit "Sapin 2". En outre, l'ancien ministre avait co-signé avec Mme Axelle LEMAIRE, alors secrétaire d'Etat chargée du Numérique, le projet de loi pour une République numérique. Mais ce texte a été défendu au Parlement par cette dernière. Enfin, la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, initialement intitulée projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs, a été présentée conjointement en Conseil des ministres par M. MACRON et la ministre du Travail Myriam EL KHOMRI, dont le nom reste désormais attaché au texte pour le vote duquel le gouvernent a également eu recours au 49.3.

Le 6 avril 2016, M. MACRON, qui s'appuie notamment sur M. Gérard COLLOMB, sénateur et maire de Lyon, ancien collaborateur proche de Pierre MAUROY, qui représente l'aile droite du PS, annonçait à Amiens, sa ville natale, la création de son propre mouvement politique, baptisé "En Marche !". "Ce ne sera pas un mouvement pour avoir un énième candidat à la présidentielle, ce n'est pas ma priorité aujourd'hui", avait alors expliqué le ministre de l'Economie, évoquant néanmoins la nécessité de "construire la majorité". "On a le droit uniquement de réussir une chose : justement avoir des idées neuves, construire la majorité sur ces idées neuves pour le pays et les mettre en œuvre demain". "C'est la seule ambition qu'on doit avoir, elle est radicale, elle est un peu folle quand on en parle ce soir mais il y a une telle énergie dans le pays !", s'était exclamé M. MACRON. "Je crois en la liberté économique, sociale, politique (...) je crois à notre capacité de créer les nouvelles règles d'un progrès et à notre capacité collective à l'articuler avec la justice". "Je pense qu'opposer ces notions, dire que l'une doit être toujours au-dessus de l'autre est une erreur", avait-il analysé, parlant de la liberté comme "un primat essentiel".

La création de son mouvement est jugée sévèrement par le président de la République, qui veut cependant lui conserve sa confiance, et par le Premier ministre qui voit en M. MACRON un rival sur le chemin qu'il s'est choisi, en voulant représenter le changement et la modernité.

Le 12 juillet, à l'issue de son premier meeting surgissent les premiers cris "MACRON président", ce qui conduit les proches de M. HOLLANDE et M. VALLS à exiger son départ. Les attentats du 14 juillet, et les tergiversations du chef de l'Etat, modifient ce scénario.

Après que ses proches, lors d'un dîner, le 24 août l'aient pressé de clarifier ses ambitions et son choix, le 30 août, M. MACRON démissionne du gouvernement de M. VALLS. Un choix qui n'est pas "dirigé contre les années que j'ai passées à l'Elysée ou au Ministère de l'Economie", avait-il assuré, glissant au passage sa conviction que "les Français rendraient justice" à M. HOLLANDE "d'avoir fait face à des difficultés exceptionnelles". "Il s'agit d'être libre de dire, de proposer, d'agir" et "responsable d'une nouvelle offre qui doit construire un nouvel espoir", avait-il expliqué, se disant "déterminé à tout faire pour que nos valeurs, nos idées, notre action puissent transformer la France" dès 2017. Ainsi après avoir déploré "les limites de notre système politique", lequel "pousse à des compromis de dernière minute, car le travail d'explication est rarement mené", et "fait la part belle aux peurs des uns et des autres, à défaut d'avoir construit un consensus idéologique et de fond", M. MACRON avait dépeint un "triple défi" : le "risque de déclassement individuel, la menace de déclin collectif" et "le terrorisme", dont la réponse "est évidemment sécuritaire, (...) morale et civilisationnelle". "Je veux construire un projet qui serve uniquement l'intérêt général", rassemble au-delà des "sensibilités politiques" et transforme "en profondeur notre système politique, économique, social", avait-il dit. Une "démarche (qui) n'est pas compatible avec l'appartenance à un gouvernement qui restreint l'action au strict champ de compétence ministérielle, ni avec l'indispensable solidarité qui s'impose à un ministre", avait-il observé.

Le 16 novembre, il annonce officiellement sa décision d'être candidat à l'élection présidentielle pour "changer le système" et "faire avancer" une France "bloquée par les corporatismes" et les "appareils politiques" de tous bords? Rendant dès lors presque impossible une candidature de M. François HOLLANDE, même si ce dernier, pendant plusieurs semaines refuse de voir dans l'ancien ministre de l'Economie un véritable rival.

"J'ai vu de l'intérieur la vacuité de notre système politique, qui ne poursuit plus au fond l'intérêt général mais son propre intérêt (...). J'ai pu mesurer ces derniers mois ce qu'il en coûte de refuser les règles obsolètes et claniques d'un système politique qui est devenu le principal obstacle à la transformation de notre pays (...). Cela ne fait que renforcer ma détermination. Parce que ce système, je le refuse", avait insisté l'ancien ministre. "Si nous voulons avancer, faire réussir notre pays et construire une prospérité nouvelle, il nous faut agir. La solution est en nous" et "ne saurait émerger de compromis bancals", avait-il lancé, plaidant pour une "révolution démocratique".

"Je crois très profondément que rien n'est jamais écrit et c'est pourquoi je veux porter l'optimisme de la volonté. (...) Ce combat que nous devons livrer pour faire réussir notre pays, il commencera en mai 2017. Pour le mener, la responsabilité du président de la République est immense et j'en ai pleinement conscience. Un président n'est pas simplement investi d'une action. Il porte aussi, de manière moins visible, les valeurs de notre pays, la continuité de son histoire, et de manière cachée, la vigueur et la dignité d'une vie publique. Je sais cela. J'y suis prêt. C'est pourquoi je suis candidat à la présidence de la République, parce que je crois plus que tout que nous pouvons réussir, que la France peut réussir", avait ajouté M. MACRON dans une déclaration d'une quinzaine de minutes, prononcée sur un ton solennel sous les yeux de son épouse Brigitte, évoquant "une conviction intime et profonde" et considérant que "toutes ses vies" précédentes l'avaient "conduit à cet instant".

"Je veux faire entrer la France dans le 21ème siècle, que notre pays redresse la tête et retrouve le fil de son histoire millénaire (...). Je ne peux me résoudre à voir une France qui a peur, qui ne regarde que ses souvenirs, une France outrancière qui insulte et qui exclut, une France fatiguée qui stagne et qui gère", avait-il dit. "Je veux une France libre et fière de ce qu'elle est, de son histoire, de sa culture, de ses paysages, de ses femmes et de ses hommes qui ont traversé tant d'épreuves et qui n'appartiennent à personne", avait-il ajouté, plaçant sa candidature "sous le signe de l'espérance". "L'enjeu n'est pas pour moi de rassembler la gauche, il n'est pas de rassembler la droite, l'enjeu est de rassembler les Français. Ce n'est pas un combat contre quelqu'un, contre un camp, contre une partie de la France. C'est un combat pour nous tous, pour l'intérêt général", avait insisté l'ancien ministre, lançant un "appel" à "toutes celles et ceux qui croient en la réconciliation de la liberté et du progrès".

Bulletin Quotidien Parution du livre "Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait" d'Anne Fulda (Plon, 2017)

Bulletin Quotidien - Date de parution : 10/04/2017

Depuis qu'il est enfant, M. Emmanuel Macron, "ce candidat aux allures de Petit Prince virtuel", a toujours été désigné et reconnu comme le meilleur. Il a trouvé dans le regard des autres, et plus spécifiquement de ses aînés, l'admiration, l'encouragement, la bienveillance, écrit Mme Anne FULDA, responsable de la rubrique Portraits au "Figaro". Elle se penche sur cet "ovni politique" au travers de nombreux témoignages de ses proches, son père, sa mère, son épouse qui aurait "préféré qu'on ait une autre vie" mais remplira "très volontiers ses obligations, c'est normal". D'Amiens à Henry IV, pourvu d'une grand-mère qui l'initie à la littérature et à la poésie, voici donc un jeune homme qui "arrive à plaire sans que cela soit voyant", et dont la force serait d'être "copain avec tout le monde". Mais il se trouverait aussi certains pour dire qu'"Emmanuel a toujours eu des fidélités successives" et qu'il "ne renvoie pas l'ascenseur". Autant dire que ce livre ne lève pas tous les voiles qui dissimulent ce personnage, lequel, "contrairement à la version longtemps donnée au début de sa carrière publique (...) songe à l'Elysée depuis longtemps déjà", écrit Mme FULDA. En fin d'ouvrage, l'auteur s'interroge encore sur cet "étrange personnage", "étrange héros des temps moderne", "Alien de la Vème République".

Bulletin Quotidien Le candidat d'En Marche ! à la présidentielle, M. Emmanuel MACRON, renouvellera ou confirmera la "totalité des postes nommés en Conseil des ministres" dans les six mois après son accession à l'Elysée

Bulletin Quotidien - Date de parution : 10/04/2017

Le candidat d'En Marche ! à la présidentielle, M. Emmanuel MACRON, renouvellera ou confirmera la "totalité des postes nommés en Conseil des ministres" dans les six mois après son accession à l'Elysée

Le candidat d'En Marche ! à la présidentielle, M. Emmanuel MACRON, ne croit pas à la théorie des "cent jours", mais décrit quand même dans "Le Journal du Dimanche" ce que seraient ses premiers mois à l'Elysée s'il était élu, avec notamment le renouvellement ou la confirmation de tous les postes de responsabilité nommés en Conseil des ministres (250 personnes), le vote d'une loi de moralisation de la vie publique et une tournée des capitales européennes. Nous en reprenons, par grandes thématiques, les principaux extraits :

Les institutions

"Dans les six premiers mois, je renouvellerai ou je confirmerai la totalité des postes de responsabilité nommés en Conseil des ministres - 250 personnes. Je ne dis pas que je souhaite remplacer tout le monde ! Les fonctionnaires sont loyaux. Mais pour mettre en œuvre une politique ambitieuse, il faut des directeurs qui endossent la feuille de route décidée par le politique. Les ministres seront associés à ces nominations. Nous aurons ainsi une administration plus responsable, et des cabinets ministériels moins puissants".

"Le projet de loi de moralisation de la vie politique sera mis sur la table du Conseil des ministres avant les législatives. Avec, d'abord, l'interdiction du népotisme pour les parlementaires, qui ne pourront salarier aucun membre de leur famille. On doit aussi fiscaliser la totalité des rémunérations, en particulier l'indemnité représentative de frais de mandat [IRFM], et les rendre transparentes. Pour éviter les conflits d'intérêts, les activités de conseil seront interdites. Parallèlement seront votées, avant la fin 2017, la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires et l'introduction d'une dose de proportionnelle".

Economie et fiscalité

En matière économique et sociale, "dès l'été, je souhaite que plusieurs textes soient présentés. La simplification, d'abord. Fin mai ou début juin, un projet de loi d'habilitation permettra au gouvernement d'agir par ordonnances pour mettre en place le droit à l'erreur : sauf cas grave, l'administration qui contrôle un individu ou une entreprise ne sera plus immédiatement dans la sanction, mais dans l'accompagnement et le conseil. De même, nous supprimerons les normes issues de la surtransposition et imposerons la suppression d'une norme récente pour toute nouvelle norme votée. Enfin, pour les textes fiscaux, sociaux ou touchant au droit du travail, il faudra une règle de stabilité : quand on prend un texte dans le quinquennat, on n'y touche plus !

"Dès mon entrée en fonction, un audit des finances publiques sera demandé afin de disposer à la mi-juin des résultats de la gestion en cours. Il n'y aura pas de loi de finances rectificative cet été : ni cadeau ni augmentation d'impôts. Ce serait irresponsable. En revanche, le gouvernement présentera à l'automne un texte de finances publiques quinquennal et un projet de loi de finances pour 2018. Ces textes présenteront la stratégie sur cinq ans, avec le plan d'économies de 60 milliards, l'exonération de la taxe d'habitation pour 80 % des Français, ainsi que les principales mesures en faveur de l'emploi et de l'investissement, comme la baisse des charges, la baisse de l'impôt sur les sociétés…

Social

"Je souhaite introduire dès l'été un projet de loi d'habilitation pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation. Il s'agit de donner plus de place à l'accord majoritaire d'entreprise ou de branche, d'une part, d'encadrer les décisions des prud'hommes, d'autre part. Le tout par ordonnances, pour procéder de manière rapide et efficace", poursuit M. MACRON.

"Autant la réforme du droit du travail doit aller vite, autant il faut prendre le temps pour refonder en profondeur l'ordre établi entre 1945 et 1970. Pour l'assurance chômage, je souhaite que l'on universalise les droits, mais que l'on change aussi le financement et les modes de contrôle, pour en faire une vraie structure tripartite où l'Etat reprend ses responsabilités. Pôle emploi devra évoluer et proposer rapidement des bilans de compétences aux chômeurs et les emmener vers les formations adéquates. La formation professionnelle doit être réformée en profondeur pour la rendre plus efficace et plus transparente. Tout cela sera finalisé au plus tard début 2018".

Education

"Dès la rentrée 2017, je veux la mise en place des 12 élèves par classe de CP et CE1 dans les écoles de l'éducation très prioritaire [REP +]. Avec un redéploiement des moyens dans un premier temps, puis des recrutements l'année suivante. Par ailleurs, sur les rythmes scolaires, un décret sur la liberté des communes leur donnera la possibilité d'en sortir. Enfin, un arrêté permettra le retour des classes bilangues dès cet été", détaille le candidat.

Agriculture, Collectivités, Outre-mer, Logement …

"Dès l'été, je lancerai les états généraux de l'alimentation, avec les associations de consommateurs, les agriculteurs, les distributeurs, et l'ensemble des filières pour évoquer une meilleure rémunération des producteurs et donner un cadre de modernisation de l'agriculture. Je lancerai aussi une conférence des territoires pour établir un pacte de confiance avec les collectivités locales. J'installerai dès l'été des assises de l'Outre-mer pour apporter des réponses concrètes et de court terme à leurs enjeux. Enfin, un projet de loi sur la mobilité et le logement sera proposé à l'automne pour créer un "choc de logement" permettant des opérations d'intérêt national avec des procédures ultrarapides dans les zones tendues : le Grand Paris, la métropole lyonnaise et la frontière suisse, ainsi que la région Aix-Marseille. Je souhaite aussi engager une réforme de l'action et de la fonction publiques.

Sécurité

Côté sécurité : "Je mettrai en place dès l'été une cellule de coordination du renseignement ainsi qu'une task force sur le terrorisme islamiste sous l'autorité du président. Dès l'été, les mesures nécessaires au renforcement de la sécurité intérieure seront prises".

Hier soir, M. MACRON a promis, s'il est élu président de la République, de mettre "fin aux accords qui favorisent en France le Qatar", soulignant qu'il aurait à l'égard de ce pays ainsi que de l'Arabie saoudite "beaucoup d'exigence".

Europe

La première initiative européenne de M. MACRON sera de rencontrer la chancelière allemande afin d'engager une "réorientation du couple franco-allemand, pas seulement économique, mais aussi en matière de souveraineté et de défense". "A l'été, je ferai un tour des capitales européennes. Je proposerai une feuille de route à cinq ans pour doter la zone euro d'un vrai budget et pour une une vraie Europe à 27 de l'environnement, de l'industrie et de la gestion des migrations", conclut-il.

Le calendrier

Mai 2017

- Lancement d'un audit des finances publiques afin de disposer à la mi-juin des résultats de la gestion en cours

Mai / Juin 2017

- Présentation du projet de loi de moralisation de la vie politique

- Présentation d'un projet de loi d'habilitation permettant au gouvernement d'agir par ordonnances pour mettre en place le "droit à l'erreur"

- Rencontre avec la chancelière allemande Angela MEKEL afin d'engager une "réorientation du couple franco-allemand

Eté 2017

- Pas de loi de finances rectificative

- Présentation d'un projet de loi d'habilitation pour simplifier le droit du travail et décentraliser la négociation

- Arrêté rétablissant les classes bilangues

- Lancement des états généraux de l'alimentation

- Lancement d'une conférence des territoires

- Lancement des assises de l'Outre-mer

- Mise en place d'une cellule de coordination du renseignement et d'une task force sur le terrorisme islamiste sous l'autorité du président

- Mesures de renforcement de la sécurité intérieure

- M. Emmanuel MACRON effectuera un tour des capitales européennes pour proposer une feuille de route à cinq ans : doter la zone euro d'un vrai budget, Europe à 27 de l'environnement, de l'industrie et de la gestion des migrations

Rentrée 2017

- Mise en place des 12 élèves par classe de CP et CE1 dans les écoles de l'éducation très prioritaire [REP +]

- Décret permettant aux communes qui le souhaiteront de sortir de la réforme des rythmes scolaires

Automne 2017

- Présentation d'un texte de finances publiques quinquennal

- Présentation du projet de loi de finances pour 2018

- Présentation d'un projet de loi sur la mobilité et le logement

- Lancement d'une réforme de l'action et de la fonction publiques

2ème semestre 2017

- Renouvellement ou confirmation des titulaires de postes de responsabilité nommés en Conseil des ministres

- Vote d'une loi organique réduisant d'un tiers le nombre de parlementaires et l'introduction d'une dose de proportionnelle"

D'ici début 2018

- Réforme de l'assurance chômage

- Réforme de la formation professionnelle.

Bulletin Quotidien Parution du livre "MACRON, l'invité surprise", par M. François-Xavier BOURMAUD (L'Archipel)

Bulletin Quotidien - Date de parution : 02/03/2017

Dans cette édition actualisée de sa biographie "Emmanuel MACRON, le banquier qui voulait être roi" (cf. BQ du 10/06/2016), M. François-Xavier BOURMAUD, grand reporter au "Figaro", retrace le parcours d'un candidat atypique, déterminé à chambouler le paysage politique français, qui, sans façon s'est invité dans le peloton de tête des candidats à la présidentielle 2017. Le pari, qui semblait risqué, semble maintenant à sa portée.

Correspondance économique M. Emmanuel MACRON précise ses propositions économiques et fiscales

Correspondance économique - Date de parution : 02/02/2017

Le candidat à l'élection présidentielle Emmanuel MACRON a détaillé hier sur France Inter une série de propositions économiques et fiscales, afin de "tordre l'idée" (sic) qu'il n'aurait "pas de programme".

Le président d'En Marche ! a notamment annoncé qu'il souhaitait procéder à une "transformation du RSA" (Revenu de solidarité active) pour "accompagner le retour à l'activité" entre 0,5 et 1,3 SMIC. "Aujourd'hui, le lissage n'est pas bon, ce qui fait que quand vous rentrez dans le travail avec un SMIC à temps partiel ou un SMIC et que vous étiez au RSA, vous n'avez pas la prime d'activité, vous n'êtes pas incité forcément à travailler", car "le gain marginal que vous allez faire par votre travail est trop réduit", a-t-il expliqué. "Ça, on va l'augmenter, ce qui équivaut à environ 100 euros par mois pour quelqu'un qui est au SMIC", a-t-il précisé. "C'est une mesure de pouvoir d'achat pour celui qui travaille", a insisté M. MACRON.

M. MACRON a également rappelé qu'il souhaitait transformer le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en "allègement de charges durable" pour maintenir la compétitivité des entreprises et l'étendre aux "petites entreprises, indépendants et entreprises de l'économie sociale et solidaire". Il a également rappelé qu'il souhaitait "supprimer la totalité des charges au niveau du SMIC", mesure qui avait été prévue dans le cadre du Pacte de responsabilité en 2014, et qui a "un effet prouvé sur l'emploi". M. MACRON a aussi rappelé sa proposition de supprimer totalement les cotisations maladie salariales et les cotisations chômage salariales, soit 3,1 points de charges, sans distinction de niveau de salaire, et de les renvoyer sur la CSG (+1,7 point), "ce qui est un gain de pouvoir d'achat pour tous les travailleurs, quel que soit leur statut (fonctionnaires, indépendants, salariés)", a-t-il souligné. "Le financement de notre protection sociale ne peut plus se faire sur le travail" a-t-il répété, assurant vouloir le "socialiser" en le transférant vers l'impôt. "C'est une des conditions de la croissance", a-t-il assuré, estimant que la France pouvait retrouver "2 % de croissance" de manière durable, notamment en relançant au niveau européen une vraie politique de croissance.

Assurant qu'il détaillerait plus largement son programme en matière fiscale "dans une dizaine de jours", l'ancien ministre de l'Economie a également annoncé son intention de "réformer en profondeur" l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en supprimant "la part qui finance l'économie réelle", c'est-à-dire la détention d'entreprise ou d'actions, pour en faire un "impôt sur la rente immobilière". Il a toutefois précisé qu'il maintiendrait "l'abattement sur la résidence principale" mais aussi l'exonération pour les euvres d'art. Il a estimé que cette mesure permettrait "en deux ou trois ans" de faire revenir des capitaux qui ont quitté la France depuis 2010 (la fin du "bouclier fiscal").

Interrogé sur les 35 heures, M. MACRON a assuré qu'il ne proposait "pas des contrats différenciés par l'âge" et qu'il souhaitait conserver la durée légale du travail à 35 heures, en renvoyant "à l'accord de branche et à l'accord d'entreprise la possibilité de négocier d'autres équilibres". "La contrainte posée par les 35 heures hebdomadaires n'est pas la même entre une petite entreprise et un grand groupe industriel", a-t-il notamment fait valoir.

"Il faut aussi s'adapter aux individus. On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? En revanche, quand on est jeune, 35 heures, ce n'est pas long", avait-il expliqué en novembre (cf. CE du 10/11/2016).

M. MACRON veut dépasser la "défiance mutuelle" qui mine le couple franco-allemand

M. MACRON a également indiqué hier vouloir dépasser "la défiance mutuelle" qui demeure dans le couple franco-allemand, sans "renverser la table" mais en restaurant la "crédibilité" de la France.

Evoquant une "histoire de défiance progressive" dans le couple franco-allemand, le candidat d'En Marche ! a qualifié la stratégie de confrontation portée par certains de ses concurrents de "maladie infantile de la France". "On dit toujours (...) : "Je vais renverser la table avec les Allemands", de gauche et de droite, c'est ecuménique, ça fait partie de l'imaginaire de la gauche et de la droite aujourd'hui en France qu'on va taper sur l'Allemagne", a-t-il dit. "Mais on n'avance pas en Europe si on est contre les Allemands". Au contraire, en leur promettant de faire des "réformes" sur le marché du travail, l'éducation, la formation, et de rester dans le respect des 3 % de déficit public, l'ancien ministre de l'Economie a estimé qu'il créerait "le préalable à la crédibilité". Alors, a-t-il exposé, je pourrai demander à Berlin de "considérer avec moi que la politique économique dans laquelle nous nous inscrivons depuis des années est une mauvaise politique économique parce qu'elle repose sur une défiance mutuelle : les Allemands considèrent que nous ne faisons pas les réformes, nous considérons qu'ils ne font pas les investissements". "Le jeu de la défiance dans lequel nous nous sommes inscrits est un jeu qu'il faut à un moment rompre en prenant ses responsabilités", a plaidé M. MACRON. "Celui qui doit commencer, c'est le camp français parce que c'est lui qui a d'abord trahi cette confiance", a-t-il estimé.

En déplacement à Berlin le 10 janvier dernier, M. MACRON avait plaidé pour un "Schengen renforcé" et proposé la création de 5000 postes de policiers aux frontières de l'Europe, intégrés à Frontex. Il avait également développé ses mesures pour "construire une Europe de souveraineté", en insistant sur le moteur franco-allemand. En matière de défense et sécurité, il avait plaidé pour un "renforcement de la coopération en matière de renseignement", la création d'un "Quartier Général européen permanent, chargé d'assurer une planification et un suivi des opérations, en lien étroit avec les centres de commandement nationaux et l'OTAN". L'ancien ministre a aussi proposé d'"instituer un Conseil de sécurité européen rassemblant des militaires, diplomates, experts du renseignement afin de conseiller les décideurs européens, notamment en cas de menaces ou d'attaques".

Une identité politique "venant de la gauche" mais "dans le dépassement"

"J'ai mon identité politique, elle vient de la gauche mais elle est dans le dépassement", a également déclaré l'ancien ministre de l'Economie. "Je ne crois pas à l'égalitarisme, je crois à la gauche de l'égalité des chances. Je ne crois pas au repli sur sa propre identité", a-t-il noté. "Je ne nie pas le clivage droite-gauche. Mais je pense qu'il faut le dépasser pour répondre à de nouveaux défis", a estimé M. MACRON, avant de marquer ses différences avec M. Benoît HAMON, vainqueur de la primaire organisée par le PS, pour qui il assure avoir "de l'amitié et du respect" mais qui selon lui ne "reflète pas ce qu'est le progressisme" mais représente plutôt "une gauche très interventionniste". "Il est sur une ligne (...) très à gauche que je respecte, qui n'est pas le barycentre du Parti socialiste. Il veut discuter avec le Parti communiste et les Verts, il veut recréer la gauche plurielle. Moi je pense que ça ne permet plus aujourd'hui de répondre aux défis du pays", a analysé M. MACRON. "Mon offre consiste plutôt à rassembler la social-démocratie, l'écologie réaliste, le gaullisme social, la droite orléaniste et le centre-droit européen", a détaillé l'ancien ministre.

L'ancien ministre est également revenu sur les 577 investitures que son mouvement compte accorder pour les élections législatives de juin. "La moitié au moins seront des nouveaux candidats, qui viennent de la société civile, qui viennent de la vie active", a-t-il assuré, rappelant les cinq critères de sélection annoncés la semaine dernière : renouvellement, pluralisme politique, parité, absence de casier judiciaire et engagement à voter les grands axes du programme. Le secrétaire général d'En Marche ! Richard FERRAND avait indiqué en début de semaine que plusieurs milliers de personnes avaient pour l'heure fait acte de candidature, dont seulement 15 % de femmes. M. MACRON a donc lancé récemment sur Facebook un appel à "toutes celles qui pensent que la politique n'est pas faite pour elles" afin de parvenir à l'objectif de parité réelle qu'il s'est assigné.

En attendant, M. <MACRON> continue d'engranger les soutiens : il a confirmé hier que Mme Anne-Marie IDRAC, ancienne secrétaire d'Etat aux Transports dans les 1er et 2ème gouvernements de M. Alain JUPPE de 1995 à 1997, puis ancienne secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur dans le 2ème gouvernement de M. François FILLON de 2008 à 2010, ancienne députée (UDF) des Yvelines (1997-2002) et ancienne conseillère régionale (UDF) d'Ile-de-France (1998-2002), avait rejoint son mouvement, relativisant en revanche le poids d'autres soutiens dans sa campagne, comme MM. Alain MINC ou Jacques ATTALI. "Je sollicite l'adhésion de plus de 50 % des Français. Qu'il y en ait de plus ou moins vocaux qui décident à un moment de changer d'avis et de me soutenir, très bien. Pour autant ils n'infléchissent pas ma ligne, (...) ils ne seront pas celles et ceux avec qui je gouvernerai", a-t-il assuré.

Selon BFMTV, les pourparlers engagés entre l'équipe de M. MACRON et M. Jérôme GRAND d'ESNON, avocat associé au cabinet Carbonnier Lamaze Rasle et Associés, seraient également sur le point d'aboutir. Rappelons que M. GRAND d'ESNON, qui était le directeur de campagne de M. Bruno LE MAIRE pour la primaire de la droite et du centre, fut notamment chargé de mission au cabinet de M. Jacques CHIRAC à la Mairie de Paris (1991-1995) avant d'être secrétaire général de l'Association de financement pour l'élection de M. Jacques CHIRAC et coresponsable de la cellule "campagne officielle et problèmes juridiques" pour la campagne présidentielle de 1995. Directeur des affaires juridiques de la Ville de Paris (1996-2001), il fut conseiller technique, chargé des questions juridiques, à la présidence de la République de septembre 2001 à février 2002, avant d'être mandataire national, conseiller juridique dans l'équipe de campagne de M. CHIRAC pour les élections présidentielles de 2002. A nouveau conseiller technique chargé des questions juridiques à la présidence de la République de mai à décembre 2002, il fut alors nommé agent judiciaire du Trésor, directeur des affaires juridiques au ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (jusqu'en 2007).

Bulletin Quotidien M. Emmanuel MACRON précise ses propositions

Bulletin Quotidien - Date de parution : 12/12/2016

A moins de cinq mois de l'élection présidentielle, l'ancien ministre de l'Economie Emmanuel MACRON a effectué samedi une démonstration de force devant quelque "15 000 personnes" et levé le voile sur un pan économique et social de son programme.

Lui qui a longtemps entretenu un faux suspense autour de son ambition élyséenne est cette fois entré de plain-pied dans la campagne, plongé dans la ferveur d'une foule nombreuse et acquise, pour ce premier grand meeting parisien tenu Porte de Versailles. "C'est un rêve fou qui est en train de se réaliser", a ainsi clamé M. MACRON, galvanisé derrière son pupitre, sous les yeux de plusieurs dizaines d'élus dont le sénateur du Rhône et maire (PS) de Lyon Gérard COLLOMB, qui coordonne la recherche des parrainages, l'ancien président (PS) du Conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul HUCHON, éminent "rocardien", mais aussi des avocats proches de M. François HOLLANDE, Mes Jean-Pierre MIGNARD et Dominique VILLEMOT. L'ancien ministre de l'Economie a témoigné de la vigueur de son mouvement, qui revendique "15-20 000 personnes actives" sur le terrain, selon son entourage. De même source, "3,7 millions d'euros" ont aussi été récoltés auprès de "12 000 donateurs", avec l'objectif d'atteindre "8-9 millions d'euros" et d'en emprunter autant pour financer la campagne électorale.

La ministre de l'Environnement Ségolène ROYAL, selon laquelle M. MACRON "amène de l'air à la vie politique", n'exclut pas de le soutenir lors de la prochaine élection présidentielle. "Il fait un effort sur comment penser l'avenir de la France dans un monde qui bouge", a-t-elle déclaré hier soir sur la chaîne C8. "Je m'impliquerai forcément dans la campagne (...), de quelle façon et (pour) qui, je ne sais pas encore", a dit l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007. "Rien n'est fermé", a-t-elle ajouté. Interrogée sur la candidature de l'ancien Premier ministre Manuel VALLS, Mme ROYAL a rappelé qu'elle avait eu des "divergences très fortes (avec lui) sur la vision du futur et notamment sur la place des choix environnementaux".

Trois semaines après son annonce de candidature, M. MACRON a donné un peu plus corps à son programme. "Notre projet, c'est de faire entrer la France dans le XXIe siècle, de faire gagner notre pays, de le faire réussir dans un monde qui se transforme", a lancé l'ancien ministre qui a pris un "engagement clair : l'engagement qu'il n'y aura pas de laissés pour compte". Critiqué par ses rivaux pour son manque de propositions à ce stade, M. MACRON a assuré défendre un "projet cohérent", qui "repose sur une vision d'ensemble". Ce projet, a-t-il ajouté, "n'est pas une série de mesures qu'on égrène, c'est un projet qui se tient, c'est notre révolution démocratique que nous porterons jusqu'au bout", a-t-il assuré. Entre deux salves d'applaudissements et durant plus d'une heure quarante, l'ancien ministre a déroulé ses mesures, organisées autour d'une idée-force : "libérer" et "protéger", pour "réconcilier notre pays avec le goût du risque".

"Je veux ce soir vous parler des premières batailles, celles contre le chômage, tout ce qui assigne à résidence une partie de nos concitoyens, la bataille économique et sociale, c'est la première bataille", a déclaré M. MACRON en guise d'introduction, ajoutant que "d'autres propositions viendront jusqu'à la fin février sur l'éducation, l'Europe, l'environnement, la culture, la défense, la sécurité, l'agriculture".

S'affichant en "candidat du travail", il a promis un maintien de la durée légale à 35 heures. Dans le cadre de "règles simples et lisibles" qui définissent "un ordre public social" devant être "le même partout et pour tous", M. MACRON a estimé que la durée légale du temps de travail devait rester à 35 heures. "Ce n'est pas la peine, alors que je suis en train de vous dire que la réalité n'est pas la même partout dans le pays, d'aller expliquer (…) qu'il faudrait passer de 35 à 39h", a développé l'ancien ministre de l'Economie et des Finances.

Réduire le coût du travail pour les entreprises et augmenter les salaires nets

Il a également affirmé vouloir continuer à "réduire le coût du travail pour les entreprises". "Si les coûts, quels qu'ils soient, sont trop élevés, alors les marges sont basses, et alors la capacité à investir et à embaucher n'est plus au rendez-vous", a-t-il dit. Si M. MACRON compte maintenir "les allègements de cotisation déjà décidés ces dernières années", il souhaite toutefois transformer "le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en allègement de charge pérenne à hauteur de 6 points, pour toutes nos entreprises, quelles qu'elles soient, quel que soit le secteur".

Il a renouvelé sa proposition de supprimer les cotisations maladie et chômage payées par les salariés, transférées sur une hausse de la CSG, qui se traduirait par une hausse "pour tous" du salaire net (cf. BQ du 09/12/2016). La CSG augmenterait de manière limitée, à 1,7 point", a-t-il précisé. Concrètement, a-t-il expliqué, "un couple de travailleurs qui touche aujourd'hui le SMIC aura, après cette transformation, 500 euros nets par an de pouvoir d'achat en plus". L'ancien conseiller de M. François HOLLANDE a ajouté qu'il protègerait "dans cette décision celles et ceux qui sont au chômage, et 40 % des retraités les plus modestes". A ce titre, M. MACRON a demandé "un effort net à deux catégories : les revenus du capital (...) et la moitié des retraités les plus aisés, pour leurs enfants et petits-enfants". Il a annoncé une présentation plus en détails, dans quelques semaines, de cette refonte.

"Pas un seul soin utile ne sera déremboursé"

Sur l'aspect social, M. MACRON a estimé "dangereux que certains se mettent dans l'idée de dérembourser massivement des soins, des petits soins", prenant ainsi clairement ses distances avec la position du candidat LR François FILLON. "Pendant les cinq ans qui viennent, pas un seul soin utile ne sera déremboursé", a clamé M. MACRON. Il a en outre lancé des pistes pour "refonder le système de formation" en plaidant pour la création "d'un service public de la formation et de l'activité". Il a aussi évoqué une assurance chômage "universelle", y compris pour les démissions, et un "devoir de travailler" quand une offre "décente" était proposée à un chômeur.

Après avoir promis d'aller "plus loin" dans la décentralisation et s'être de nouveau prononcé en faveur d'une autonomie des universités, des établissements scolaires, des hôpitaux, afin de "libérer les territoires", M. MACRON a décrit ses "trois boucliers : un bouclier de sécurité, un bouclier social actif, et un bouclier européen".

"Le premier bouclier, c'est celui de la sécurité : il n'y a pas de liberté qui vaille si chaque jour on a peur", a fait valoir le candidat, ajoutant que "l'autorité de l'Etat doit être intangible et notre autorité inflexible". "Nous savons ce que vivent nos forces de l'ordre partout sur le territoire", a-t-il ajouté, annonçant qu'au-delà des 9000 embauches décidées (durant l'actuel quinquennat), "ce seront 10 000 fonctionnaires de police et de gendarmerie supplémentaires dans les trois premières années" à partir de 2017. Il veut aussi "rendre du temps utile aux policiers, simplifier les procédures : nous réduirons ainsi les contraintes sans réduire en rien les droits et libertés de nos concitoyens", a-t-il promis. M. MACRON a par ailleurs plaidé pour "reconstituer notre renseignement territorial dans les endroits les plus sensibles du pays". Enfin, il a annoncé qu'il rétablirait la "police de proximité" créée par MM. Lionel JOSPIN et Jean-Pierre CHEVENEMENT, "déconstruite" ensuite par M. Nicolas SARKOZY alors que c'était une "bonne idée".

M. MACRON s'est insurgé contre le projet de suppression de 500 000 emplois dans la fonction publique, souhaité par M. FILLON. "Aimer l'Etat, aimer la fonction publique, aimer le service public, ce n'est pas dire : il faut tout supprimer ou il ne faut rien changer et garder en l'état", a-t-il souligné, avant d'ajouter qu'il croyait à une fonction publique "entreprenante".

Il a enfin souligné, que face à la "mondialisation", la "barbarie" et le "repli", "l'Europe est notre meilleure protection, notre meilleur bouclier, notre chance, notre identité, notre rêve commun". "Plus personne ne parle d'Europe", a-t-il déploré, en invoquant notamment la nécessité d'une "politique commerciale" commune pour faire face à la "concurrence déloyale des Chinois et des Indiens".

Dans les semaines à venir et jusqu'à fin janvier, M. MACRON doit poursuivre le "déploiement de son programme", selon son entourage, avec des annonces davantage axées sur le "régalien" (justice, défense...) puis le "sociétal", et un "meeting important mi-janvier en province".

M. MACRON propose de supprimer les départements dans les zones les plus urbanisées

M. MACRON entend également "supprimer" les départements dans les zones les plus urbanisées et structurées par des métropoles, tout en les maintenant dans les zones plus rurales.

"Je souhaite qu'on ait des organisations multiples selon le territoire", a déclaré vendredi l'ancien ministre de l'Economie sur Public Sénat, plaidant pour un modèle où, "dans les départements qui sont les plus urbanisés, (...) les plus structurés par les métropoles, on puisse progressivement supprimer le département". "C'est un gain d'efficacité, ce sont des vraies économies", a-t-il assuré, précisant qu'il souhaitait conserver l'organisation actuelle "dans les départements les plus ruraux", parce que "c'est un acteur qui structure le territoire".

Interrogé sur la question de la fracture géographique entre territoires M. MACRON a préconisé un "plan quinquennal d'infrastructures, raisonnable, que l'on sait financer", focalisé sur des "infrastructures prioritaires" pour résoudre le problème "d'accès au centre d'activités le plus proche, ou pour attirer de l'activité". Concernant la fracture numérique des territoires, notamment dans l'accès au haut débit, le fondateur du mouvement En Marche ! a dit vouloir donner "une date limite à tous les opérateurs de télécoms". "L'Etat se substituera à eux si, dans les deux ans qui suivent mai 2017, ils n'ont pas déployé partout au bon rythme la fibre ou le cellulaire", a-t-il expliqué.

M. MACRON s'est par ailleurs prononcé pour "une vraie autonomie des universités", une "autonomie au niveau de l'école qui soit sur le plan pédagogique beaucoup plus radicale", un accroissement de l'autonomie dans les "formations professionnelles" mais avec un "Etat qui pilote les besoins", et une "autonomie supérieure des fonctionnaires de santé, d'hygiène et de sécurité".

Par ailleurs, le candidat a expliqué qu'il souhaitait faire du chômage un "risque social" piloté "par l'Etat". "J'égalise donc les droits entre les différents Français", a-t-il détaillé, précisant qu'un "entrepreneur qui est à son compte, un commerçant, un artisan qui perd son commerce" aurait des indemnisations après 5 ans d'activité, idem pour un démissionnaire" a-t-il précisé. "S'il ne prend pas un emploi qui correspond à ses formations, à ses capacités, il perd cette indemnisation. S'il n'a plus de formation, je lui assure une formation qui peut être un, deux ou trois ans pour ne pas être dans le chômage de longue durée", a-t-il conclu.

Bulletin Quotidien Parution du livre "Emmanuel Macron : en marche vers l'Elysée" de Nicolas Prissette (Plon)

Bulletin Quotidien - Date de parution : 18/11/2016

M. Emmanuel MACRON est en campagne pour 2017. Inconnu des Français il y a deux ans, ce jeune homme de 38 ans s'apprête à concourir pour la fonction suprême. Du jamais-vu dans la Vème République. Mais qui est-il vraiment ? Que veut-il pour le pays ? Depuis son entrée au coeur du pouvoir avec M. François HOLLANDE jusqu'aux secrets de son mouvement "En Marche !", M. Nicolas PRISSETTE, chroniqueur sur LCI, ancien rédacteur en chef adjoint du "Journal du Dimanche", fait le récit d'une ascension politique hors normes. Son parcours en dehors du PS, ses états d'âme à l'Elysée, sa lente et délicate émancipation du président socialiste, le rôle de sa femme Brigitte, sa stratégie présidentielle face à la droite, au FN et à son ancien patron. Au travers de nombreux entretiens inédits, une enquête approfondie et des reportages au plus près du personnage, l'auteur raconte et décrypte le phénomène.

Bulletin Quotidien M. Emmanuel MACRON annonce sa candidature à l'élection présidentielle pour "changer le système"

Bulletin Quotidien - Date de parution : 17/11/2016

M. Emmanuel MACRON annonce sa candidature à l'élection présidentielle pour "changer le système"

L'ancien ministre Emmanuel MACRON a mis fin hier au vrai-faux suspense qui planait depuis plusieurs semaines en annonçant officiellement sa décision d'être candidat à l'élection présidentielle. Pour se lancer, le fondateur d'En Marche ! avait choisi symboliquement un centre de formation des apprentis à Bobigny en Seine-Saint-Denis.

Dans une déclaration d'une quinzaine de minutes, prononcée sur un ton solennel sous les yeux de son épouse Brigitte, M. MACRON, 38 ans, a souligné "l'opportunité" qu'offrait l'élection présidentielle de 2017 de "changer le système" pour "faire avancer" une France qu'il juge "bloquée par les corporatismes" et les "appareils politiques" de tous bords.

"Nous sommes entrés dans une ère nouvelle : la mondialisation, le numérique, le changement climatique, les inégalités croissantes, les conflits géopolitiques, le terrorisme, la crise démocratique des sociétés occidentales, le doute qui s'installe au ceur de nos sociétés", a souligné M. MACRON en introduction. "Ce sont les symptômes d'un monde en plein bouleversement. Cette grande transformation que nous sommes en train de vivre, nous ne pouvons y répondre avec les mêmes hommes et les mêmes idées", a-t-il estimé.

"J'ai vu de l'intérieur la vacuité de notre système politique, qui ne poursuit plus au fond l'intérêt général mais son propre intérêt (...). J'ai pu mesurer ces derniers mois ce qu'il en coûte de refuser les règles obsolètes et claniques d'un système politique qui est devenu le principal obstacle à la transformation de notre pays (...). Cela ne fait que renforcer ma détermination. Parce que ce système, je le refuse ", a insisté l'ancien ministre, qui a quitté le gouvernement fin août après avoir lancé en avril son mouvement politique. "Si nous voulons avancer, faire réussir notre pays et construire une prospérité nouvelle, il nous faut agir. La solution est en nous" et "ne saurait émerger de compromis bancals", a-t-il lancé, plaidant pour une "révolution démocratique".

"Je crois très profondément que rien n'est jamais écrit et c'est pourquoi je veux porter l'optimisme de la volonté. (...) Ce combat que nous devons livrer pour faire réussir notre pays, il commencera en mai 2017. Pour le mener, la responsabilité du président de la République est immense et j'en ai pleinement conscience. Un président n'est pas simplement investi d'une action. Il porte aussi, de manière moins visible, les valeurs de notre pays, la continuité de son histoire, et de manière cachée, la vigueur et la dignité d'une vie publique. Je sais cela. J'y suis prêt. C'est pourquoi je suis candidat à la présidence de la République, parce que je crois plus que tout que nous pouvons réussir, que la France peut réussir", a ajouté M. MACRON, évoquant "une conviction intime et profonde" et considérant que "toutes ses vies" précédentes l'avaient "conduit à cet instant".

"Je veux faire entrer la France dans le 21ème siècle, que notre pays redresse la tête et retrouve le fil de son histoire millénaire (...). Je ne peux me résoudre à voir une France qui a peur, qui ne regarde que ses souvenirs, une France outrancière qui insulte et qui exclut, une France fatiguée qui stagne et qui gère", a-t-il dit. "Je veux une France libre et fière de ce qu'elle est, de son histoire, de sa culture, de ses paysages, de ses femmes et de ses hommes qui ont traversé tant d'épreuves et qui n'appartiennent à personne", a-t-il ajouté, plaçant sa candidature "sous le signe de l'espérance".

"La France peut réussir. Elle doit d'abord pour cela relancer l'Europe (...), qui est "notre chance dans la mondialisation", a estimé M. MACRON en commençant à ébaucher les grandes lignes de son "projet" pour le pays. "La France doit retrouver confiance en elle (...). Par le travail d'abord. Il n'y a pas de fatalité pour un jeune des quartiers difficiles à ne pas trouver d'emploi. Le travail, c'est ce qui nous construit", a insisté M. MACRON. "Par l'investissement ensuite", pour réussir "la révolution numérique" et "le passage vers une autre économie" et pour "accompagner la transformation climatique et énergétique". Par l'école aussi", a ajouté le candidat, convaincu que "notre pays se redressera par sa jeunesse". "Bâtir notre projet par des nouvelles protections ", a-t-il estimé en évoquant notamment la santé et les retraites, "parce qu'on ne construit rien de solide en laissant des millions de français au bord du chemin". En bref, "je veux libérer l'énergie de ceux qui peuvent et protéger les plus faibles", a-t-il résumé. "Je veux une France qui croit en sa chance, qui risque, qui espère, une France qui n'admet jamais la rente indue (...). Une France entreprenante, où chacun peut vivre de son travail. Et une France qui considère les plus faibles", a encore déclaré M. MACRON.

"L'enjeu n'est pas pour moi de rassembler la gauche, il n'est pas de rassembler la droite, l'enjeu est de rassembler les Français. Ce n'est pas un combat contre quelqu'un, contre un camp, contre une partie de la France. C'est un combat pour nous tous, pour l'intérêt général", a insisté l'ancien ministre, lançant un "appel" à "toutes celles et ceux qui croient en la réconciliation de la liberté et du progrès".

Le livre-programme de l'ancien ministre de l'Economie, intitulé "Révolution", sera publié le 24 novembre et bénéficiera d'un tirage exceptionnel de 200 000 exemplaires, a annoncé hier le magazine spécialisé "Livres Hebdo". Ce livre sera publié par XO, maison dirigée par le gendre de M. Valéry GISCARD d'ESTAING, M. Bernard FIXOT, éditeur notamment de M. Nicolas SARKOZY.

Invité hier soir du journal de France 2, M. MACRON a précisé que sa candidature à l'élection présidentielle était "irrévocable", même si M. François HOLLANDE est lui aussi candidat. "Quand on prend ce type de décision, avec ce qu'elle comporte de gravité (...) c'est une décision qui est mûrement réfléchie, ce n'est en aucun cas une décision qui est provisoire, oui, c'est une décision irrévocable", at-il expliqué assurant que sa démarche n'était "en aucun cas une candidature de ralliement à qui que ce soit". "Si j'avais voulu me rallier, je n'aurais pas fait depuis plusieurs mois les choix qui ont été les miens", notamment le départ du gouvernement fin août, a ajouté M. MACRON. Il a répété qu'il avait des désaccords avec M. HOLLANDE et qu'il le lui avait exprimés quand il a quitté le gouvernement en août. M. MACRON a aussi redit qu'il ne passerait pas par la primaire initiée par le PS. "Je ne vais pas aller dans une primaire dont je ne partage ni le fonctionnement ni l'esprit", s'est-il exclamé. "Je ne parle pas à la gauche, je ne parle pas à la droite, je parle aux Français", a-t-il résumé. "La candidature qui est la mienne n'est pas une candidature socialiste", a aussi répété M. MACRON.

M. MACRON, cible de toutes les critiques à gauche comme à droite

Le plus dur reste maintenant à venir pour M. MACRON, dont le mouvement revendique pour l'heure quelque 100 000 sympathisants. Dans les prochains mois, il devra partir à la chasse aux 500 parrainages d'élus requis pour déposer officiellement sa candidature et intensifier sa recherche de dons, alors qu'il a récolté pour l'heure 2,8 millions d'euros, loin des 9 millions visés, selon son directeur de la communication Sylvain FORT. Même s'il se place en dehors des "jeux d'appareils", l'ancien ministre devra aussi s'appuyer sur une structure performante s'il veut mener à bon port sa candidature.

"Il n'y a pas d'inquiétudes majeures sur les parrainages", a assuré hier M. FORT, évoquant le soutien de "40-50 parlementaires" et de "plus de 200 élus locaux". Cependant, en dépit de quelques ralliements comme les sénateurs Gérard COLLOMB et François PATRIAT, M. MACRON peine à attirer des figures politiques de poids. D'autant que le PS continue de menacer d'exclusion ceux qui choisiront de soutenir M. MACRON quand le candidat du PS sera désigné fin janvier. Les candidats à l'investiture ont jusqu'à demain soir pour se déclarer, les militants devant se prononcer par un vote dans les sections les 8 et 9 décembre avant la convention nationale d'investiture prévue le 17 décembre.

Le nouveau candidat va aussi devoir affronter le feu roulant des critiques, qui n'ont pas tardé à pleuvoir sur celui qui fait désormais figure de cible favorite de la droite comme de la gauche.

Premier à réagir à gauche, le Premier ministre Manuel VALLS, probablement le plus gêné par la candidature de son ancien ministre, qui préempte en partie son image d'électron libre et de rénovateur de la gauche, même s'il feint de ne pas être "affecté". Dans un discours prononcé à l'université de Cergy-Pontoise presqu'en même temps que celui de M. MACRON, le Premier ministre a plaidé pour une "Nation éducative", plaçant l'éducation au ceur de son "projet pour la France". "Pour porter cette responsabilité, il faut -- j'ose le dire devant vous -- une éducation à la conduite du pouvoir, à la responsabilité, un sens de l'Etat. Il faut de l'expérience, une expérience qui a été éprouvée par le temps", a-t-il lancé dans une allusion transparente à l'ancien locataire de Bercy. "Il faut de la force et non pas de la légèreté", a-t-il ajouté. "L'exercice du pouvoir" implique d'"avoir le sens de l'intérêt général, le sens du collectif", de "refuser les aventures individuelles", a insisté M. VALLS toujours en direction de M. MACRON.

"Je veux donner aux Français un cadre bienveillant et une dynamique d'espoir", a-t-il dit avant de détailler le concept de "Nation éducative" qu'il appelle de ses veux. "Il n'y a pas de projet politique viable qui ne soit pas basé sur l'Education". "Il faut désormais aller plus loin", "dans les années à venir", a-t-il estimé. "Le prochain quinquennat devra être celui de vraies augmentations de salaires, pour tous les enseignants" et de la généralisation des expérimentations en matière de "mixité sociale" dans les collèges, a-t-il plaidé, dans un nouveau gage à la gauche après d'autres récentes inflexions de son discours. Le Premier ministre a aussi expliqué qu'il faudrait à l'avenir "investir tous les ans, pendant plusieurs années, au moins un milliard d'euros dans notre université".

"Il ne faut pas dévier, tracer le sillon sur le fond, être extrêmement serein et très déterminé. (...) Il faut s'adresser aux gens, au ceur et à la raison, et pas dans des emballements contre le système. Ne pas se laisser entraîner vers le bas. Le discours anti-élites, il est facile, surtout quand on en vient !", a-t-il poursuivi un peu plus tard devant quelques journalistes. Plus tard, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, M. VALLS a de nouveau fait référence à son "projet", se disant "fier de défendre un bilan, mais surtout de proposer". "Nous avons besoin de redonner un projet et du sens aux Français, moi j'y suis prêt", a-t-il lancé.

Sur France 3, le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Jean-Marie LE GUEN a poursuivi l'offensive contre M. MACRON, louant à l'inverse M. VALLS comme "l'un des rares hommes d'Etat que connaît la politique française" et qui, "lui, a des propositions". "En général, ceux qui se présentent seuls, ça se termine mal (...) Les aventures solitaires ne sont pas les plus glorieuses", a-t-il mis en garde.

Proche de M. VALLS, le sénateur (PS) du Val-de-Marne Luc CARVOUNAS a moqué la décision de M. MACRON de se déclarer à Bobigny. "Dès qu'on doit faire une annonce, on va en banlieue pour le symbole (...) ce sont de vieux clichés tout ça ! Il ne suffit pas d'aller en banlieue pour parler dans un centre d'apprentissage (pour) faire croire qu'on s'intéresse aux jeunes", a-t-il lancé, en souhaitant par ailleurs que le président de la République "dise très vite" s'il est candidat ou non à sa propre succession. "On ne va pas attendre le 15 décembre (date limite de dépôt des candidatures à la primaire de la gauche, NDLR), nous qui sommes des Républicains laïcards, la fumée blanche, pour avoir encore moins de temps pour une campagne qui va être extrêmement compliquée", a-t-il déclaré, laissant clairement entendre que le Premier ministre était dans les starting-blocks en cas de défection du chef de l'Etat.

En déplacement à Marrakech, M. François HOLLANDE s'est refusé à commenter la déclaration de candidature de son ancien ministre. "Non, je ne vais pas parler maintenant de politique intérieure française ici, au moment même où je m'exprime sur la planète et sur l'accord de Paris sur le climat", a déclaré le chef de l'Etat. "Il y a des moments, il y a des endroits où je peux le faire (...) Et puis il y a des situations et des sujets qui exigent que je sois ici pleinement président de la République, sans avoir à donner mes sentiments personnels", a-t-il ajouté. La veille, le chef de l'Etat avait appelé à la "cohésion" et au "rassemblement" de la gauche dans la perspective de 2017 (cf. BQ du 16/11/2016).

"C'est le candidat des médias. Il reste à démontrer qu'il a des propositions pour transformer le pays", a estimé pour sa part l'ancien ministre Arnaud MONTEBOURG, candidat à la primaire organisée par le PS, en regrettant le manque d'intérêt de la "presse nationale" pour ses propositions qui pourtant "provoquent l'engouement populaire sur le terrain". M. MONTEBOURG a par ailleurs plaidé en faveur du rassemblement de la gauche, "seule clé de la réussite de la gauche en 2017". "Il s'agit de tourner la page du quinquennat et d'ouvrir un chemin stratégique de l'unité des gauches, avec les autres gauches, y compris Jean-Luc MELENCHON, le Parti communiste, les Verts", a-t-il dit, espérant "battre" à la primaire "le candidat de la gauche de gouvernement, de la gauche officielle", que ce soit M. HOLLANDE ou M. VALLS. "Manuel VALLS, je l'ai déjà battu, il était à 5 % aux dernières primaires, j'étais à 10,5. Je pense que nous pouvons nous revoir sans aucune difficulté", a-t-il lancé.

Autre candidat à la primaire de la gauche, l'ancien ministre Benoît HAMON a estimé que M. MACRON portait maintenant "une responsabilité historique : le fait qu'il ait choisi d'être candidat hors des primaires nous assure de manière à peu près certaine qu'il n'y aura pas de candidat de gauche au second tour des élections présidentielles". "C'est très embêtant", a reconnu le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe CAMBADELIS, redoutant lui aussi une élimination de la gauche dès le premier tour si elle part fragmentée à la présidentielle.

"Emmanuel MACRON pour les quartiers populaires, c'est une fausse solution", a dénoncé pour sa part M. Stéphane TROUSSEL, président (PS) du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, qui en a appelé à l'ancienne Garde des Sceaux Christiane TAUBIRA, en mesure selon lui de "rassembler largement la gauche en s'engageant dans les primaires".

A droite, les critiques n'ont pas manqué non plus. La candidature de M. MACRON, "c'est d'abord un problème pour la gauche", a fait mine de croire M. Alain JUPPE, favori de la primaire de la droite et du centre dont le premier tour aura lieu dimanche. "Pour moi, M. MACRON est le coauteur de la désastreuse politique économique conduite depuis 2012. Il essaie aujourd'hui sans doute de se refaire une virginité", a développé le maire (LR) de Bordeaux. "Il a vite appris la politique politicienne : d'abord la trahison vis-à-vis de François HOLLANDE qu'il a poignardé dans le dos, maintenant ce jeu qui ne m'intéresse pas", a ajouté M. JUPPE. "Ma conviction c'est que les Français ne confieront pas leur destin à quelqu'un qui n'a aucune expérience, et surtout qui n'a rien démontré pour le moment", a déclaré pour sa part l'ancien Premier ministre François FILLON, également candidat à la primaire de la droite, selon lequel l'annonce de la candidature de M. MACRON marque "la fin du quinquennat de François HOLLANDE".

"M. MACRON est le candidat des banques", a estimé la présidente du FN Marine LE PEN en assurant que cette candidature ne lui posait "aucun problème". "Je me demande quel est l'intérêt de cette candidature, parce qu'il va venir s'ajouter à un créneau ultralibéral, européiste, qui est déjà complètement saturé dans cette élection présidentielle", a ajouté M. Florian PHILIPPOT, vice-président du FN, pour qui "tout ce que porte un Macron, ou un Juppé ou un Sarkozy ou un Valls ou d'autres, sont des idées qui ont pris un sacré coup de vieux avec ce qui se passe dans le monde à l'heure actuelle, quand on voit le Brexit (...), quand on voit l'élection de Trump".

Un bon élève qui n'est jamais passé par le suffrage universel

Sa candidature se veut "anti-système", et pourtant M. MACRON a emprunté la voie royale des élites, accumulant les diplômes (notamment celui de l'ENA) avant un parcours traditionnel à l'Inspection générale des finances puis un passage éclair à la banque Rothschild pour arriver directement au ceur du pouvoir. Pour beaucoup, les intentions profondes de cet homme de dossiers projeté sur le devant de la scène grâce à un alliage de charisme, de cordialité et de spontanéité, restent un peu énigmatiques. Plus généralement, c'est aussi sur l'efficacité du créneau occupé par M. MACRON que plane un doute. "Il a tort sur son positionnement ni gauche ni droite", estime notamment M. Thierry MANDON, secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. "C'est l'inverse qui se passe aujourd'hui dans le monde. Il y a une radicalisation à droite et à gauche, et entre les deux, il n'y a pas de salut".

"Je pense qu'il a pris goût à la politique", glisse en privé M. François HOLLANDE. "Après, comme il n'a pas d'expérience, il a cru qu'on pouvait surgir et bousculer toutes les règles. MACRON, c'est la nouveauté. Mais on voit bien que ça ne suffit pas" pour se faire élire, veut croire le chef de l'Etat, qui doit annoncer d'ici un mois sa décision de briguer ou non un second mandat.

De fait, on peut se demander si M. MACRON, qui a jusqu'ici évité le suffrage universel (accéder aux plus hautes fonctions par l'élection est "un cursus d'un ancien temps", avait-il déclaré en septembre 2015), sera ce grand rassembleur tant attendu, capable de soulever des millions d'électeurs sur son nom. Ne maîtrisant pas tous les codes, M. MACRON a parfois trébuché quand il était ministre de l'Economie, notamment quand il a évoqué les ouvrières "illettrées" de l'abattoir Gad en 2014 ou lorsqu'il avait lancé à des opposants au projet de loi Travail que "la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", s'attirant les foudres de syndicats et d'une grande partie de la gauche. Il devra aussi défendre le bilan de ses deux ans au gouvernement, qui se résume surtout à la loi de 2015 "pour l'activité, la croissance et l'égalité des chances économiques", un texte fourre-tout allant de l'extension du travail du dimanche à la libéralisation du transport en autocars, adopté au prix d'un triple recours au 49.3. Son deuxième projet de loi, sur les "nouvelles opportunités économiques", a finalement été refondu dans d'autres textes portés par ses collègues, lui laissant un goût amer. Et la conviction qu'il ne serait jamais mieux servi que par lui-même pour porter ses idées.

Né en décembre 1977, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, titulaire d'un diplôme d'études approfondies (DEA) de philosophie politique, M. Emmanuel MACRON fut assistant du philosophe Paul RICOEUR (1999-2000). Nommé inspecteur adjoint des finances en 2004 à sa sortie de l'ENA (promotion "Léopold Sédar Senghor"), il fut promu inspecteur des finances en 2005. Chargé de mission auprès du chef du service de l'Inspection générale des finances (2005-2008), il fut parallèlement secrétaire de l'Association des membres et anciens membres de l'Inspection générale des finances (2007-2008). Il fut par ailleurs rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par M. Jacques ATTALI (2007-2010), puis membre de cette commission (mars-octobre 2010). Directeur (2008-2009), puis gérant au sein de Rothschild et Cie Banque (2009-2010), il fut associé-gérant de Rothschild et Cie Banque de décembre 2010 à mai 2012. A cette date, M. MACRON devint secrétaire général adjoint de la présidence de la République, jusqu'en août 2014, date à laquelle il fut nommé ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement de M. Manuel VALLS. En avril 2016, M. MACRON fonda son propre mouvement politique, baptisé "En Marche !", avant de quitter le gouvernement de M. VALLS le 30 août.

Correspondance économique M. Emmanuel MACRON commence à dévoiler ses propositions en vue des élections présidentielles 2017

Correspondance économique - Date de parution : 10/11/2016

L'ancien ministre de l'Economie Emmanuel MACRON, dont la candidature à l'élection présidentielle ne fait pratiquement plus de doute, dévoile enfin une partie de son programme en développant aujourd'hui dans "L'Obs" plusieurs de ses propositions en matière économique et sociale et sur le thème de l'éducation.

Partant du constat que le modèle social actuel, "pensé pour l'économie d'autrefois, a construit une société aux régulations statutaires injustes et inefficaces" et "créé des inégalités profondes en favorisant surtout les insiders", M. MACRON se donne pour principale ambition d'y remédier en faisant en sorte que l'extension des "droits formels" atteigne le plus grand nombre. "Toutes les réformes que j'ai portées en tant que ministre de l'Economie allaient dans cette direction : ouvrir le système à ceux qui en sont exclus, créer du mouvement, donner de l'agilité", affirme-t-il. "Mais on ne changera pas ce qui existe en se contentant de bouger tel ou tel paramètre. C'est notre modèle entier qu'il faut revoir", assure l'ancien ministre, qui entend s'attaquer tout d'abord au droit du travail trop "rigide" car "essentiellement défini par la loi", "avec des règles qui sont les mêmes pour tous les secteurs et tous les acteurs de notre économie". "Il faut un droit du travail qui repose beaucoup plus sur le dialogue social", affirme-t-il en prenant pour exemple le compte pénibilité, une "très belle idée" mais difficilement applicable car "c'est impossible de traiter la diversité des situations concrètes dans un texte unique". "La mise en euvre efficace ne peut relever que d'un dialogue social au niveau de la branche", assure-t-il. Dans son esprit, "la loi doit définir un socle" (le temps de travail, le salaire minimum...) mais la mise en euvre des mesures "qui ne relèvent pas de l'ordre public social devraient être renvoyés à des accords majoritaires entre employeurs et salariés au niveau de la branche", voire de "l'entreprise".

Reprenant des propositions déjà faites au Mans et à Montpellier, M. MACRON réaffirme son souhait de voir l'Etat gérer lui-même l'Unedic, car "il n'y a rien de pire qu'un système où celui qui décide n'est pas celui qui paie". Il s'agit de "rentrer dans une logique beaucoup plus transparente, qui ne sera plus pensée en fonction de la durée et du montant des cotisations, mais qui protégera des aléas de la vie professionnelle ceux qui aujourd'hui ne sont pas couverts", en particulier "ceux qui sont au régime de la microentreprise ou les indépendants", explique-t-il. Il veut également "réfléchir" à permettre aux salariés démissionnaires de percevoir des allocations chômage.

"Plus de flexibilité, plus de souplesse" sur les 35 heures

Interrogé sur sa volonté de remettre en cause les 35 heures, M. MACRON juge ce débat "surréaliste" et se prononce pour "plus de souplesse, plus de flexibilité". "Il faut conserver une durée légale, un socle, mais laisser ensuite aux branches le soin de la moduler s'il y a des accords majoritaires", affirme l'ancien ministre. "Il faut aussi s'adapter aux individus. On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? En revanche, quand on est jeune, 35 heures, ce n'est pas long", explique l'ancien banquier d'affaires. M. MACRON souhaite également davantage de flexibilité s'agissant des retraites. "Certains veulent la prendre à 60 ans, d'autres à 65, d'autres encore à 67. Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations", explique-t-il.

M. MACRON met aussi sur la table plusieurs propositions dans le domaine scolaire. Affirmant que "la priorité, c'est l'école primaire", il entend donner "beaucoup plus de moyens et beaucoup plus d'autonomie" aux écoles en difficulté et faire en sorte que les professeurs y soient "beaucoup mieux payés" et "reconnus". Il veut aussi "faire évoluer" la carte scolaire (sans la remettre en cause), "renforcer la médecine scolaire", améliorer l'orientation au lycée et introduire de la sélection à l'université "au niveau du master". En revanche, il "ne voit pas l'intérêt de remettre en cause le collège unique", taclant au passage la ministre de l'Education nationale Najat VALLAUD-BELKACEM.

Bulletin Quotidien Le bilan législatif de M. Emmanuel MACRON au ministère de l'Economie

Bulletin Quotidien - Date de parution : 31/08/2016

"Jugez-moi sur les actes. Il n'y a que ça qui compte", déclarait M. Emmanuel MACRON, lors de sa nomination au ministère de l'Economie.

Deux ans et quatre jours plus tard, le bilan de M. MACRON tient surtout dans la loi du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économique, texte unique mais vaste, très vaste. Inspiré des travaux de la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par M. Jacques ATTALI et dont il fut rapporteur général adjoint (2007-2010), ce texte a été annoncé très peu de temps après l'arrivée à Bercy de M. MACRON -- dès le mois d'octobre 2014 -- déclenchant immédiatement de fortes réticences, avant même sa présentation en conseil des ministres (cf. BQ du 10/12/2014). Le texte a notamment accentué les divisions au sein du Parti socialiste, renforçant le mouvement des "frondeurs" né quelques mois plus tôt à l'Assemblée nationale lors de l'examen du Programme de stabilité (cf. BQ du 30/04/2014). Au terme de huit mois de débats parlementaires tournant au bras de fer politique, le texte a été adopté après que le gouvernement a eu recours à trois reprises à l'article 49-3 de la Constitution : en première lecture (la motion de censure a alors recueilli 234 voix, soit 55 voix de moins que nécessaire pour être adoptée), en nouvelle lecture (198 députés ont soutenu la motion de censure) et en lecture définitive (en l'absence de dépôt d'une troisième motion de censure).

Parmi les effets les plus visibles de ce texte fleuve devenu le symbole du tournant libéral du quinquennat de M. François HOLLANDE, figurent la libéralisation du transport par autocars qui a permis de créer 1 500 emplois et généré 21,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon l'Arafer ; l'extension du travail dominical qui a connu des débuts chaotiques et dont la nécessité d'un accord syndical limite toujours l'application ; la réforme de la carte des notaires qui devrait entraîner, selon l'Autorité de la concurrence, l'installation de 1 650 notaires libéraux d'ici 2018 ; la réforme du permis de conduire qui doit se traduire par l'ouverture de 2 000 centres d'examen et une baisse de coût pour les usagers. Au-delà de ces quelques chiffres, l'impact de la loi est cependant difficile à évaluer. L'OCDE l'avait chiffré à 0,3 point de PIB supplémentaire sur cinq ans.

L'éphémère projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques (Noé), aussi appelé "<Macron> 2", n'a finalement pas été présenté ; une partie des mesures étant intégrée au projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dit "Sapin 2" (cf. BQ des 10/11/2015 et 21/01/2016). En outre, l'ancien ministre a co-signé avec la secrétaire d'Etat chargée du Numérique Axelle LEMAIRE le projet de loi pour une République numérique, c'est surtout celle-ci qui a défendu le texte à l'Assemblée nationale comme au Sénat, qui doit d'ailleurs se prononcer le 27 septembre sur la version établie en commission mixte paritaire. De même, la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, initialement intitulée projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs, a été présentée en Conseil des ministres par M. <MACRON> et la ministre du Travail Myriam EL KHOMRI dont le nom reste désormais attaché au texte pour le vote duquel le gouvernent a également eu recours au 49-3.

Au-delà, M. <MACRON a porté douze textes ratifiant diverses ordonnances qui doivent être adoptés par le Parlement. Il s'agit des projets de loi :

- ratifiant l'ordonnance du 31 mars 2016 relative aux sociétés constituées pour l'exercice en commun de plusieurs professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé (cf. BQ du 23/08/2016) ;

- ratifiant l'ordonnance du 7 avril 2016 relative à l'économie sociale et solidaire dans le Département de Mayotte (cf. BQ du 19/07/2016) ;

- ratifiant l'ordonnance du 29 janvier 2016 relative aux gares routières et à la recodification des dispositions du Code des transports relatives à l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières et rectifiant le Code des transport (cf. BQ du 22/06/2016) ;

- ratifiant les ordonnances du 14 mars 2016 relative à la partie législative du Code de la consommation et du 25 mars 2016 sur les contrats de crédit aux consommateurs relatifs aux biens immobiliers à usage d'habitation et simplifiant le dispositif de mise en euvre des obligations en matière de conformité et de sécurité des produits et services (cf. BQ du 08/06/2016) ;

- ratifiant l'ordonnance du 29 janvier 2016 relative aux contrats de concession (cf. BQ du 18/05/2016) ;

- ratifiant l'ordonnance du 26 novembre 2015 relative aux réseaux des chambres de commerce et d'industrie et des chambres de métiers et de l'artisanat (cf. BQ du 17/02/2016) ;

- ratifiant l'ordonnance du 23 juillet 2015 relative aux obligations comptables des commerçants (cf. BQ du 02/12/2015) ;

- ratifiant l'ordonnance du 20 août 2015 relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation (cf. BQ du 28/10/2015) ;

- projet de loi ratifiant l'ordonnance du 23 juillet 2015 relative aux marchés publics (cf. BQ du 21/10/2015) ;

- ratifiant l'ordonnance du 22 décembre 2014 portant fusion de l'Agence française pour les investissements internationaux et d'Ubifrance, Agence française pour le développement international des entreprises (cf. BQ du 15/04/2015) ;

- ratifiant l'ordonnance du 17 juillet 2014 relative à la procédure intégrée pour l'immobilier d'entreprise (cf. BQ du 20/11/2014) ;

- ratifiant les ordonnances du 30 mai 2014 relative au financement participatif et du 20 août 2014 relative au taux de l'intérêt légal (cf. BQ du 15/10/2014).

Correspondance économique Le ministre de l’Economie Emmanuel MACRON démissionne avec l'ambition de " transformer la France dès l’année prochaine"

Correspondance économique - Date de parution : 31/08/2016

Cinq mois après avoir lancé son mouvement « En marche » et entretenu le doute sur ses ambitions politiques, et notamment présidentielles, à coups de déclarations iconoclastes, M. Emmanuel MACRON a sauté le pas, en démissionnant hier du gouvernement de M. Manuel VALLS. Là encore, le suspens a duré toute une partie de la journée : d’abord annoncé comme imminent, le départ du ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique a été officialisé en milieu de journée à son cabinet et aux directeurs de Bercy par M. MACRON qui s’est rendu en début d’après-midi en navette fluviale à l’Elysée pour présenter sa démission au président de la République François HOLLANDE. Après plusieurs heures de silence, l’Elysée a confirmé l’information, précisant que l’ancien ministre allait "se consacrer entièrement à son mouvement politique", et annoncé par la même occasion la nomination de M. Michel SAPIN, ministre de l’Economie et des Finances (cf. infra "Les femmes, les hommes et les pouvoirs").

Quelques instants plus tard, M. MACRON a expliqué lors d’une conférence de presse à Bercy les raisons de son choix. Un choix qui n'est pas "dirigé contre les années que j’ai passées à l’Elysée ou au Ministère de l’Economie" a-t-il assuré, glissant au passage sa conviction que "les Français rendront justice (à M. HOLLANDE, NDLR) d’avoir fait face à des difficultés exceptionnelles", mais destiné à "être libre de dire, de proposer, d’agir" et "responsable d’une nouvelle offre qui doit construire un nouvel espoir". "C’est un choix engageant (…) car je suis déterminé à tout faire pour que nos valeurs, nos idées, notre action puissent transformer la France dès l’année prochaine", a enchaîné M. MACRON, de moins en moins ambigu. S’il n’est pas encore candidat à la présidentielle, il a toutefois préparé cette "nouvelle étape de (son) combat". Ainsi après avoir déploré "les limites de notre système politique", lequel "pousse à des compromis de dernière minute, car le travail d'explication est rarement mené", et "fait la part belle aux peurs des uns et des autres, à défaut d’avoir construit un consensus idéologique et de fond", et dépeint un "triple défi" (le "risque de déclassement individuel, la menace de déclin collectif" et "le terrorisme") dont la réponse "est évidemment sécuritaire, (…) morale et civilisationnelle", M. MACRON a dit vouloir "construire un projet qui serve uniquement l’intérêt général", rassemble au-delà des "sensibilités politiques" et transforme "en profondeur notre système politique, économique, social". Une "démarche (qui) n’est pas compatible avec l’appartenance à un gouvernement qui restreint l’action au strict champ de compétence ministérielle, ni avec l’indispensable solidarité qui s’impose à un ministre", a-t-il observé. Dans ce cadre, il présentera dès la fin du mois de septembre, "le diagnostic de la France" puis proposera en octobre "des actions en profondeur" et portera enfin un "projet ancré dans le réel, exigeant, redonnant à la France sa place, loin des jeux tactiques et d’appareils".

En attendant, M. MACRON devrait publier un livre-manifeste, sans doute le "texte de philosophie générale" qu’il évoquait cet été, faire l’objet d’un autre ouvrage (« Emmanuel MACRON, en marche vers l'Elysée », de M. Nicolas PRISSETTE, journaliste au JDD, Plon), et participer les 23 et 24 septembre au colloque des réformistes européens et mondiaux, organisé par le sénateur (PS) du Rhône, maire de Lyon et co-fondateur du Pôle des Réformateurs Gérard COLLOMB, l'un de ses premiers soutiens.

Quelle perspective pour 2017 ?

Cette annonce constitue un nouveau coup dur pour le président de la République qui enregistre un nouveau départ d’un ministre - le huitième pour désaccord politique depuis 2012 après Mmes Delphine BATHO, Cécile DUFLOT, MM. Pascal CANFIN, Arnaud MONTEBOURG, Benoît HAMON et Mmes Aurélie FILIPPETTI et Christiane TAUBIRA. Pour M. François HOLLANDE, c'est encore un rétrécissement de sa majorité et la perte d'une personnalité populaire, qui symbolisait le renouvellement politique et sur lequel il comptait s'appuyer pour une nouvelle candidature. En revanche, cela clarifie les choses et met fin à une tension qui était parfois difficile à gérer avec le Premier ministre. Mais la démission de M. MACRON renforce encore l'incertitude à gauche dans la perspective de l'élection présidentielle. Le président sortant est déjà défié par trois de ses anciens ministres (les socialistes Benoît HAMON et Arnaud MONTEBOURG, l'écologiste Cécile DUFLOT) et la mise en orbite de M. MACRON ne peut qu'affaiblir encore sa position, alors que le Premier ministre Manuel VALLS a de nouveau peaufiné lundi soir sa stature de recours au cas où M. HOLLANDE serait amené à renoncer (cf. infra).

Selon le député (SER) du Finistère Richard FERRAND, membre du premier cercle de M. MACRON, cette candidature n'interviendra que si «sa démarche convainc, séduit, se traduit dans les sondages, si des intellectuels, des syndicalistes, des élus y adhèrent». Si tel était le cas, il s’interroge : « est-ce que HOLLANDE pourra être candidat contre MACRON, si MACRON est candidat ?». «Imaginons qu'au cours des mois qui viennent, on voit qu'Emmanuel MACRON rencontre l'opinion publique, alors c'est le PS à ce moment-là qui va changer de posture», a abondé M. COLLOMB. Imaginant même que la Belle alliance populaire abandonne la primaire de janvier, à laquelle M. MACRON n’a pas l’intention de participer, il a rappelé avoir été témoin de la « souplesse tactique assez considérable» du Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe CAMBADELIS. La possibilité d’une candidature de M. MACRON en 2017 en réjouit d’autres, à gauche comme à droite. Le député (SER) de l’Isère Erwan BINET l’a ainsi remercié « pour nous inviter à dépasser les clivages, à se rassembler plutôt que s'affronter », tandis que l’ancien ministre et président de FTI Consulting France, Renaud DUTREIL, lui a apporté son soutien.

Né en décembre 1977, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, titulaire d'un diplôme d'études approfondies (DEA) de philosophie politique, M. Emmanuel MACRON fut assistant du philosophe Paul RICOEUR (1999-2000). Nommé inspecteur adjoint des finances en 2004 à sa sortie de l'ENA (promotion "Léopold Sédar Senghor"), il fut promu inspecteur des finances en 2005. Chargé de mission auprès du chef du service de l'Inspection générale des finances (2005-2008), il fut parallèlement secrétaire de l'Association des membres et anciens membres de l'Inspection générale des finances (2007-2008). Il fut par ailleurs rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par M. Jacques ATTALI (2007-2010), puis membre de cette commission (mars-octobre 2010). Directeur (2008-2009), puis gérant au sein de Rothschild et Cie Banque (2009-2010), il fut associé-gérant de Rothschild et Cie Banque, de décembre 2010 à mai 2012. M. Emmanuel MACRON fut ensuite secrétaire général adjoint de la présidence de la République de mai 2012 à août 2014, date à laquelle il fut nommé ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement de M. Manuel VALLS.

Un bilan dominé par la loi sur la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques

Lors de son allocution, M. MACRON est revenu sur ses deux années passées à Bercy, remerciant les agents du ministère et les membres de son cabinet dont l’ « abnégation » a permis de « faire bouger les lignes ». « J’ai consacré toute mon énergie à mener les combats que l’on m’a autorisé à livrer », a-t-il déclaré, avant d’énumérer ses actions « au niveau international, pour changer l’image de notre pays auprès des investisseurs et des innovateurs » ; « sur le plan européen, pour donner à nouveau des perspectives à une Union qui doit recommencer à avancer si nous ne voulons pas qu’elle se délite définitivement » ; « sur le plan national, en libérant de nombreux secteurs (…), en soutenant les entrepreneurs, et particulièrement les PME, les artisans et les petits commerçants. En menant des restructurations industrielles de grande ampleur avec un volontarisme lucide ». « Finalement, en redonnant à l’Etat la place qui doit être la sienne dans l’économie : concepteur du cadre et arbitre du respect des règles pour que les petits aient une chance face aux gros ; aiguillon de l’investissement pour déployer une politique industrielle adaptée au XXIe siècle, favorisant l’innovation ; actionnaire intraitable et sans complaisance avec les dirigeants d’entreprise ; promoteur de la concurrence lorsqu’elle permet de lutter contre la rente ; béquille pour ceux qui ont connu l’échec et accélérateur de la réussite entrepreneuriale », a-t-il résumé, tout en concédant n’avoir « pas tout réussi ». Il a cité la faillite de certaines entreprises et le partage de « la nécessité (qu’il éprouvait) de poursuivre et même d’amplifier notre travail de transformation en profondeur de notre économie ».

Le bilan de M. MACRON tient au fond essentiellement dans la loi du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économique, texte unique mais vaste, très vaste. Inspiré des travaux de la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par M. Jacques ATTALI et dont il fut rapporteur général adjoint (2007-2010), ce texte a été annoncé très peu de temps après l’arrivée à Bercy de M. MACRON -- dès le mois d’octobre 2014 -- déclenchant immédiatement de fortes réticences, avant même sa présentation en conseil des ministres (cf. CE du 10/12/2014). Le texte a notamment accentué les divisions au sein du Parti socialiste, renforçant le mouvement des « frondeurs » né quelques mois plus tôt à l’Assemblée nationale lors de l’examen du Programme de stabilité (cf. CE du 30/04/2014). Au terme de huit mois de débats parlementaires tournant au bras de fer politique, le texte a été adopté après que le gouvernement a eu recours à trois reprises à l'article 49-3 de la Constitution : en première lecture (la motion de censure a alors recueilli 234 voix, soit 55 voix de moins que nécessaire pour être adoptée), en nouvelle lecture (198 députés ont soutenu la motion de censure) et en lecture définitive (en l'absence de dépôt d'une troisième motion de censure).

Les effets de la "loi Macron", qui vient de souffler sa première bougie, font débat (cf. CE du 05/08/2016). L'ancien ministre n'a eu de cesse de vanter la mise en œuvre rapide de ce texte titanesque, dont 60 % était d'application directe, et dont les décrets pour les 40 % restants ont aujourd'hui quasiment tous été pris. Mais ses effets concrets sur l'économie française semblent encore bien faibles et encore difficiles à évaluer. L'OCDE les avait chiffré à 0,3 point de PIB supplémentaire sur cinq ans. La libéralisation du transport par autocars a permis de créer 1500 emplois et généré 21,5 millions d'euros de chiffres d'affaires pour les opérateurs, selon l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer). Des résultats certes tangibles, mais par nature à la portée sectorielle limitée. L'extension du travail dominical voit quant à elle son application entravée par la nécessité d'accords syndicaux. La réforme des professions juridiques réglementées, dont celle des notaires, très houleuse dans sa mise en œuvre, devrait quant à elle entraîner, selon l'Autorité de la concurrence, l'installation de 1 650 notaires libéraux d'ici 2018. La réforme du permis de conduire, qui figure également dans ce projet de loi très éclectique, doit quant à elle se traduire par l'ouverture de 2 000 centres d'examen et une baisse de coût pour les usagers. Pour de nombreux observateurs, cette loi vaut finalement avant tout pour le signal envoyé aux investisseurs sur la volonté de réformer la France.

M. MACRON aurait souhaité ajouter un second volet à son œuvre législative, avec le projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques (Noé), rapidement qualifié de "Macron 2". Ce dernier n'aura finalement pas vu le jour, une partie des mesures étant intégrée au projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dit « Sapin 2 » (cf. CE des 10/11/2015 et 21/01/2016).

En outre, l’ancien ministre a co-signé avec la secrétaire d’Etat chargée du Numérique Axelle LEMAIRE le projet de loi pour une République numérique, c’est surtout celle-ci qui a défendu le texte à l’Assemblée nationale comme au Sénat, qui doit d’ailleurs se prononcer le 27 septembre sur la version établie en commission mixte paritaire. De même, la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, initialement intitulée projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs, a été présentée en Conseil des ministres par M. MACRON et la ministre du Travail Myriam EL KHOMRI dont le nom reste désormais attaché au texte pour le vote duquel le gouvernent a également eu recours au 49-3.

Bulletin Quotidien L'Association pour le renouvellement de la vie politique, créée par M. Emmanuel MACRON, veut "apporter un nouveau cadre de pensée et d'actions dans la vie politique française"

Bulletin Quotidien - Date de parution : 14/04/2016

M. Emmanuel MACRON, ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, a lancé la semaine dernière son mouvement, "En Marche !" (cf. BQ des 07/04/2016, 08/04/2016 et 11/04/2016).

Le nom officiel déposé de sa formation est "Association pour le renouvellement de la vie politique", dont le but est "d'apporter un nouveau cadre de pensée et d'action dans la vie politique française", et "vise à construire une force de convictions et de propositions" grâce à la participation et la mobilisation des acteurs de la société".

Cette association est présidée par Mme Véronique BOLHUIS, partner relation manager chez WW Education Market Developement, compagne de M. Laurent BIGORGNE, directeur général de l'Institut Montaigne, les statuts étant en outre signés par M. Cédric O, chargé de mission au sein du groupe Safran, ancien collaborateur de M. Pierre MOSCOVICI, qui est administrateur.

En outre, une Association de financement du parti "Association pour le renouvellement de la vie politique" a été créée. Elle a "pour objet exclusif de recueillir les fonds destinés au seul financement du parti Association pour le renouvellement de la vie politique".

Le président de l'association de financement est M. Christian DARGNAT, fondateur et signataire de dargnatnomics.com, ancien directeur général de BNP Paribas Asset Management, le secrétaire étant M. Stanislas GUERINI, directeur de l'expertise client du groupe Elis.

La communication sera assurée par l'agence Jésus et Gabriel, de MM. Gabriel GAULTIER, président et directeur de la création, et Adrien TAQUET, directeur général, ainsi que par l'agence en e-réputation et relations publiques Little Wing, fondée et présidée par Mme Julie de LA SABLIERE, ancienne directrice générale de Harrison & Wolf, ancienne consultante chez Burston Marsteller.

L'organigramme définitif des deux associations sera finalisé prochainement.

Le Monde "Emmanuel MACRON, monsieur superlatif"

Le Monde - Date de parution : 28/10/2012

ARTICLE A SIGNALER: "Emmanuel Macron, monsieur superlatif"

Portrait par Claire Guélaud

Challenges Emmanuel MACRON, "Le jeune loup de l'Elysée"

Challenges - Date de parution : 30/08/2012

ARTICLE A SIGNALER : N°310 "France 2012 : les 100 qui comptent"

Portrait par David Bensoussan


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