Mercredi 26 juin 2019 à 05:39, 103153 biographies, 950 mises à jour depuis une semaine
Bulletin Quotidien - Société Générale de Presse La correspondance économique - Société Générale de Presse Les biographies.com - moteur de recherche de biographies - Société Générale de Presse La correspondance de la publicité - Société Générale de Presse La correspondance de la presse - Société Générale de Presse
Les biographies.com - moteur de recherche de biographies - Société Générale de Presse
Documentation biographique des quotidiens de la Société Générale de Presse
 
Les biographies.com - moteur de recherche de biographies - Société Générale de Presse
Les biographies.com - moteur de recherche de biographies - Société Générale de Presse
   Ajouter favorisImprimerFermer

M. Frédéric THIRIEZ

M. Frédéric THIRIEZ (Articles de presse associés à la biographie)

Tout voir

Bulletin Quotidien La lettre de mission de M. Frédéric THIRIEZ portant sur la réforme du recrutement des hauts fonctionnaires rendue publique.

Bulletin Quotidien - Date de parution : 29/05/2019

Un mois après la conférence de presse au cours de laquelle le président de la République Emmanuel MACRON a annoncé confier à M. Frédéric THIRIEZ, avocat aux conseils, la mission de "soumettre au gouvernement des propositions très claires pour refonder le recrutement de nos hauts fonctionnaires, pour l'entrée en carrière comme tout au long de la vie, les modes de formation pour nos hauts fonctionnaires et la gestion des carrières" afin de porter une "réforme ambitieuse", la lettre de mission signée par le Premier ministre Edouard PHILIPPE a été rendue publique.

"Le président de la république a voulu une réforme profonde des règles d'organisation et de fonctionnement de la fonction publique, que le gouvernement a engagée. La haute fonction publique ne peut rester à l'écart de ce chantier de modernisation.

L'Etat doit beaucoup à sa haute fonction publique et à l'élitisme républicain. Le modèle, élaboré après-guerre, lui a permis de bénéficier d'un recrutement attirant les meilleurs profils au sein de la sphère publique, grâce à un processus de sélection méritocratique et à la constitution de filières d'excellence.

Les évolutions de l'Etat et les écarts croissants avec le secteur privé remettent toutefois en cause ce modèle et son attractivité. En parallèle, des critiques se sont élevées pour dénoncer l'éloignement de la haute fonction publique des enjeux quotidiens des Français et de la réalité de certains territoires, ainsi qu'une insuffisante diversité des talents et des parcours professionnels, notamment du fait d'une trop forte valorisation de la réussite aux concours en début de carrière. Enfin, la gestion des cadres de l'Etat, qui continue à attirer d'excellents profils, ne permet pas toujours de leur offrir des parcours de carrières cohérents et motivants.

La réforme de la haute fonction publique devra permettre de répondre à l'ensemble de ces enjeux et relever trois défis majeurs :

Une sélection exigeante, fondée sur le mérite, qui attire les meilleurs talents, mais aussi les plus divers, au-delà de la seule excellence académique ;

Une formation qui doit continuer à privilégier l'acquisition de compétences professionnelles plutôt que théoriques et permettre une ouverture européenne et internationale, tout autant qu'une pratique concrète au plus près du terrain. La formation initiale des futurs hauts fonctionnaires devra également leur permettre d'approfondir leur connaissance des enjeux sociaux-économiques du pays ;

Un déroulement de carrière qui valorise davantage les mérites tout au long de la carrière, plutôt que la réussite initiale aux concours, qui soit construit sur une gestion des ressources humaines professionnalisée, avec des obligations d'évaluation et de formation continue renforcées et qui offre des possibilités de parcours diversifiés, y compris en favorisant les échanges public-privé ou les mobilités entre les fonctions publiques et au sein des instances européennes.

Partant de cette triple exigence, je vous demande de proposer le champ pertinent d'application de cette réforme, en le définissant soit par les écoles de formation, soit par les fonctions exercées, et de formuler des propositions à la fois précises et ambitieuses visant à :

1/ Revoir les modalités de recrutement des hauts fonctionnaires, en mettant en place une sélection exigeante, ouverte à la diversité des talents : tout en conservant un accès par la voie méritocratique du concours, il s'agit de mettre fin aux biais de sélection qui entravent l'accès à la haute fonction publique à des talents issus d'horizons divers. Vous pourrez proposer toute mesure visant à créer une fonction publique plus diverse. Vos propositions devront rebâtir un système de recrutement initial et tout au long de la carrière.

2/ Revoir la formation de la haute fonction publique : elle devra conserver une forte dimension opérationnelle, en privilégiant les expériences de terrain, mais devra également développer l'aptitude au travail en équipe et permettre de mieux appréhender les grands enjeux du pays. Vous expertiserez l'opportunité de la création d'un nouvel établissement destiné à assurer un tronc commun de formation initiale pour les hauts fonctionnaires des trois fonctions publiques, sans exclure les corps techniques, avant qu'ils ne rejoignent leur filière de spécialisation. Vous me ferez des propositions sur les différentes catégories de fonctionnaires qui pourraient être appelées à suivre ce tronc commun. Vous formulerez également des propositions sur l'organisation et la localisation de ces différentes filières de spécialisation à partir des écoles existantes. Vous proposerez également des mesures destinées à renforcer la formation continue des hauts fonctionnaires. Le dispositif que vous recommanderez devra faire la preuve de sa capacité d'ouverture au monde académique et à la recherche, en France comme à l'international, vos préconisations devront aussi porter sur les liens qu'un tel établissement devra nouer avec l'université et sur le profil de son personnel enseignant.

3/ Dynamiser les parcours de carrière : vous proposerez un nouveau système de gestion des carrières qui donnera moins de place à la sortie d'école, comme c'est aujourd'hui le cas avec le système des grands corps, et permettra de mieux évaluer et sélectionner, à échéances régulières, les hauts fonctionnaires destinés à constituer le vivier des cadres dirigeants de l'Etat. A cette fin, vous pourrez vous inspirer des modalités de fonctionnement de nos armées. Ce dispositif de sélection, qui devra comprendre des périodes de formation continue, devra valoriser les expériences de terrain et de proximité et veiller à la diversité et à la parité des profils sélectionnés, et ne pas créer de frein à l'attractivité des carrières. Il devra préserver la simplicité et la souplesse des processus de recrutement sur les emplois supérieurs de l'Etat. Vous étudierez les modalités d'association à ces processus de sélection des cadres issus de la sphère privée. Ce nouveau dispositif devra conduire à la création de parcours d'excellence, intervenant plus tard dans la carrière.

Vous devrez évidemment prendre en compte les spécificités des magistrats judiciaires, dont l'indépendance et le statut sont régis par la Constitution et la loi organique. De même, une attention spécifique au Conseil d'Etat et à la Cour des comptes, dont les missions sont garanties par la Constitution, ainsi qu'aux juridictions administratives et financières.

Vous serez appuyé pour cette mission par des personnalités qualifiées qui assurent la diversité des points de vue, ainsi que par plusieurs collaborateurs. Les services du Premier ministre vous offriront le support logistique nécessaire à l'accomplissement de vos travaux.

Je vous demande de me remettre vos propositions précises et applicables d'ici la fin du mois de novembre et vous remercie d'avoir bien voulu accepter cette mission importante."

Bulletin Quotidien M. Frédéric THIRIEZ esquisse les pistes de la réforme du recrutement, de la formation et de la gestion de carrière dans la haute fonction publique

Bulletin Quotidien - Date de parution : 23/05/2019

A l'aube de six mois de travail au cours desquels il doit entendre quelque 200 personnes avant de formuler des "propositions à la fois précises et ambitieuses" concernant le recrutement, la formation et la carrière dans la haute fonction publique, M. Frédéric THIRIEZ, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation qui fut notamment maître des requêtes, fait part de ses pistes de travail.

Il analyse d'abord les défauts qui accablent aujourd'hui la haute fonction publique, pour dessiner en creux ce qu'elle doit devenir pour s'adapter au XXIe siècle. Ces défauts sont au nombre de trois : trop cloisonnée, insuffisamment diversifiée, elle pâtit en outre du fait que "l'Etat n'est pas un très bon DRH. Le suivi de la carrière n'est pas assez individualisé, la formation continue est insuffisante et nos hauts fonctionnaires ne sont pas assez mobiles : trop de présence à Paris, pas assez de terrain ou d'échanges avec le privé", dépeint-il dans "Le Monde".

La suppression de l'ENA, évoquée par le président de la République Emmanuel MACRON mais non mentionnée dans la lettre de mission signée la semaine dernière, "est bien confirmée". Pour autant, "il faudra bien des concours et une formation pour les hauts fonctionnaires", souligne M. THIRIEZ, tout en reconnaissant que "la réforme prendra du temps". Concrètement, "si on met en place de nouveaux cursus, de nouveaux concours, cela nous conduit à 2021", prévient-il, encourageant les étudiants à préparer les concours d'entrée à l'ENA cette année et l'an prochain.

En premier lieu, "il faut maintenir le principe du concours", assure-t-il, mais en "ouvrant le recrutement". Et d'esquisser plusieurs hypothèses : l'une inspirée des conventions ZEP mises en place par Sciences Po a sa préférence, mais il cite également "d'autres pays (qui) mettent en avant l'expérience, des épreuves plus pratiques ou plus scientifiques", "un concours spécial, ouvert à certains profils de candidats avec des épreuves un peu différentes de celles du 'concours étudiant'".

Ensuite, concernant la formation, M. THIRIEZ martèle son objectif de "décloisonner". "Pourquoi ne pas imaginer une nouvelle école où l'on enseignerait pendant un an un tronc commun à tous les futurs hauts fonctionnaires, d'Etat, territoriaux, hospitaliers, magistrats, commissaires de police compris ? Cela concernerait également les quatre 'corps techniques' : Mines, Ponts, armement, INSEE", garante d'une "culture commune du service public" grâce à des "stages croisés" ("les futurs commissaires de police iront dans les palais de justice, les futurs administrateurs civils dans les hôpitaux"). Le tout devra néanmoins se faire sans "allonger la durée globale de la scolarité, école d'application incluse".

Enfin, M. THIRIEZ explique que "l'idée est de supprimer le système et la mentalité 'grands corps', en coupant l'accès direct à ceux-ci à la sortie de l'école qui formera les hauts fonctionnaires". Il dessine ici plusieurs alternatives. La première - "c'est aujourd'hui l'option que je privilégie"" - consiste à "supprimer l'accès direct à certains corps, à la sortie de l'ENA", mais elle ne peut être la seule. Elle devra s'accompagner de solutions pour "le Conseil d'Etat et la Cour des comptes, qui ont besoin de recruter des jeunes". M. THIRIEZ évoque donc "un 'mini concours" avec un jury indépendant pour les hauts fonctionnaires sortis de l'école depuis quatre ans. On peut aussi réduire le nombre de postes en accès direct et ouvrir les autres à des fonctionnaires plus expérimentés". De même, pour les corps d'inspection, il serait nécessaire d'avoir "travaillé plusieurs années dans l'administration dite 'active', c'est-à-dire celle qui administre", avant d'accéder à "celle qui juge ou contrôle. C'est même le bon sens". La suppression du classement de sortie n'est pas non plus exclue, puisque "ce n'est plus le diplômé qui choisit son corps, c'est l'employeur qui recrute celui qui lui paraît le plus adapté à ses besoins". THIRIEZ rappelle encore le modèle de l'Ecole de guerre qui permettrait à "tous les hauts fonctionnaires, pas seulement ceux des dits 'grands corps' (...) après une dizaine d'années sur le terrain (de) passer par une procédure de sélection suivie d'une formation pour accéder à des postes plus élevés - directeur d'administration centrale, président de tribunal administratif, conseiller d'Etat, conseiller maître de la Cour des comptes ou encore inspecteur général des finances".


--- LesBiographies.com ---

Ce site nécessite l'activation du Javascript.
Chargement...
(?)


(?)

(?)

(?)

Le site « www.LesBiographies.com » est une publication de la Société Générale de Presse : 13 av de l'Opéra - 75039 Paris Cedex 01 - France.

Direction de la publication : Laurent Bérard-Quélin

Le site web est hébergé par OVH-France : 2 rue Kellermann - 59100 Roubaix - France.