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Mme Martine AUBRY

Mme Martine AUBRY (Articles de presse associés à la biographie)

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Bulletin Quotidien Martine AUBRY signe une tribune dans "Le Monde" dressant un violent réquisitoire contre la politique du gouvernement

Bulletin Quotidien - Date de parution : 25/02/2016

"Trop, c'est trop !" : la maire (PS) de Lille Martine AUBRY a signé hier, avec d'autres personnalités de gauche et écologistes comme l'ancien député européen Daniel COHN-BENDIT et les députés socialistes "frondeurs" Christian PAUL, Benoît HAMON, Jean-Marc GERMAIN, une tribune dans "Le Monde" dressant un violent réquisitoire contre la politique menée par le couple exécutif et appelant à "sortir de l'impasse".

"Ce n'est plus simplement l'échec du quinquennat qui se profile, mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare, et bien évidemment de la gauche, s'il n'est pas mis un coup d'arrêt à la chute dans laquelle nous sommes entraînés", écrivent les 18 signataires de cette tribune, parmi lesquels les économistes Daniel COHEN et Claude ALPHANDERY, le généticien Axel KAHN, le sociologue Michel WIEVORKA, mais aussi le député (PS) du Cher Yann GALUT, la députée (PS) du Calvados Laurence DUMONT, première vice-présidente de l'Assemblée nationale, la députée (PS) de Meurthe-et-Moselle Chaynesse KHIROUNI, le député (PS) de l'Essonne François LAMY, les députés européens Yannick JADOT (EELV) et Gilles PARGNEAUX (PS), ou encore M. Bruno JULLIARD, premier adjoint (PS) au maire de Paris et Mme Laura SLIMANI, présidente des Jeunes socialistes européens.

A quatorze mois de l'élection présidentielle, les auteurs multiplient les griefs à l'encontre du président de la République et du Premier ministre, étrillant la politique menée depuis 2012. Le pacte de responsabilité annoncé par M. HOLLANDE en janvier 2014 ? "41 milliards d'euros mobilisés pour rien, ou si peu", résument-ils, qualifiant ce pacte de "marché de dupes" passé avec le Medef, qui n'aura abouti qu'à la création que de "quelques dizaines de milliers" d'emplois tout au plus, au lieu du million promis. Puis est venu, à l'hiver 2015, le "désolant débat sur la déchéance de nationalité", qui aboutit à "une fêlure profonde pour la gauche" et à laquelle les signataires demandent au gouvernement de renoncer au profit d'une "peine de déchéance de citoyenneté ou d'indignité nationale inscrite dans la loi, frappant tous les terroristes quelle que soit leur origine".

Mais la principale critique concerne le projet de loi réformant le Code du travail porté par Mme Myriam EL KHOMRI. Ce texte, qui sera examiné en Conseil des ministres le 9 mars, a d'ores et déjà mis le feu aux poudres à gauche et parmi les syndicats, qui se sont accordés mardi soir pour réclamer "le retrait de la barémisation des indemnités prud'homales dues en cas de licenciement abusif" ainsi que celui "des mesures qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs" (cf. BQ du 24/02/2016). "C'est toute la construction des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en renversant la hiérarchie des normes et en privilégiant l'accord dans l'entreprise dans un pays où le taux de syndicalisation est faible et où le patronat n'a jamais aimé la négociation", dénoncent les signataires de la tribune, selon lesquels "les salariés vont subir un chantage permanent et les entreprises seront soumises à des distorsions de concurrence". "Et à qui fera-t-on croire qu'en multipliant les facilités de licenciements, (...) on favorisera ainsi l'emploi ?", poursuivent-ils. "Qui peut imaginer que, en généralisant les possibilités de ne plus payer les heures supplémentaires en heures supplémentaires (...), on améliorera la situation de l'emploi en France ? Qui peut faire croire qu'augmenter le temps de travail va diminuer le chômage ?", ajoutent-ils, avant de conclure : "Pas ça, pas nous, pas la gauche !".

"L'indécent discours de Munich" de M. VALLS

Autre sujet de discorde : "la meurtrissure de l'indécent discours de Munich", au cours duquel le Premier ministre Manuel VALLS avait indiqué ne pas être favorable à la mise en euvre d'un mécanisme permanent de répartition des réfugiés dans l'Union européenne comme le propose la chancelière allemande Angela MERKEL, dont il avait plus généralement, et depuis l'Allemagne, critiqué la politique migratoire. "Non, Angela MERKEL n'est pas naïve, Monsieur le Premier ministre. Non elle n'a pas commis une erreur historique. Non, elle n'a pas mis en danger l'Europe, elle l'a sauvée. Elle l'a sauvée du déshonneur qui aurait consisté à fermer totalement nos portes" aux réfugiés, estiment les signataires pour qui "la mission de la France n'est pas de dresser des murs, mais de construire des ponts".

Les signataires dénoncent enfin une "méthode" d'exercice du pouvoir qui selon eux "n'est plus supportable". "On brandit à nouveau la menace de l'article 49-3" pour faire adopter la loi EL KHOMRI, s'insurgent-ils, criant à "l'atteinte à la démocratie" et appelant le gouvernement à "redonner tout son pouvoir au Parlement". Plus généralement, ils portent le fer contre la ligne portée par M. VALLS, soulignant que "prendre le monde tel qu'il est n'est pas renoncer à le transformer pour le rapprocher sans cesse de ce qu'il devrait être" et "encore moins l'éloigner de toute idée de justice". "Il ne suffit pas de se revendiquer du réformisme social pour en mériter le titre. Il n'y a ni vraie réforme ni social dans nombre de politiques menées depuis deux ans", lancent les signataires, qui rappellent au passage au président son fameux discours du Bourget, "mis à mal une fois de plus, et qui pourtant fonde la légitimité au nom de laquelle le pouvoir est exercé depuis 2012". "Les valeurs, l'ambition sociale, les droits universels de l'homme, l'équilibre des pouvoirs, que restera-t-il des idéaux du socialisme lorsque l'on aura, jour après jour, sapé ses principes et ses fondements ?", s'interrogent les signataires.

"La gauche progressiste, la gauche moderne, c'est nous ! Qu'on ne me dise pas que la déchéance de nationalité, qu'on ne me dise pas que la loi El Khomri, qu'on ne me dise pas qu'aller tacler Mme MERKEL, c'est de gauche, ce n'est pas vrai", a lancé dans la soirée Mme AUBRY en marge d'un déplacement.

Vers la "fracture définitive de la gauche" ?

Sans surprise, la droite s'est aussitôt gaussée de ce nouvel épisode de la guerre des gauches. "Aubry exécute la politique de Hollande et Valls qui abîme la France... qui va encore 14 mois supporter le spectacle de cette gauche explosée ?", a lancé le sénateur (LR) des Hauts-de-Seine Roger KAROUTCHI sur Twitter, tandis que le député (LR) de l'Yonne Guillaume LARRIVEE dénonçait un front d'opposition à la loi El Khomri "qui va de la CGT jusqu'à Florian PHILIPPOT". "Il y a des mois qu'on voit venir la révélation de la fracture définitive de la gauche, d'un accident historique qui va frapper la gauche parce qu'elle n'a pas tenu ses promesses", a estimé pour sa part le président du MoDem François BAYROU, pour qui cette tribune "est le coup de bistouri qui tranche, qui approfondit cette rupture". "Je crois que les conditions politiques sont aujourd'hui désastreuses, qu'on va assister à une bataille auprès de laquelle la déchéance de nationalité aura été une plaisanterie de nouvelle année", a-t-il ajouté, ne se souvenant pas "d'avoir vu un gouvernement aussi fracturé en son sein". "J'ai l'impression d'assister à une guerre civile à l'intérieur du gouvernement et de la majorité", a lancé M. BAYROU pour qui "on est devant la réalité de l'explosion de la gauche".

A gauche, le ministre des Finances Michel SAPIN a appelé Mme AUBRY et ses proches à "éviter les postures", dénonçant dans cette tribune un "amalgame" fait entre plusieurs sujets, de la réforme du droit du Travail à l'accueil des réfugiés, sans "argumentation politique". "Quand on est dans un camp, c'est la moindre des choses de combattre le camp d'en face et pas le sien", a-t-il ajouté.

"En n'acceptant pas ses responsabilités, il y a une certaine gauche qui est à la fois dans le déni et dans la démission", a dénoncé pour sa part le Secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Jean-Marie LE GUEN. "S'il y a des gens qui ont décidé de faire perdre la gauche, des gens de gauche, j'entends, il y a un moment où il n'y a pas de moyens de les empêcher", a-t-il regretté, constatant "une tendance effectivement aujourd'hui parfois suicidaire dans une certaine gauche, parce qu'elle ne veut pas assumer la responsabilité du pouvoir dans des moments difficiles". "Je pense que c'est une faute politique de s'en prendre à ce point, avec autant d'outrance, au gouvernement, à la majorité à laquelle nous appartenons tous (...) Je ne comprends pas qu'on profite de ces moments difficiles pour jouer finalement contre son camp", a-t-il affirmé plus tard sur BFMTV. "Je ne vois aucune proposition, je ne vois aucune stratégie, je vois une posture moralisante", a-t-il ajouté, dénonçant "un refoulé des primaires" de 2011 de la part de personnes qui soutenaient Mme AUBRY et qui aujourd'hui "redisent un peu les mêmes choses et regrettent que ce soit François HOLLANDE qui ait été désigné".

"On est toujours dans une démarche positive pour que la gauche réussisse", assure pourtant M. LAMY, qui se défend de jouer contre son camp. "On dit simplement au gouvernement et au président de la République "retravaillons ensemble pour éviter que la gauche n'explose", assure-t-il. "Il ne s'agit pas d'acter un désaccord" mais d'"infléchir" la politique du gouvernement et de "sortir des quatre difficultés" énoncées par la tribune, ajoute M. GERMAIN. Reste que les signataires de la tribune, s'ils appellent à "de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique", "porteuses d'émancipation pour chacun et de vivre-ensemble pour tous", ne proposent pour l'heure aucune alternative concrète à la politique menée par l'exécutif et que Mme AUBRY, fidèle à elle-même, ne se pose pas clairement en recours gauche dans la perspective de 2017. "Je ne suis pas dans la posture d'une candidature aux primaires. Ce n'est pas le sujet", a-t-elle déclaré à "La Voix du Nord". Elle a par ailleurs estimé que M. HOLLANDE n'avait "pas besoin" de participer à une primaire de la gauche s'il souhaitait se représenter en 2017. "C'est presque institutionnel", a-t-elle déclaré en marge d'un déplacement. "Et si le président de la République n'est pas candidat, a-t-elle enchaîné, qu'il y ait une primaire, c'est dans les statuts de notre parti, bien sûr, j'y suis favorable. C'est la démocratie, c'est l'ouverture vers la gauche".

"Cette tribune est un réquisitoire contre le quinquennat (...) Elle ne peut déboucher que sur une candidature à la présidentielle qui ne sera pas celle du président de la République", a pourtant estimé le député (PS) "réformateur" Christophe CARESCHE, proche de M. VALLS, pour qui "elle acte au fond les deux gauches, les profondes divergences qui existent à gauche". "Je n'exclus pas qu'il y ait deux candidats de la gauche gouvernementale" en 2017, a-t-il insisté, considérant que le "risque" d'une explosion du PS "est présent".

Bulletin Quotidien "Pour réussir", la contribution de Mme Martine AUBRY pour le prochain Congrès du PS

Bulletin Quotidien - Date de parution : 24/02/2015

Le dernier Conseil national du PS a enregistré 27 "contributions générales" dans la perspective du prochain Congrès du parti, qui doit se tenir à Poitiers début juin (cf. "BQ" du 9 février).

Nous présentons ci-dessous les principales dispositions de la contribution déposée par la maire de Lille Martine AUBRY, intitulée "Pour réussir", dans laquelle elle appelle à "bâtir la nouvelle social-démocratie du XXIe siècle". "Nous devons faire réussir la gauche au pouvoir" ; "Nous nous engageons de manière claire pour permettre à François HOLLANDE, notre président de la République, de réussir le quinquennat", préviennent d'emblée les signataires du texte, parmi lesquels les députés "frondeurs" François LAMY, Jean-Marc GERMAIN et Christian PAUL, qui égratignent toutefois le pouvoir en précisant que "le Congrès de Poitiers doit produire l'antidote à la déception et au doute".

Réussir, c'est aller au bout de la promesse républicaine d'égalité

"Nous socialistes, aimons plus que tout la liberté, mais nous croyons au plus profond de nous qu'il n'y a pas de liberté sans égalité. (...) La France connaît des fractures profondes, entre milieux sociaux, entre quartiers, entre grandes villes et espaces ruraux. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, nous en appelons à un choc d'égalité dans notre pays (...). Nous devons faire de l'égalité la matrice de nos politiques publiques.

Vouloir l'égalité réelle aujourd'hui, c'est aller au bout de la refondation de l'école. (...) Cela passe par le droit, par les symboles, par la formation initiale et continue, mais aussi par la reconnaissance salariale pour ceux qui exercent leur métier dans les conditions les plus difficiles. L'enseignant doit redevenir une figure forte dans la société française, à hauteur de l'importance de ses missions. (...) Encourageons aussi, plus puissamment, les meilleurs enseignants, les mieux préparés, les plus expérimentés, là où c'est le plus difficile, et continuons de doter l'école des moyens adéquats, en commençant par ajuster davantage la taille des classes. (...) Enfin, les futurs contrats de ville devront revoir la carte scolaire et fixer des objectifs annuels pour renforcer l'attractivité des écoles, collèges et lycées situés dans les quartiers prioritaires (...)". "Et puis, permettons la socialisation dès le plus jeune âge, en créant un service public universel de la petite enfance (...)".

"Vouloir l'égalité réelle, c'est s'attaquer vigoureusement aux fractures territoriales. Les mots, aussi forts soient-ils, ne remplaceront jamais les actes. Venir à bout de la ségrégation urbaine est le devoir de la gauche au pouvoir. Sinon, comment ne pas décevoir ? Le problème est connu. Les solutions aussi. Elles sont d'abord urbaines : il faut repenser l'aménagement de nos quartiers et de nos banlieues. (...), en finir avec cette séparation absurde imaginée dans les années 1960 entre les lieux où l'on dort, ceux où l'on travaille et les lieux de loisirs.

Le deuxième enjeu, c'est la mixité sociale et donc la politique du logement. (...) Il faut généraliser des programmes de construction de logements systématiquement mixtes, associant, dans chaque îlot, des logements locatifs sociaux, des logements locatifs privés (dits "libres") et de l'accession à la propriété. La mixité sociale exige en outre une application ferme de loi SRU (obligation de 25 % de logements sociaux) et la mobilisation des sanctions quand l'égoïsme prend le dessus sur l'intérêt général, dans certaines communes. La mixité sociale suppose également de mieux guider les politiques d'attribution de logements sociaux. (...) Les Préfets doivent être dotés de pouvoirs renforcés sur le contingent communal dans les communes qui ne construisent pas de logements sociaux et sur le dispositif DALO afin d'éviter qu'il ne conduise à ajouter des difficultés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

La ghettoïsation de la société française se constitue aussi par le haut, à travers l'envolée du prix des logements (...). Il faut pouvoir utiliser le foncier utile disponible, public mais aussi privé, pour construire là où sont les besoins. Cela passe aussi par des mesures de régulation et notamment par cette avancée votée par la gauche rassemblée dans la loi ALUR : l'encadrement des loyers, qui doit être mis en place pleinement, pour ramener progressivement ceux qui sont excessifs à des niveaux plus raisonnables. (...)

Enfin, l'égalité territoriale se joue aussi dans les espaces ruraux et leurs villes moyennes. (...) Une meilleure mobilisation des actions publiques unissant l'Etat et les collectivités locales en réponse aux besoins réels des populations aurait un impact considérable. (...) N'acceptons plus, dans nos têtes comme dans nos politiques, le maintien d'une partie de la France à la périphérie. Etre à la hauteur du 11 janvier, c'est se doter des moyens pour vaincre la ségrégation spatiale en commençant par mettre fin aux baisses des dotations aux collectivités locales, rehausser puissamment la capacité d'intervention de l'ANRU et la dotation de soutien à l'investissement local. (...) Et nous proposons un chemin qui préserve les comptes publics tout en relançant réellement la croissance notamment à travers le BTP : le gouvernement pourrait y consacrer les 6 milliards d'euros actuellement programmés au titre de la suppression de la CSSS (contribution sociale de solidarité des sociétés), en renonçant à celle-ci, compte tenu de son effet plus qu'incertain.

Vouloir l'égalité réelle, c'est réduire les inégalités de revenus. (...) C'est pourquoi nous préférons la grande réforme fiscale promise aux rafistolages successifs de notre système. Nous la pensons plus que jamais essentielle. Notre diagnostic sur l'injustice de notre système fiscal, au moment du projet de 2012, reste pertinent. Alors ne baissons pas les bras. Remettons l'ouvrage sur le métier. Réduisons la CSG sur les premières tranches de revenus pour redonner du pouvoir d'achat, et engageons sa fusion avec l'impôt sur le revenu, pour créer cet impôt citoyen, plus juste parce que plus progressif et prélevé à la source et qui ainsi réconciliera les Français avec l'impôt. Et puis, verdissons systématiquement les taxes à la consommation pour favoriser les achats écologiques. Repensons également la fiscalité locale, pour donner à chaque collectivité les moyens de lever l'impôt en lien avec ses missions, et en renforçant la péréquation. Enfin, réformer la fiscalité, c'est lutter contre l'évasion fiscale. L'enjeu est de taille : près de 80 milliards d'euros sont perdus chaque année par le fait de ceux qui, illégalement ou légalement, passent à travers les mailles de la fiscalité.

C'est aussi au nom de la nécessaire réduction des inégalités que nous devons proscrire les gels des prestations sociales, tout comme nous estimons nécessaire d'agir sur la fiscalité du patrimoine (...) Faisons de la France le promoteur d'une taxe européenne sur le capital.

Vouloir l'égalité réelle, c'est aussi lutter contre toutes les discriminations en commençant par assurer l'égalité entre les femmes et les hommes (...).

Réussir, c'est répondre à la crise par le progrès : progrès économique, progrès social, progrès écologique

"Notre devoir, c'est de penser un nouveau modèle de développement. Plus riche en emplois. Plus sobre écologiquement. Plus coopératif économiquement. Inspirons-nous du Conseil national de la Résistance, créant la Sécurité Sociale. (...) Le progrès économique, tout d'abord, qui commence par la sortie de crise. (...) Le moteur, c'est l'investissement, privé comme public. Comment parvenir à le relancer, sans aggraver les déficits ? C'est la question économique principale à court terme.

Notre réponse est claire et constante : en ciblant les aides aux entreprises sur les marchés exposés à la concurrence et en fixant, par la loi, des contreparties aux 41 milliards du CICE et du pacte de responsabilité. Les négociations demandées par le président de la République n'ont pas permis de les obtenir. Il revient maintenant au législateur d'agir. La règle doit être simple : pas un euro ne doit être versé au titre du CICE sans être affecté à un projet d'investissement. Ni dividendes, ni thésaurisation avec l'argent public. L'investissement, c'est la relance, c'est l'emploi qui redémarre. Créons pour cela une Agence nationale des investissements écologiques et numériques, cogérée par l'Etat, les entreprises et les collectivités locales. Elle se verrait affecter la moitié des 41 milliards d'euros d'ores-et-déjà mobilisés et interviendrait pour des projets structurants, porteurs d'emplois dans la durée. (...)

Pour emmener le secteur privé dans le mouvement ainsi lancé, nous proposons d'instaurer un impôt variable sur les sociétés, tenant compte de la part des bénéfices réinvestis dans l'entreprise et, inversement, taxant plus les stratégies tournées vers les dividendes. Le montant total de l'impôt sur les sociétés ne sera pas augmenté, mais son impact sera démultiplié.

(...) Il faut sortir les universités du dénuement chronique dans lequel elles sont tombées et investir dans la recherche et le développement, où nous avons un retard considérable sur le monde anglo-saxon. (...) Les filières numériques et les filières écologiques doivent faire l'objet de tous nos soins : elles porteront la croissance et l'emploi demain. (...) Mettons en place avant la fin du quinquennat un vrai capital-risque à la française, qui pourra être public-privé, via une BPI plus audacieuse et mieux dotée, pour soutenir les start-up et les PME, qui font l'essentiel de la création d'emplois aujourd'hui. (...) Il est déterminant que nous engagions la bataille pour la définanciarisation de l'économie, tel que nous l'avions annoncé. De grandes mesures, fortes politiquement, en donneront le signal. Adopter une véritable loi bancaire, séparant les activités de crédits des activités financières, comme le prévoit le programme présidentiel, et combattant la rente des frais bancaires. Défendre une taxe Tobin efficace au niveau européen. Enfin, (...) mettre fin aux paradis fiscaux. (...)

Cette nouvelle politique économique nationale doit s'articuler avec une autre politique européenne. (...) La France doit ouvrir la négociation pour que les dettes des Etats membres supérieures à 60 % de leur PIB soient mutualisées et en partie monétarisées, afin de partager un taux d'intérêt identique et de prévenir les crises futures. Elle doit prendre la tête d'une initiative pour éviter que le projet de traité de libre-échange transatlantique TAFTA, négocié dans la plus grande opacité, ne fragilise le modèle social européen. Elle doit enfin relancer les discussions sur le SMIC européen et l'harmonisation des normes fiscales et sociales. (...)

Chaque fois que la gauche a gouverné, elle a laissé sa trace dans de grandes avancées sociales : les congés payés, les lois Auroux, le RMI, les 35H, la CMU... La grande euvre sociale de ce quinquennat, ce doit être la sécurité sociale professionnelle. Des avancées en ce sens ont déjà été faites, comme avec la création du compte personnel de formation ou du compte pénibilité. Allons plus loin, et créons une véritable assurance temps-formation, qui pourrait devenir la cinquième branche de la Sécurité sociale (...). Chaque actif serait doté, à la sortie du système scolaire, d'une "carte vitale" temps-formation, permettant, tout au long de la vie professionnelle, de suivre des formations ou de reprendre des études, mais aussi de bénéficier de congés sabbatiques pour s'occuper d'un enfant, d'un parent, exercer une activité associative, politique, culturelle ou sportive, et reprendre ensuite son activité professionnelle. Le financement serait assuré par les fonds existants et par un abondement des entreprises de 1 %, pris sur les 6 % du CICE et donc sans hausse, pour elles, des prélèvements.

Enfin, vouloir le progrès écologique, c'est lancer véritablement la transition écologique. A la source, sur la question du mix énergétique, soyons volontaristes. Nous venons de voter une loi de transition énergétique qui porte une vraie ambition. Néanmoins, nous croyons nécessaire de préciser ses objectifs, par branche, tous les 3 ans, pour que cette ambition ne soit pas sans lendemain. Maintenons le cap de la sortie du tout nucléaire et du tout pétrole, et soutenons la recherche et le développement dans les énergies renouvelables, parent pauvre de la recherche énergétique en France. Enfin, tenons nos promesses sur Fessenheim. C'est un impératif de crédibilité et de cohésion de la gauche. Il est temps d'affirmer que nous voulons la sortie progressive du nucléaire, sur la longue durée. Pour que la transition écologique soit porteuse d'emplois, elle doit s'accompagner d'une structuration des filières industrielles Françaises correspondantes. Nous proposons d'engager, avec l'Agence nationale des investissements écologiques et numériques, la création de "green clusters" répartis sur le territoire, accueillant les start-up vertes de demain. (...)

Afin d'accélérer la rénovation thermique du parc de logements, au-delà de la création de sociétés de tiers-payant, assigner à l'Etat et aux collectivités le rôle de leader, à travers une obligation de rénovation de leur parc, soutiendra l'apparition de PME françaises outillées et atteignant la taille critique. De plus, soutenons plus fortement les ménages dans leurs travaux d'isolation. C'est une mesure autant sociale qu'environnementale.

La question du ferroviaire mérite un grand débat national : le train est devenu trop cher pour les Français. Se pencher sur son modèle économique est nécessaire et repose la question de l'écotaxe, sur laquelle il faut une réponse claire et européenne.

La lutte pour les territoires durables est engagée. (...) Créons une dotation incitative pour les territoires, selon leur bilan énergétique et la gestion de leurs déchets (...)".

Réussir, c'est repenser la citoyenneté

"Repenser la citoyenneté, c'est changer nos institutions et revivifier notre démocratie (...) Nous proposons qu'un grand débat citoyen sur le sujet ait lieu dans le pays avant 2017, sur la base des hypothèses d'évolution qui ont largement été exposées par le passé.

Il faut introduire une part de proportionnelle aux élections législatives, pour que les Français soient mieux représentés. (...) Cela suppose une évolution de notre culture politique vers une authentique habitude des coalitions majoritaires au sein de la gauche. Notre conviction est que nous réformerons mieux alors. Nous aurons plus de chances de gouverner dans la durée. Nous défendons aussi le renforcement des pouvoirs du Parlement, à travers des prérogatives augmentées sur l'ordre du jour des débats et la co-construction législative et des moyens accrus de contrôle de l'action publique. De même, l'évolution du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental, voire leur rapprochement, est toujours d'actualité. Les questions du pouvoir de dissolution et du 49-3 ne doivent pas non plus être éludées.

(...) Au temps de la démocratie participative, des réseaux sociaux et du numérique, il nous faut sortir de l'hyper-concentration des pouvoirs. Les concertations citoyennes doivent se multiplier bien en amont des grands projets. (...) Nous proposons la création d'une plateforme d'e-démocratie par institution, où seraient ouverts des débats sur l'opportunité et le contenu des mesures destinées à entrer en discussion au Parlement ou dans les conseils municipaux, départementaux et régionaux (...). Et si la République, ce sont des droits et des devoirs, il devrait y avoir injonction à s'exprimer au moment des choix importants pour la société. Si la force de conviction ne suffit pas, il faudra sans doute aller plus loin et rendre, sous une forme à définir, obligatoire le fait d'aller voter, tout en reconnaissant le vote blanc parmi les suffrages exprimés. (...)

Repenser la citoyenneté, c'est repenser le lien politique et social entre les Français. La République ne sera pleinement redevenue elle-même que quand nous aurons réinvesti la belle notion de fraternité. Les limites du chacun pour soi et du consumérisme apparaissent de plus en plus nettement à nos concitoyens. Il est à nouveau possible de parler de sens et de lien social. Nous proposons de construire la société "du share, du dare et du care" : oser le partage et la bienveillance envers autrui, oser la rencontre avec les autres, sans a priori. Pour cela, nous proposions, dans notre contribution aux Etats généraux, la généralisation du service civique. Les événements en ont montré tout le sens. Il faut qu'il tende à être universel, pour recréer un creuset du vivre-ensemble, et rémunéré. Consacré à des actions de solidarité, il devrait être intégré dans le parcours scolaire (...).

Provoquer le réveil citoyen réclame un train de mesures ambitieuses, dont certaines ne font pas consensus ou supposent une réforme constitutionnelle impossible, avec le retour de la droite au Sénat. Nous proposons une méthode, pour donner l'impulsion décisive qui nous emmènera vers 2017 : le recours à un référendum, en juin 2016. Il pourrait également porter sur d'autres questions et notamment sur le droit de vote des étrangers - dès lors que nous faisons le constat que la voie parlementaire n'est pas possible, faute de soutiens à droite - mais aussi le service civique, la protection des ressources naturelles ou la lutte contre l'évasion fiscale.

Repenser la citoyenneté, c'est régénérer le Parti socialiste et réassembler la gauche. Notre parti est un parti de gouvernement, mais il a toujours du mal à trouver sa place comme parti au gouvernement. (...) A cet égard, les orientations décidées par notre parti lors du congrès de Poitiers devront avoir prise sur le cours du quinquennat. Les parlementaires devront en faire une référence pour guider leur action. De même, les grands textes de loi devront donner lieu systématiquement à un débat avec vote en Conseil national, et, lorsque un tiers de ses membres le demandera, à une consultation des militants. Des questions comme l'extension du travail dominical devraient ainsi relever de ce mécanisme.

Au-delà, nous devons refaire du Parti socialiste un grand lieu d'éducation populaire (...). Après notre congrès, nous pourrions organiser, dès le mois de septembre, un "Forum citoyen du progrès" pour mettre largement en débat, avec les Français qui le souhaitent, les grandes questions de société. Nous avons organisé une primaire ouverte pour désigner notre candidat à l'élection présidentielle. Faisons de même pour les choix politiques ambitieux que nous voulons trancher.

Au sein du Parlement, la réduction de la majorité du 6 mai 2012, en quantité et en diversité, nous appauvrit et doit nous alerter. Cette dispersion de la gauche est une impasse pour tous et nous ne pouvons espérer nous sauver à long terme, en restant nous-mêmes, sans sortir d'un équilibre politique aussi fragile. Nous croyons indispensable la recherche d'un nouveau contrat de majorité, dès le lendemain des élections départementales, qui ré-élargisse notre socle politique vers nos partenaires de gauche et de l'écologie et recrée une dynamique au ceur du quinquennat. Nous sommes la force politique principale de la gauche, c'est à nous de prendre l'initiative".

Enfin, repenser la citoyenneté, nous amène, plus encore après les attentats de janvier et les réactions qui les ont suivis, à nous reposer clairement et lucidement la question de ce qui fait de chacun de nous la partie d'un tout, de ce qui lie les Français entre eux, culturellement et affectivement. (...) Nous devons affronter la question de l'identité contemporaine de la France. (...) Le pendant d'une affirmation claire de la laïcité est un travail profond sur notre roman national, pour aller vers l'identité généreuse. L'urgence est de construire un imaginaire commun, qui fasse une place à toute la France, celle d'aujourd'hui, sans démagogie, dans la pluralité des origines et le respect du passé. (...)

Conclusion : pour une nouvelle social-démocratie

Les Français attendent des solutions, mais ils sont aussi en quête de sens. Il nous faut aussi aborder cette deuxième partie du quinquennat avec les idées claires sur la société que nous voulons bâtir. Notre modèle ne peut être l'individualisme et le consumérisme avec des horizons tracés par de nouveaux Guizot qui clameraient encore "Enrichissez-vous" pour paraître modernes. (...) La modernité, ce n'est pas passer le XXIème siècle à déconstruire pierre par pierre ce que l'on a bâti au XXème siècle. Le repos dominical, c'était il y a un siècle en 1906 ! L'assurance chômage, il y a 56 ans ! Les lois Auroux et les seuils sociaux, il y a 33 ans ! Les 35h, voilà déjà 16 ans que les responsables de la droite les contestent sans jamais les remettre en cause. Sur tous ces sujets, les études sérieuses et précises montrent qu'il n'y a aucune création d'emplois à attendre du démantèlement de ces protections collectives, bien au contraire. (...) La crise de 2008, la plus grave depuis 1929, a montré que la troisième voie n'en était pas une pour la gauche. L'avenir n'est pas le social-libéralisme. Car à la fin, il reste le libéralisme sans le social. (...)

L'avenir pour la gauche et pour la France est tout autre. Il est dans une social-démocratie refondée. Une nouvelle social-démocratie bâtie sur un nouveau compromis entre l'Etat et le marché, qui reconnaît les bienfaits du marché, mais lui fixe des règles nouvelles. Le bien-être plutôt que le tout-avoir, la préservation de l'avenir plutôt que le profit immédiat, la coopération avant la compétition. (...). Et au-delà des valeurs durables du socialisme, l'égalité sans laquelle il n'y a pas de liberté, la laïcité, l'internationalisme, le féminisme, le progrès social et écologique, la nouvelle social-démocratie doit porter l'idée d'une société bienveillante (...)".

Bulletin Quotidien Martine AUBRY a déposé le texte de sa "contribution générale" pour le prochain Congrès du PS

Bulletin Quotidien - Date de parution : 06/02/2015

La maire (PS) de Lille Martine AUBRY a déposé hier le texte de sa "contribution générale" pour le prochain Congrès du PS qui aura lieu à Poitiers début juin. Intitulé "Pour réussir", ce texte, rendu public le jour de la cinquième conférence de presse du président François HOLLANDE, appelle à "bâtir une nouvelle social-démocratie du XXIe siècle", passant par un "choc d'égalité dans le pays", "plus de social", la "grande réforme fiscale promise" pendant la campagne présidentielle et l'instauration de "contreparties" au pacte de responsabilité. Reprenant des termes qui lui sont chers (créer une société du "share", du "dare" et du "care"), plaidant à nouveau pour "une nouvelle Renaissance" (cf. "BQ" du 28 août 2013), Mme AUBRY affirme en préambule : "nous nous engageons de manière claire pour permettre à François HOLLANDE, notre président de la République de réussir le quinquennat" "Le Congrès de Poitiers doit produire l'antidote à la déception et au doute", prévient-elle. Déplorant que la majorité du 6 mai 2012 se soit appauvrie, l'ancienne Première secrétaire du PS appelle à "un nouveau contrat de majorité dès le lendemain des élections départementales, qui ré-élargisse notre socle politique vers nos partenaires de gauche et de l'écologie". Voulant "la sortie progressive du nucléaire sur la longue durée", elle lance : "tenons nos promesses sur Fessenheim". Elle prône aussi "un choc d'égalité", en allant "au bout de la refondation de l'école", en s'attaquant "aux fractures territoriales", en "repensant l'aménagement de nos quartiers et de nos banlieues" et en réduisant "les inégalités de revenus". Il faut selon elle "se doter de moyens pour vaincre la ségrégation spatiale en commençant par mettre fin aux baisses des dotations aux collectivités locales". Mme AUBRY propose aussi d'instaurer "la sécurité sociale professionnelle" et prône la "généralisation du service civique", qui devrait selon elle "être intégré dans le parcours scolaire". Mme AUBRY suggère enfin de recourir à un référendum "en juin 2016" pour faire adopter une réforme constitutionnelle comprenant notamment "le droit de vote des étrangers mais aussi le service civique, la protection des ressources naturelles ou encore la lutte contre l'évasion fiscale". Introduire "une part de proportionnelle aux législatives" et "rendre obligatoire le fait d'aller voter" sous une forme à définir sont d'autres propositions.

Bulletin Quotidien Parution du livre : "Martine Aubry : les secrets d'une ambition " par Mmes Rosalie Lucas et Marion Mourgue (aux éditions de l'Archipel)

Bulletin Quotidien - Date de parution : 31/01/2011

Pour la présidentielle de 2012, l'ancienne ministre Martine AUBRY, Première secrétaire du PS, maire de Lille, sera "aux avant-postes". Seule en première ligne ? Ou avec le président du FMI Dominique STRAUSS-KAHN avec lequel elle promet qu'il n'y aura pas d'affrontements ? Face à la pléthore de candidats aux primaires socialistes et à la guerre des ego qui en découle, pourra-t-elle empêcher que "la machine à perdre" se remette en route pour apparaître comme la candidate naturelle du parti ? C'est cette ambition prêtée à la Première secrétaire du Parti socialiste qui est le fil conducteur de cet ouvrage. Mme Rosalie LUCAS, journaliste politique au "Parisien-Aujourd'hui en France", et Marion MOURGUE, journaliste politique aux "Inrockuptibles", toutes deux couvrant l'actualité du PS, ont enquêté pendant un an et rencontré de nombreux témoins à Paris et à Lille, au PS et parmi ses intimes. Elles reviennent sur le parcours et les ambitions de celle qui, d'abord réduite à n'être que la "fille de Jacques DELORS", a dû se débarrasser du poids de ce père imposant pour s'affirmer. C'est un portrait tout en contraste, nous révélant une Martine AUBRY "sujette aux colères comme aux chagrins" mais également une femme "franche et sachant faire preuve de fermeté, drôle et généreuse".


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